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Aux douze coups de minuit [Céleste]

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Dim 6 Mai - 14:22
Aux douze coups de minuit
feat Céleste

Tous ces regards rivés sur toi… Il y a quelques années, tu n'aurais pas pu les soutenir.

Lear dévisageait les enfants qui s'étaient rassemblés autour de lui ; leurs yeux brillaient des mille lumières qui éclairaient la cité et se reflétaient sur le pavé froid. Il devait être minuit, minuit et des poussières ; Aros s'était animée en un rien de temps, un souffle de vie s'était éparpillé sur ses toits.
Les voix des passants résonnaient contre les murs, leurs talons claquaient sur la pierre… certains ne faisaient que se promener, d'autres se rendaient dans de petites boutiques, dévorées par l'ombre des bâtiments.
Les rues étaient pleines, grouillantes. Si grouillantes que cet amas de personnes, arrêtées dans un coin autour du garçon ne pouvait qu'attirer l'attention. Il rompait le fil de cette déferlante d'hommes et de femmes : c'était comme si le temps, à cet endroit précis, avait été suspendu.
Un petit livre entre les mains, le jeune Albarel enchaînaient contes et fables depuis une bonne vingtaine de minutes. Son public se renouvelait de temps à autre, les parents s'impatientant et forçant leur progéniture à s'écarter de ce coin d'images et de rêves qu'il avait créé. Hysope, à ses côtés, changeait souvent d'apparence, comme emporté par la voix grave de son compagnon ; il illustrait ses propos avec beaucoup de ferveur et partageait ainsi l'attention.
Cette voix forçait à chaque fois le miracle ; en un rien de temps, les passants s'arrêtaient : elle allait les chercher, et les menait jusqu'à son propriétaire avec une facilité déconcertante ; elle envoûtait. Puis, les nouveaux venus semblaient un instant surpris par le décalage : une tessiture si grave dans un corps si jeune ? Quel âge avait ce garçon ? Treize, quatorze ans tout au plus ? Et il gagnait déjà sa vie dans la rue ?
Quelques pièces tombaient parfois dans une bourse éventrée sur le pavé, mais Lear n'y prêtait guère attention ; plongé dans ses propres histoires, il veillait à donner vie à chaque mot imprimé sur les papier jauni, abîmé. C'était comme une frénésie qui l'enveloppait dans ces moments-là ; la timidité se volatilisait pour laisser place à une présence impressionnante et à beaucoup de charisme.
Alors seulement Lear se sentait tout à fait dans son élément, à sa place, tandis que tous ces enfants voyaient en lui un drôle d'oracle qui disait la bonne aventure.
Souvent, le garçon se rappelait du temps où il allait dans de grandes maisons, embauché comme liseur par les seigneurs de la ville et payé généreusement. Il avait beau y réfléchir, se dire que c'était une situation plus stable, plus simple pour lui, il ne parvenait pas à regretter cette époque. À choisir entre des enfants bourgeois, gâté au point de paraître toujours désabusé, et ces gamins des milieux populaires, il n'y avait aucun doute. Il aimait partager avec eux les contes d'Hastérion, les faire rêver, leur apprendre de nouvelles choses : eux, ils en avaient vraiment besoin. Leurs visages captivités étaient pour lui une grande source de réconfort ; il lui semblait créer un lien particulier avec ces enfants, qui lui étaient pourtant parfaitement inconnus…
Alors il osait parfois même parler avec eux, leur demander s'ils connaissaient quelques histoires qu'ils voudraient entendre à nouveau, rire avec eux des maladresses d'Hysope…
Ce dernier venait d'ailleurs de se transformer en une petite fleur blanche et jaune lorsque Lear acheva de conter sa cinquième histoire. Il se pencha doucement vers lui et lui glissa gentiment :

"Hysope, c'est fini ! Tu peux reprendre ta forme normale !"

Les regards passaient désormais du conteur au petit Pokémon qui changea soudain de forme et passa d'un blanc crème à un violet éclatant ; les enfants, au premier rang l'applaudirent très fort, ce qui parut faire rougir le Métamorph ; un petit sourire amusé étira alors les lèvres de Lear.
Puis, pendant un instant, il se replongea dans l'ouvrage qu'il tenait entre ses mains, feuilletant les pages à la recherche d'une autre histoire qui plairait à son audience ; ne parvenant pas à se décider, il releva la tête vers la foule et lança sur un ton nettement moins assuré que lors de ses lectures :

"Est-ce que quelqu'un aimerait entendre un conte en particulier ?

Une petit fille lui fit signe de la main, sautillant comme une puce. Lear s'avança et plia les genoux pour être à sa auteur et entendre ce qu'elle lui disait ; sa petit voix paraissait se noyer dans les bruits de la rue.


— Tu connais "Le petit Passerouge" ? Un brin de malice perçait dans cette question.


Lear sourit plus franchement ; une fossette creusa sa joue gauche. Essayait-elle vraiment de lui poser une colle ? C'était tout bonnement impossible ; pas avec cette histoire-là, en tous cas.

— Oui, et c'est même l'un de mes contes préférés ! Je ne l'ai pas sur moi, d'ailleurs, mais si tu veux, je peux essayer de m'en souvenir. Une fois, je l'ai appris par cœur."

La petite hocha vivement la tête et les autres enfants, qui avaient commencé à parler, se turent tout aussitôt, attendant que l'histoire commence.
Hysope, quant à lui, paraissait un peu perdu et dévisageait son compagnon d'un regard interrogateur :

"Le Petit Passerouge", dit Lear. Tu te souviens de toutes les transformations ? Flambusard, Lougaroc,…"

Le Métamorph lui fit signe que oui, et déterminé, se tourna vers le public le torse bombé, ce qui déclencha les rires des enfants.
Lear se joignit à eux, et se raclant la gorge, s'apprêta à commencer… La dernière fois qu'il avait raconté cette histoire, sa voix s'était éraillée alors qu'il faisait la réplique du Lougaroc… C'était un assez mauvais souvenir qui resterait à jamais accroché à sa mémoire.

"Bien ! "Le Petit Passerouge"

Il hésita un instant avant de continuer, les yeux au ciel, cherchant une bonne entrée en matière.

"Il était une fois un petit Passerouge, le plus beau et le plus mignon de la région. Sa mère, une belle Flambusard l’aimait plus que tout, tout comme sa grand-mère qui était folle de lui et appréciait lui offrir toute sorte de cadeaux.

     Hysope prit la forme de l'oiseau, inspirant des soupirs d'admiration parmi la foule.

Un jour, Flambusard, qui avait préparé quelques graines, dit à son fils :
« Va donc apporter ces graines et cette eau claire à ta grand-mère ; j’ai entendu dire qu’elle était tombée malade. »
Le petit Passerouge ne se fit pas prier ; il était attaché à sa grand-mère et avait très envie de prendre de ses nouvelles. Baluchon au bec, il se mit donc en route, mais sa grand-mère habitait de l’autre côté d’une forêt ; le chemin serait donc très long. Alors, plongé dans ses pensées tandis qu’il parcourait les sentiers boisés, le petit Passerouge n’aperçut pas le Lougaroc qui le suivait discrètement entres les arbres. Il avait très envie de le croquer, mais d’autres créatures habitaient ces bois, alors il préfèra se montrer plus malin. Il sortit de sa cachette et interpela l’enfant :
« Mais dis-moi, petit Passerouge, où vas-tu comme ça ?
Innocent, le Passerouge ne retint pas sa langue ; il ne savait pas qu’il était dangereux de parler avec les Lougaroc.
— Je vais chez ma grand-mère : elle est très malade et je dois lui apporter ces grains et cette eau claire.
— Je vois ! Et où demeure-t-elle ? continua le malin.
— Oh, dans un grand arbre, de l’autre côté de la forêt ; c’est tout près d’un étang.
À ces mots, le Lougaroc parut se lécher les babines, et proposa :
— Hé bien, j’aimerais aussi prendre de ses nouvelles ; écoute, je m’en vais prendre ce chemin, et toi celui-ci. Faisons une course ! Nous verrons qui de nous deux arrivera le premier ! »

Alors le Lougaroc se mit à courir de toutes ses forces, empruntant le chemin le plus court, tandis que le Petit Passerouge s’en alla par la route la plus longue, s’amusant à picorer quelques graines sur le trajet.

Le malin arriva très vite chez la Grand-mère, il s’introduisit dans la demeure et la mangea toute crue ! Puis, revêtant ses quelques attributs, il se glissa dans ses draps, et attendit que le Petit Passerouge vienne se présenter à lui… Petit Passerouge qui ne mit pas longtemps pour venir frapper à la porte. Le Lougaroc, changeant sa voix, l’invita à entrer
Il lui dit doucement :
«  Comme je suis contente de te voir, mon petit Passerouge ! Pose donc ces grains et cette eau et vient m’embrasser !
Le petit Passerouge, ne reconnaissant pas le Lougaroc dans la pénombre de la demeure, s’avança sans plus de prudence et paya de son innocence ; sans plus attendre, le monstre se jeta sur lui, et le dévora d'une seule bouchée."


Des murmures épouvantés se firent entendre parmi les enfants, tandis que la petite fille qui avait demandé à ce qu'on lui raconte cette histoire fixait Lear de ses grands yeux attentifs. Le garçon sourit à tout le monde et voulut se tourner vers son Métamorph pour le féliciter en lui donnant quelques friandises… Mais Hysope s'était volatilisé ! Haussant les sourcils, le jeune homme parut chercher un moment autour de lui et peu à peu, l'angoisse le prit à la gorge ; il avait horreur des petites escapades de son Pokémon : à chaque fois, elles le mettait dans tous ses états.
Il l'appela un moment et demanda aux enfants et à leurs parents de l'aider à le chercher… Le retrouver ne prit pas beaucoup de temps ; au dernier rang, deux Passerouges faisaient connaissance ; l'un d'entre eux avait quelques plumes violacées, ce qui fit sourire le conteur :

"Hysope… Tu m'as fait peur, je ne te voyais plus ! le réprimanda-t-il sur un ton faussement sérieux.

Le pseudo-Passerouge se tourna vers lui et piailla gaiement tandis que l'autre paraissait l'examiner sur toutes les coutures.

— Je vois que tu t'es trouvé un petit copain ; il vient d'où ? Il n'a pas l'air trop sauvage… Tu sais à qui il est ?"

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Mer 9 Mai - 18:47

aux 12 coups de minuit

raconte-nous une histoire

La nuit recouvre Aros depuis maintenant quelques heures lorsque tu émerges d'un sommeil sans rêves. Une bougie éclaire la pièce aux volets ouverts, et tu te lèves dans un sursaut lorsque tu constates l'absence de Nicholas. L'apothicaire ne te laisse généralement pas traîner au lit une fois réveillé, y aurait-il eu un problème ? Esprit embrumé et mouvements rendus gauches par les courbatures, tu t'habilles en vitesse, te demandant pourquoi Cyclamen n'est pas venue te tirer des bras de Morphée non plus. Le monstre d'hier serait-il revenu à la charge ?

ce serait bien ta veine
tu pensais pourtant l'avoir fait fuir

Des images du comptoir et des étagères ensevelis sous la neige te traversent l'esprit tandis que tu descends l'escalier sans avoir pris la peine de mettre ton masque noir. Si c'est le cas, tu es parti pour un sermon venu tout droit es enfers et toute une nuit à déneiger.. Tu te rappelles avoir bien fermé la porte, cela dit, comment la bête serait-elle entrée ?

Mais une fois au bas de l'escalier, ce n'est pas le paysage enneigé que tu craignais qui t'attend. C'est une nuit normale, avec Nicholas organisant soigneusement les plantes que tu lui as rapportées tandis que Cyclamen semble continuer de se reposer, perchée sur la même chaise qu'hier matin. La boutique est ouverte, des commandes à livrer t'attendent sur le comptoir, accompagnées de quelques fruits et d'une tasse de tisane.

« Songbird ! Moi qui espérais que tu ne te réveilles jamais. » se moque l'apothicaire en te voyant descendre

Tu bâilles sans grâce aucune et ne juges pas bon de répondre, te dirigeant vers le comptoir pour mordre dans un fruit pendant que Nicholas reprend la parole. Apparemment, il a eu pitié de l'état navrant dans lequel t'a laissé le voyage vers Scémède et t'a donc laissé dormir un peu plus qu'à l'accoutumée. Il est maintenant dix heures du soir, et s'il te déconseille d'aller voltiger à moins de vouloir te briser les ailes, il attend néanmoins de toi quelques livraisons avant que le jour se lève. Un sourire étire tes lèvres roses tandis que tu avales quelques gorgées de tisane: il s'inquiète pour toi, en simple.

inhabituel venant de lui
mais pas inappréciable

« Quelle considération, j'en serais presque ému. » ris tu, ce qui te vaut un regard en biais

Son Kaiminus claque des mâchoires, comme pour te signifier de ne pas prendre tes aises, et tu retombes bien vite dans un silence prudent. Repas terminé, tu ranges la vaisselle et enfiles ton masque avant de soigneusement disposer les médicaments à livrer dans un sac en bandoulière. Ce serait bête que certaines bouteilles se renversent, même si en théorie le risque est moindre. Pas d'acrobaties pour toi ce soir, tes jambes douloureuses t'en remercieront sans doute.

(ça ne t'empêche pas d'être déçu)
(tu te languis déjà du ciel)

Cyclamen vient se poser sur ton épaule tandis que tu quittes la boutique pour les rues glacées d'Aros. Il ne fait pas trop froid cette nuit, ou du moins tu en as l'impression: ta respiration ne forme pas de nuages autour de ton masque. Peut-être que le Printemps est bel et bien en route, finalement. Cette idée t'arrache un sourire qu'on ne verra pas, et tu te diriges d'un pas rapide vers le destinataire de la première livraison. Puis la suivante, jusqu'à ce qu'elles s'enchaînent assez automatiquement. L'époque où tu te perdais dans la ville est loin derrière toi: c'est avec facilité que tu te rends aux adresses indiquées.

pas une fois tu n'empruntes la voie des airs
écouter Nicholas ne te ressemble pourtant pas

(mais ce n'est qu'une question de calcul)
(tu gardes de l'énergie pour aller voir Meg)

L'idée de rendre visite à la Gardienne semble alléger ton pas: tu de drôles d'anecdotes à lui raconter, sur ton voyage à Scémède. Sans doute te demandera-t-elle ce qui a bruni ta peau, si elle n'a jamais visité d'autres contrées qu'Aros. Une voix amère te fait remarquer que si c'est le cas, elle n'en aura jamais l'occasion: Souveraine du port de commerce peut avoir l'air d'un rang confortable aux yeux de certains, mais il empêchera cette enfant de connaitre la région qu'elle habite. Difficile pour toi d'imaginer un sort plus cruel qu'être enfermée en haut d'une tour à un si jeune âge.

(tu n'aurais pas supporté)
(tu te serais enfui)

Tes pensées sont néanmoins interrompues lorsque depuis le bord d'une rue fréquentée, une voix grave visiblement en pleine histoire happe ton attention. Elle dirige ton regard d'abord vers un groupe d'enfants, puis vers le jeune homme en leur centre. Accompagné d'un Pokémon dont les changements de forme éveillent ta curiosité, il leur narre un conte que tu n'as jamais entendu en entier. Le Petit Passerouge, voilà qui ne manque pas de te faire rire malgré le piaillement réprobateur de Cyclamen.

N'ayant plus que deux ou trois livraisons à effectuer dans la nuit, tu décides d'accorder une pause à tes jambes fatiguées. T'arrêtant à la lisière du groupe d'enfants et de parents, tu ajustes la capuche noire pour bien y cacher tous tes cheveux blancs. Curieux: maintenant que tu y prêtes attention, ce garçon et toi vous ressembleriez beaucoup si tu n'avais pas un masque. Cheveux argentés malgré son jeune âge, teint de lune et yeux clairs contrastant avec son manteau sombre, il te fait penser à une version plus jeune d'un de tes frères.

ça te ferait presque fuir
mais sa voix te retient

(elle t'a pris dans ses filets, Céleste)
(et tu te débats à peine)

Un sourire qu'on pourrait qualifier de cruel te vient lorsque le conte touche à sa fin: tu ne savais pas le dénouement si brutal, mais il reste amusant. Tu t'apprêtes à t'éclipser avant de remarquer dans un sursaut que Cyclamen a quitté ton épaule. La légère agitation du conteur t'échappe totalement jusqu'à ce que sa voix résonne à quelques pas de toi, s'adressant manifestement à son Pokémon. Face à face, deux Passerouges s'observent avec intérêt. Tu reconnais bien vite la tienne: son attitude inquisitrice ne manque pas de t'amuser. Elle doit avoir perdu l'habitude de croiser des Pokémon de son espèce, depuis que vous avez quitté Kalos. Arrivé à portée de voix, tu émet un sifflement auquel l'oiseau réagit immédiatement, quittant le sol pour venir se poser sur ton avant bras.

« Désolé, on dirait que Cyclamen a déconcentré ton monstre, l'excuses-tu dans un rire, Jolie histoire, en tout cas. Enfin, jolie performance en général. Tu as un don pour capter l'attention, c'était passionnant. » complimentes tu sincèrement

Autour de toi, quelques enfants examinent votre duo avec curiosité. Un garçon au masque de loup accompagné d'un Passerouge, voilà qui ne manque pas de rappeler le conte qu'ils viennent d'entendre. Même si tes couleurs vont plus penser à un Grahyèna qu'un Lougaroc, l'analogie est là. Tu caresses lentement les plumes de ton oiseau, contemplant l'idée de partir maintenant que tu as retrouvé Cyclamen, mais une idée te traverse l'esprit. Reste à la faire passer sans te compromettre.

Meg serait ravie d'entendre ses histoires
elle doit s'être lassée de lire seule, à force

(et tu n'as rien d'un conteur chevronné)
(tu ne déchiffres même pas l'hastérien)

« Tu fais ça depuis longtemps, si c'est pas indiscret ?, interroges-tu en espérant qu'il ne soit pas à Aros que pour cette nuit, Songbird, au passage, enchanté. » ajoutes-tu en lui tendant une main gantée
@feat Lear Cel parle en #9399b1
Awful




FicheRépertoireJournal


Merci Ney, c'est de toute beauté keur leur lov



Merci Yuki pour ce rappel (et le joli sprite), au cas où on aie un jour pris Cél au sérieux keur leur lov
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Dim 13 Mai - 11:51
Aux douze coups de minuit
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Petit, les parents de Lear s'étaient mis en tête que leur petit garçon serait un homme de goût. Il paraissait attiré par les bijoux et toute autre jolie chose, et cela révélait sans doute un sens du détail hors du commun.
Monsieur et Madame Albarel avaient toujours eu l'art de faire peser leurs propres espérances sur les épaules de leur fils.
Ils se trompaient grandement. Presque à chaque fois.
En grandissant, Lear se pâma d'admiration pour des objets insignifiants et sans aucun attrait esthétique ; il se mit à porter des vêtements tous plus lugubres les uns que les autres, s'arrangeant à les modifier selon ses désirs…
Son père ne comprit jamais cet accoutrement ; il ne comprit pas non plus cette collection de pendentifs aux allures douteuses, cet amour inconditionnel pour les vieux livres abîmés ou les Pokémons manquant d'élégance. Le voir ému en cheminant dans les rues sombres et sales d'Aros le dépassait, tout comme la sincère curiosité qu'il vouait aux petites gens, désirant, tout au fond de lui, créer des liens, leur parler, se sortir de ce cercle bourgeois qui l'enfermait…
Le mystère, l'incongru. Voilà ce qu'aimait Lear depuis toutes ces années. Voilà ce qu'il retrouvait dans chaque conte qu'il lisait à la lueur des bougies ou des étoiles. Le mystère ouvrait les portes de l'imaginaire et de l'impossible ; avec lui, il laissait divaguer ses pensées, il rêvait, il devenait poète… Et puis que serait le monde sans cette part d'inconnu, de magie ?
Alors, mis à part les légendes, il lui arrivait parfois de croiser des individus qui portait ce mystère en eux, qui dégageaient une aura tout à fait particulière. Souvent, il les observait de loin avec une excitation peu dissimulée, n'osant pas les aborder…
Que l'un d'entre eux vienne un jour à sa rencontre ne lui était jamais venu à l'idée. Comme quoi le hasard faisait bien les choses…

L'oiseau aux plumes écarlates venait de s'envoler devant ses yeux, laissant un Hysope déçu et déconcerté par tant d'agitation. Il reprit sa forme normale, sans plus attendre, et se rapprocha de Lear.
C'était un sifflement qui avait fait partir le Passerouge, et le conteur cherchait son origine, curieux. Des enfants, quelques parents, s'étaient rassemblés autour de lui, ayant participé à ce court moment de recherche, et maintenant, attendant patiemment que quelque chose se passe… Quelque chose dont le garçon ignorait la nature.
Du moins jusqu'à ce qu'un homme se dégage de la foule et fasse quelques pas vers lui ; sa voix parvint tout d'abord aux oreilles de Lear, qui dut bien avouer qu'elle n'avait rien à envier à la sienne ; mélodieuse, elle devait certainement cacher un joli talent de chanteur.
Alors, lorsqu'il rencontra le visage de ce jeune homme qui s'était avancé pour le rejoindre, le fameux Passerouge sur son bras, il s'abandonna à une longue contemplation : Un masque sombre couvrait l'intégralité de sa figure. Était-ce un loup ? Les murmures des enfants, derrière lui, confirmèrent cette hypothèse.
Quel drôle de décalage ; la noblesse et la brutalité d'un loup associé à la légèreté et l'innocence d'un petit oiseau… L'idée plaisait à Lear et n'était pas sans lui rappeler le conte qu'il venait de lire.

Absorbé par l'apparence de cet individu, dont il ne pouvait même pas distinguer la moindre mèche de cheveux, il pensait avoir rencontré la perle rare. Un personnage tout droit sorti d'une légende ancienne ! Le garçon était tout simplement subjugué, son regard ne le lâchant pas d'une semelle.
Ses remerciements parurent se fondre dans les bruits de la rue, tant sa voix se fit petite pour laisser place à celle, claire, de l'inconnu, qui paraissait vouloir engager une conversation :

« Tu fais ça depuis longtemps, si c'est pas indiscret ?

Coupant le fil des pensées de Lear, qui cherchait ses mots pour répondre, il lui tendit une main gantée, se présentant avec naturel.
"Songbird". C'était un drôle de nom, mais qui, étrangement, lui allait à merveille. Et un petit accent qui était familier au conteur perçait dans sa voix ; c'est ce qui l'amena à sourire.
Kalos. Il ne pouvait venir que de cette région ; son hastérien était bon, tout comme celui de sa mère, mais les Kalosien ne parvenait presque jamais à gommer entièrement ces sonorités étrangères ; Lear trouvait cet accent absolument charmant.
Autour d'eux, les gens se dispersaient peu à peu, les laissant seuls, immobiles, au beau milieu de ce flot éternel de passants. Le conteur ne se rendit pas vraiment compte de la disparition de tous ces enfants qui l'avaient tantôt écouté et qui, maintenant, se laissaient entraîner par leurs parents à travers la rue pavée.
Il se contenta de serrer la main de Songbird et de lui répondre d'une voix nettement plus effacée que celle qu'il empruntait pour lire ses histoires :

"Moi, c'est Lear. Content que le conte vous ait plu… Il colle plutôt bien à votre allure : pn croirait voir un Lougaroc ami avec un Passerouge.

Hysope, à ses pieds, piailla un instant pour rappeler sa présence au garçon, qui haussant les sourcils, laissa échapper un petit rire discret.

— Visiblement mon Métamorph aimerait que je le présente. Il s'appelle Hysope… Et je crois qu'il a vraiment apprécié la compagnie de votre Passerouge.
Oh, et sinon, pour répondre à votre question, je dirais que je fais ça depuis un peu plus de deux ans… Mais la passion remonte à bien plus longtemps."


Il s'aperçut alors des regards que lançaient les passants à son interlocuteur et le détailla une fois de plus ; il portait lui aussi des vêtements sombres, faisait une tête de plus que lui et paraissait plutôt fin sous son manteau un peu trop grand. Il devait être beau, ou du moins, c'est ce que pensait le conteur… Une envie irrésistible d'ôter son masque pour découvrir son visage le taraudait maintenant depuis un petit moment :

"En tous cas, vous ne passez pas inaperçu. J'aime beaucoup votre masque… Il est assez impressionnant. Lear ne savait pas pourquoi il lui disait cela. Sans doute pour briser le silence… Manière d'établir une atmosphère plutôt agréable entre eux ; Il n'aimait pas les blancs ou les malaises, ils l'empêchaient de parler. Et j'aime aussi votre accent. Il me rappelle celui de ma mère. Elle vient de Kalos… Je serais étonné que vous n'en soyez pas vous aussi originaire."

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Mar 29 Mai - 0:31

aux 12 coups de minuit

raconte-lui une histoire

De près, Lear a des yeux plus colorés que ce que tu avais pu voir. Gris-vert, la teinte de certaines vagues quand la météo se fait clémente. De jour, bien entendu. La nuit a son propre charme, mais la façon dont elle empêche de distinguer certaines nuances de couleurs ne te plait qu'à moitié. Sa voix est un peu différente, remarques-tu après coup. Moins forte maintenant qu'il n'a pas à se faire entendre d'une foule d'enfants, sans doute moins posée aussi. Tu hoches la tête, un sourire invisible sur tes lèvres lorsqu'il mentionne la ressemblance. Comme si son récit avait invoqué le conte dans les rues d'Aros.

tu es souvent plus personnage que personne
mais c'est rarement aussi flagrant

Perchée sur ton avant-bras, Cyclamen constate avec une touche de déception que le Métamorph a repris sa forme originale. Tu hausses les épaules en tournant brièvement tes yeux vers l'oiseau rouge qui, malgré son joli plumage, ne partage pas la naïveté du Petit Passerouge. L'imaginer à sa place est risible, te donnant une vision du Lougaroc surpris d'être attaqué par de violents coups de bec. Sans doute ne gagnerait-elle pas ce combat, mais la croquer ne serait pas une mince affaire pour autant.

« Excepté que de nous deux, ce n'est pas moi le plus dangereux. » commentes-tu, amusé

Ironique, quand on voit son aspect délicat, mais Cyclamen est facilement plus violente que toi. Son bec aura causé plus de bleus que tes poings, ses serres fait couler plus de sang que ton poignard. Il faut dire qu'elle attaque plus souvent: son tempérament brûle assez fort pour réchauffer Aros un soir d'hiver. S'en prendre à elle (sans parler de s'en prendre à toi), c'est marcher tout droit vers une surprenante furie.

c'est elle qui combat et toi qui ruses
qui distrais, qui négocies

(mais surtout, c'est toi qui fuis)

Le piaillement du Métamorph -qui a repris sa forme normale- attire ton regard et tire un rire doux au conteur. Il te le présente, car la créature ne veut apparemment pas être en reste. Tu le salues de ta main libre et murmure à Cyclamen qu'elle peut descendre à sa hauteur, si ça lui chante. Contrairement à ce que tu craignais, la Passerouge ne l'importunait pas. Aucun souci à se faire, si sa compagnie plait tant au Pokémon rose.  

« Elle s'appelle Cyclamen, elle a tendance à causer des problèmes mais je suis soulagé que ça n'aie pas été le cas cette fois. » fais tu en passant une main sur ta nuque

L'intéressée est de retour sur la pavé quand le conteur répond à ta question, te laissant entendre qu'il ne manque pas de pratique. Deux ans ou plus, que Lear émerveillé les enfants, tu es presque surpris de ne jamais l'avoir vu faire. Peut-être ne faisais-tu simplement pas bien attention aux attroupements, avant.. Ou plutôt, tu les esquivais prudemment, préférant la voie des airs à la compagnie étouffante des terriens. Ta première année ici se résume à des vols et des fuites, avec pour décor une ville labyrinthique où toutes les rues se ressemblent et tout le monde parle une langue que tu ne comprends pas. Sans compter ce froid mordant n'allégeant en rien ton coeur en pièces. L'année suivante est plus agréable, avec ton acclimatation à Nicholas et l'apparition de Meg.

(deux distractions en plus)
(ça t'évitait de penser à Micaiah)

A regarder la situation sous cet angle, il n'est en fait pas bien étonnant que tu n'aies pas remarqué Lear plus tôt. Surtout s'il n'a pas toujours été à Aros. (le garçon te semble certes plutôt jeune pour voyager seul, mais tu l'étais aussi, quand tu as quitté ta région natale) Quand bien même ça aurait été le cas, tu n'aurais sans doute compris qu'un mot sur 5 de ses belles histoires. Une étoile s'allume dans tes yeux clairs quand il dit que la passion remonte à plus loin. A-t-il toujours voulu faire ça ? Tu es surpris qu'on l'aie visiblement laissé faire: si les livres de contes étaient tes préférés, à Kalos, tu n'y as pas eu accès aussi longtemps que tu l'aurais voulu. 'Pas des lectures sérieuses', a fermement déclaré ton père. Peut-être que sans ça, tu ne serais pas allé courir les toits d'Illumis.

« Ca par exemple, et je ne t'avais jamais entendu.. » une note de déception se glisse entre tes mots

Tu ne remarques pas les regards qu'on lance à ta curieuse apparence, désensibilisé par l'habitude, mais l'attention de Lear ne t'échappe pas. Il est juste en face de toi, après tout, difficile de ne pas te rendre compte. Gardant pour toi un commentaire qui sonnerait assurément trop flirty pour la situation, tu contemples tes options, à la recherche du meilleur moyen d'amener le sujet. Si c'est sa passion, le convaincre ne devrait pas être bien complexe.

Sa voix s'élève avant que tu ne reprennes la parole, te faisant savoir que le masque offert par Nicholas lui plait. L'accent que tu ne saurais faire disparaitre aussi, ce qui te prend un peu par surprise car tu l'as surtout trouvé embarrassant pour te faire comprendre. (une chance que le masque cache la façon dont tes joues s'empourprent l'espace d'un instant) Tu portes une main à ton coeur, un tantinet plus dramatique que nécessaire, avant de hocher la tête en lui répondant.

« Tout juste, tu as une bonne oreille ! Quant au masque.. ravi qu'il ne te fasse pas peur, c'est un cadeau de l'apothicaire. Je le porte quand je fais ses livraisons. Comme tu dis, on me reconnait facilement avec, c'est pratique. mais surtout, on ne te reconnait pas sans, ce qui est le but premier, Hm si ta mère est de Kalos.. tu n'es que de passage, ici ? » interroges-tu curieusement

Son hastérien est sans accent et sans erreurs, mais qui sait. Peut-être a-t-il un père dont le parler ne porte pas les traces de ta langue natale, peut-être est-ce de lui qu'il a appris. Peut-être aussi qu'il ne voudra pas répondre, parce qu'il ne connait même pas ton visage et qu'Aros n'est pas peuplée que d'individus fréquentables. Individus fréquentables dont tu ne fais pas partie, d'ailleurs. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que Lear décide que ça ne te regarde pas.

« Peut-être que je suis trop curieux, concèdes-tu avec un rire, Mais j'avouerai que tu me rends curieux, et aussi qu'un truc m'a traversé l'esprit. La Gardienne du phare est très jeune, parait-il, ça lui ferait sans doute plaisir d'entendre tes contes. tu hausses les épaules, faussement nonchalant, Ca pourrait te faire connaitre de plus de monde, qui sait.. »

Tu en doutes un peu, compte tenu de la rareté avec laquelle Meg quitte sa chambre, mais ce détail est passé sous silence. Peut-être qu'il prendra l'idée au sérieux. Tu l'espères, honnêtement, mais insister dessus paraitrait sans doute étrange. Si ça se trouve, demain il sera reparti d'Aros, et tu n'auras pas de souci à te faire. Pas non plus d'espoir de faire profiter à Meg de ses talents de conteur, mais voilà un moment que tu as appris à faire la part des choses. On a pas toujours ce qu'on espère, et ce n'est pas plus mal, en définitive.

A vos pieds, Cyclamen volète autour du Métamorph. (Hysope, si tu te souviens bien) Elle émet des sons plutôt enthousiastes, sans agressivité, te tirant un sourire attendri: il est rare qu'elle s'entende aussi bien avec un Pokémon rencontré il y a si peu de temps. Sa transformation en Passerouge a dû la mettre en confiance.

Tes yeux remontent sur Lear, et tu te demandes si le masque ne le perturbe pas, à vrai dire. Il cache tes expressions ça ne doit pas être extrêmement agréable. Généralement ça ne t'ennuie pas plus que ça, d'ailleurs tu préfères qu'on ne te voie pas l'enlever. Mais il est surtout destiné aux clients de Nicholas. Pour qu'ils n'associent pas ton visage à lui, au cas où on t'arrête pour vol. Si ton interlocuteur laisse durer la conversation au lieu de t'envoyer bouler, tu t'en débarrasseras peut-être.. enfin, à condition que vous vous rendiez dans une rue moins fréquentée.
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Jeu 31 Mai - 0:14
Aux douze coups de minuit
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Hysope et la petite passerouge, Cyclamen, semblaient bien s’entendre. Lear sourit, absorbé par le jeu des deux Pokémons, fraternisant avec enthousiasme.
Que le jeune homme en face de lui ne l’ai jamais remarqué auparavant ne l’étonnait pas le moins du monde. S’aventurer dans les plus grandes avenues n’était que très récent pour les garçon ; quelques mois plus tôt, il se contentait de rues un peu moins fréquentées… Quelle idée de faire conteur quand on est timide… Lear s’était souvent fait cette réflexion, mais bien heureusement, ce trait de caractère paraissait peu à peu se gommer avec l’expérience… Ou du moins s’atténuer. Il savait maintenant survivre en public, voire même tirer son épingle du jeu. C’était pour lui une véritable fierté, synonyme de tous les efforts qu’il avait déployés jusqu’ici.

L’attitude de Songbird le fit sourire : un véritable acteur, et charismatique qui plus est ! Main sur le cœur, le visage baissé, il le félicitait d’avoir reconnu son accent et lui expliquait la provenance de son masque. Lear, touché de cette confidence, le dévorait du regard, absorbé par ses paroles. Cet homme, décidément, avait une voix captivante. Un peu comme la sienne d’ailleurs… Le garçon y était très sensible.
Le dernier commentaire de son interlocuteur l’amusa beaucoup. Certes, son masque était une belle signature qui lui permettait d’être reconnu à tous les coups… Mais le visage découvert, Lear était certain que les clients de ce fameux apothicaire — qu’il ne connaissait pas d’ailleurs — ne l’oublieraient pas pour autant. Quand on mettait un masque, c’était bien souvent pour rester anonyme. Ce jeune homme, aussi habile et aimable qu’il était, gardait une part de mystère qui n’était pas sans déplaire au conteur. Peut-être était-il criminel, ou du moins voleur à ses heures perdues… Ces hypothèses qui trottaient dans son esprit ne l’effrayaient pourtant pas le moins du monde ; au contraire, elles attisaient sa curiosité. Lear avait encore une fois oublié d’être méfiant… La faute à sa naïveté ou comportement tout à fait volontaire ? La deuxième option était certainement plus juste.
Cet individu l’intriguait. Il appréciait converser avec lui, et ne désirait pas interrompre leur échange pour une simple question de confiance…
Une question lui vint alors à l’esprit, et il espérait y trouver une réponse dans les paroles de Songbird, qui débitait toutes ses phrases et questions d’un flot, marqué par son accent que le conteur ne pouvait s’empêcher de trouver adorable. Pourquoi insistait-il donc sur ses origines ? Cherchait-il à savoir s’il vivait à Aros, s’il resterait ici ? Le jeune homme paraissait avoir une idée derrière la tête… Il ne tarda pas à découvrir quelle était la nature de ce « truc » qui lui avait traversé l’esprit : Ce n’était certainement pas tous les jours qu’on entendait parler de la Gardienne, et Lear fut très étonné que cet individu, qui venait visiblement de Kalos, connaisse jusqu’à son nom et son âge.
Lui aussi en avait entendu parler — c’était d’ailleurs plutôt normal pour un habitant d’Aros pure source. Il connaissait le rituel du Pokémon qui l’avait choisie par cœur, et c’était presque digne d’un conte de fée : Pharamp faisait tout le tour de la vile jusqu’à trouver une personne qui lui plaisait. Cette dernière voyait alors son destin scellé, forcée d’assumer ses nouvelles responsabilités.
La Gardienne actuelle était encore une gamine, ou presque… Elle vivait au dernier étage du phare, mais le conteur n’en savait pas plus… Il avait pourtant mis de nombreuses fois les pieds dans la bibliothèque d’Aros, au rez-de chaussée.
Il était par contre quasiment certain que Songbird, lui, connaissait plus de détails sur elle que quiconque… Sa proposition l’étonna d’ailleurs beaucoup. Que ferait la Gardienne d’un misérable conteur ? Elle devait certainement avoir d’autres centres d’intérêts…
Et puis, même si c’était une intention de sa part, oserait-il se présenter devant elle, tout tremblant, son vieux livre entre les mains, Hysope et ses transformations douteuses ?
Il passa une main dans ses cheveux, un peu gêné par une telle proposition. Il ne savait vraiment pas quoi en penser, et à vrai dire, ses pensées s’embrouillaient, chacune voulant répondre à quelques-unes des questions posées et occultant les autres… Lear s’embrouillait, et mit du temps avant de trouver une bonne amorce…

 « Wow, attendez… On va commencer par le début… J’aimerais déjà vous répondre que je ne suis pas d’ici et que je suis en vadrouille, mais c’est malheureusement faux. Je suis né dans cette ville. Ma mère, elle, a été victime très jeune d’un mariage arrangé. »

Il insista bien sur le mot « victime ». Être unie de force à son père n’avait pas dû être une grande réjouissance pour sa mère, dans sa prime jeunesse. Elle avait dû tout quitter à dix-neuf ans et embarquer pour une contrée dont elle ne connaissait à l’époque même pas la langue. Vu l’austérité de son paternel, Lear aurait sûrement préféré fuir ou être renié que d’accepter une telle union…
Enfin. Ce devait être plus facile à dire qu’à faire…
Il ne tarda pas à reprendre la parole, hésitant un instant sur comment retomber sur l’idée de Songbird. Il trouva bon de bredouiller ces quelques questions, qui s’imposaient avant d’aborder l’autre part du problème :

 « Tu… euh… Vous connaissez la Gardienne…? Comment est-ce possible ? Personne ne l’a jamais vue… Ou je veux dire… Presque personne. Ce doit être un honneur de pouvoir la rencontrer.


Il se mordit l’intérieur des joues, maudissant son élocution plus que minable. L’éternel dilemme du vouvoiement le taraudait depuis le début de la conversation. Était-il censé le tutoyer au vu de leur jeune âge ou devait-il le considérer et le traité tel un aîné ?
Lear eut envie de se moquer de sa propre situation. Il se faisait toujours un monde pour pas grand chose. Toute autre personne aurait tôt fait de tutoyer ce drôle d’interlocuteur.

Le Métamorph, à leurs pieds piaillait joyeusement après le Passerouge, bien loin de se douter du soudain embarras de son maître. Lear reporta son attention sur lui un moment et le vit reprendre la forme de l’oiseau pour le rejoindre maladroitement dans ses petites escapades aériennes. Il ne put s’empêcher de rire lorsqu’il manqua de se cogner contre le museau du masque de Songbird :

 « Il faut faire attention à Hysope si vous tenez à votre déguisement ; il est vraiment maladroit. Il ressemble décidément beaucoup à son maître…
En tous cas, nos Pokémons ont l’air de bien s’entendre. Ça fait plaisir à voir… En même temps, mon Métamorph n’est pas difficile. Il paraît que c’est dans sa nature. Tous les monstres de son espèces sont réputés pour apprécier la diversité… Par contre, entre eux, il paraît qu’ils ne peuvent pas se supporter. Étrange, n’est-ce pas ? Quoi que… Je suis plutôt mal placé pour dire ça. »


C’était assez drôle, finalement. Lear, lui, n’aimait pas ses congénères et préféraient descendre dans la rue pour nouer de nouveaux liens plus conviviaux. Il avait toujours vu un frère en Hysope. Ils se mariaient bien, tous les deux, et avaient un comportement plutôt similaire. Comique, vraiment.

 « Enfin… Je m’éloigne du sujet, visiblement… Je… Enfin, je ne sais pas trop comment réagir à votre proposition. Pas que je doute que vous connaissiez la Gardienne… Au fond, tout est possible, à Aros. Seulement… Je ne pense pas qu’elle ait besoin d’une personne comme moi pour la distraire. Je n’ai rien de spécial, elle doit connaître tous les contes que j’ai en magasin, et puis elle a sûrement d’autres responsabilités, non ?

Il hésita un instant.

– Ce n’est pas un refus, ce que je vous dis là. Bien sûr que ça m’intéresserait de la rencontrer… Mais je ne vois pas comment. Elle est bien entourée… Déjà que j’ai du mal à monter au delà de la bibliothèque, lorsque je suis au phare… Même les érudits ne sont que très peu accessibles… Alors la gardienne… »

Avec une autre personne qui lui aurait raconté les mêmes choses, Lear aurait sûrement écourté la conversation… À croire que quelque chose au fond de lui lui murmurait que cette fois-ci, ça valait peut-être le coup.
Le monde alentours semblait grossir et les voix ambiantes couvraient de plus en plus la sienne. S’ils désiraient tout deux continuer cette conversation, il leur faudrait sûrement un peu s’éloigner des points les plus fréquentés du centre-ville.


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Jeu 28 Juin - 21:15

aux 12 coups de minuit

you could just follow my smile

il ne te prend pas au sérieux
non, ce n'est pas exactement ça

Tu lui laisses le temps de structurer ses pensées, d'absorber tes paroles en passant une main dans ses cheveux blancs. (il les désordonne plus qu'il ne les arrange, mais quelque-chose te souffle que c'est avant tout nerveux) Peut-être as-tu été un peu direct, tu le sens au moins déstabilisé.. Pourtant, il n'a pas éclaté de rire. Il n'a pas écarté la proposition d'un mouvement de la main, comme on écarte une nuée d'insectes déplaisants. Contrairement à ce que tu pensais initialement, Lear t'a pris au sérieux. Sans doute l'habitude d'être considéré comme plus idiot que tu ne l'es t'a-t-elle fait tirer des conclusions hâtives.

l'idée fait remonter quelque-chose d'amer dans ta gorge
tu ne lui laisses pas le temps de t'étouffer

ou de se manifester
de blesser quelqu'un d'autre

(Lear n'a nullement besoin de voir ça)
(il y a tant de choses plus jolies qu'il mérite de voir)

Tu souris patiemment au conteur tandis qu'il semble lutter pour ne pas s'emmêler dans ses propres mots. C'est presque amusant de voir à quel point son élocution change lorsqu'il n'est plus dans ce qui semble être son élément. Ses paroles s'écoulaient en un flot mélodieux lorsqu'il donnait vie à la cruelle histoire du petit Passerouge, mais maintenant ? Il hésite, laisse des blancs, comme si toute l'assurance qu'il manifestait tout à l'heure n'était qu'un emprunt.

pour autant, ses mots ne perdent pas d'impact
peut-être parce qu'il parle maintenant de faits réels

Un nuage éclipse le scintillement rieur de tes yeux lorsqu'il mentionne le sort de sa mère. Oh, encore un chef de famille ayant décidé qu'il savait beaucoup mieux que ses enfants ce dont ils avaient besoin, sans doute. Quelle merveilleuse idée qu'un mariage arrangé, s'est-il certainement dit.. ou peut-être n'était-ce que pour le commerce. Ca n'aurait rien d'étonnant. A quoi bon demander son avis à cette brave dame ? Elle ne pouvait pas savoir ce qui serait mieux pour elle. En tout cas, pas mieux que ses parents que des années de vie avaient certainement rendu si sages et si avisés..

tes sarcasmes pourraient se déverser sans fin
tu coupes leur cours par égard pour Lear qui reprend la parole

(mais dans tes iris clairs, l'orage gronde toujours)
(imposer ses décisions aux autres, voilà qui te rappelle quelqu'un)

Lear ne tarde pas à revenir vers ta proposition, supposant d'entrée de jeu que tu connais la Gardienne. Eh bien, c'était bien la peine de penser à une façon 'discrète' de formuler la chose. Un sourire étire tes lèvres roses tandis que tu secoues la tête par réflexe: non, bien sûr que non. Un simple coursier ne pourrait avoir eu l'immense honneur de rencontrer le Seigneur d'Aros. Encore moins de la connaitre personnellement. Ce que tu as dit, n'importe-qui peut le savoir. Tout Aros sait qu'une enfant les dirige; et il n'est pas difficile de se dire qu'une enfant apprécierait de se faire conter des légendes. C'est du moins ce que tu supposes. Mais peut-être s'imagine-t-on nombre de choses exceptionnelles sur Meg simplement parce qu'elle a été choisie par la Dragonne.

ça n'aurait rien d'étonnant
c'est même ce que te laisse supposer Lear

Il semble à nouveau chercher ses mots, comme embarrassé de ne savoir par quel pronom s'adresser à toi. Tu l'aurais invité à te tutoyer si un oiseau n'était pas soudainement venu danser trop près de ton visage. Instinctivement, tu recules d'un pas, levant un avant-bras pour protéger ton front. Comme si tu attendais encore des coups. Entre tes côtes, ton coeur bat à tout rompre, accéléré par un bref pic d'adrénaline qui retombe aussi vite que tu réalises ne pas être en danger.

Hysope a rejoint Cyclamen dans les airs
tu n'as rien à craindre, Céleste

Le rire du conteur ramène tes yeux vers lui, et tu détends tes épaules crispées en tâchant d'ignorer ta réaction. Malgré les années, il semble que tu n'aies pu te débarrasser de ce réflexe. Une voix agite ton esprit telle un vent violent, mais tu ne distingues pas les injures dans ses hurlements. Sans y penser, tu mordilles la cicatrice au milieu de ta lèvre inférieure avant de passer ta langue dessus, presque surpris de ne pas sentir le goût métallique de ton sang. La voix de Lear te ramène au moment présent avant que tu ne partes dériver trop loin. Tu fais comme si de rien n'était, riant à son commentaire.

« Ca ne manque pas de charme.. mais si ça peut te rassurer, j'ai connu plus maladroit. » assures-tu sur un ton qui se veut rassurant

Ah, on dirait que tu n'as pas pu te retenir. Il ne voit pas le sourire malicieux qui accompagne ta première phrase, mais peut-être cela vaut-il mieux. Tu ne voudrais pas le mettre mal à l'aise, ce serait idiot de ta part. Il continue néanmoins de parler, et tu hoches la tête sur ses paroles: ça fait plaisir à voir. Cyclamen a trop de caractère pour nombre de Pokémon, mais ça ne semble pas effrayer Hysope. Une chance, supposes-tu.

Si son commentaire sur les Métamorph attise ta curiosité, tu te gardes de l'interroger à ce sujet: pas tout de suite. Il est lancé, tu ne souhaites pas l'interrompre. Peut-être y reviendras-tu, cela dit. Ne pas s'entendre avec ses semblables, ça te ressemble plus que tu ne l'imagines, Céleste. N'as-tu pas fui ta région natale ? Ne préfères-tu pas les toits aux rues car on y croise généralement moins de monde ?

« Je t'en prie, ce n'est pas grave. » dis-tu en secouant la tête lorsqu'il déplore s'éloigner du sujet

et ça ne l'est pas
ce qu'il dit t'intéresse

Tu gardes le silence lorsqu'il t'avoue ne pas savoir comment réagir. Peut-être as-tu bel et bien été trop direct. Trop tard pour reculer, cela dit. Il est maintenant convaincu que tu connais la Gardienne, et quand bien même c'est vrai.. tu vas devoir le détourner de cette idée. Ca pourrait certes le rassurer quant à l'idée d'aller la voir au Phare mais.. mais non. Par sécurité, non, tu ne peux pas le laisser penser ça. Qui sait comment ça pourrait tourner ? Tu doutes que Lear puisse intentionnellement te causer du tort, mais la peur s'abat sur toi comme une pluie glacée.

personne ne doit être au courant
il faut que tu éloignes cette idée de lui

(il te faut au moins essayer)

Pourtant, comme il t'est difficile de tenir ta voix lorsqu'il suppose qu'elle a lu tous les livres, qu'il na rien de particulier, qu'elle n'a pas besoin d'être distraite. Qu'elle est bien entourée. Il te faut prendre une profonde inspiration pour ne pas secouer la tête et nier en bloc. Quelle enfant bien entourée accueillerait avec tant d'enthousiasme à un étranger venu frapper à sa fenêtre ? Quelle enfant n'ayant pas besoin de divertissements t'écouterait aussi attentivement raconter tes péripéties dans un hastérien approximatif ?

elle quitte à peine sa chambre
elle rêve encore de revoir sa famille
elle ne veut pas de ce rôle de souveraine

(et elle est si triste quand tu repars)
(comme si toutes les étoiles du ciel s'étaient éteintes)

« Haha du calme, je n'ai pas dit que je la connaissais personnellement.. et ce n'était qu'une suggestion. » te défends-tu faiblement en levant tes mains

Tu ne l'as pas dit, mais tu ne peux pas dire le contraire. Ce serait faux. Tu te demandes si la protestation sonne aussi peu convaincante à ses oreilles qu'aux tiennes. Trouvant soudainement cette rue bien trop peuplée pour le tour qu'a pris cette conversation, tu cherches des yeux un échappatoire. Un peu plus loin, une rue perpendiculaire à l'artère où vous vous trouvez semble prometteuse. Tu l'as déjà empruntée, tu sais comment rejoindre un lieu un peu moins fréquenté à partir de là.

« Mais si tu ne refuses pas.. que dirais-tu de parler de ça ailleurs ? J'ai un endroit en tête, si tu veux bien me suivre. » suggères-tu en prenant la direction de la rue

Posté au coin de celle-ci, tu jettes un regard à Lear tandis que Cyclamen vient vers toi, délaissant sa danse aérienne en compagnie d'Hysope. T'assurant que ta capuche est bien en place, tu attrapes le museau de ton masque pour le faire légèrement glisser sur le côté. Juste assez pour laisser voir un oeil, mais surtout ton sourire. Malicieux, comme si tu le mettais au défi de te suivre. Tu es sans doute un peu trop joueur pour ton propre bien, Céleste. Voilà qui contraste avec ta prudence dès qu'il est question de ton amitié avec Meg.

« Oh, et j'enlèverai mon masque.. si tu te décides enfin à me tutoyer. » ajoutes-tu, rieur, avant de disparaitre dans la rue perpendiculaire
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Mar 3 Juil - 15:58
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Les deux oiseaux virevoltaient tranquillement dans le ciel d’ébène, sous le regard satisfait de Lear, qui veillait pourtant à ce que son Pokémon ne devienne pas un véritable danger public. Il avait déjà failli démasquer son interlocuteur : c’était amplement suffisant. Aussi, lorsqu’il manqua de percuter un passant, le conteur lui adressa une remontrance qui pouvait paraître sévère, mais qui se perdit dans le vacarme de l’avenue. Il garda encore quelques instants ses yeux rivés sur son petit compagnon, jusqu’à ce que Songbird lui réponde, laissant échapper un petit rire plus gêné que franc, à l’image des mots qui suivirent. Ils sonnaient étrangement faux, ce qui fit sourire à demi le garçon. Quelque chose au fond de lui s’en voulait aussi de ne pas avoir été assez discret : il se rendait compte que c’était l’intention de départ du jeune homme avec lequel il conversait depuis maintenant une bonne dizaine de minutes…
Alors, il décida de jouer la carte de la naïveté pour ne pas plus déranger le coursier ; tandis que ses paroles transpiraient d’innocence, ses yeux, quant à eux, brillaient d’une étrange lueur, révélatrice et contradictoire :

« Oh, pardon. Je pensais que c’était quelque chose de plus sérieux » dit-il doucement.

Le monde alentour semblait grossir de plus en plus : c’était assez impressionnant à voir ; tous ces habitants, tous ces touristes… Aros était vraiment une ville immense, et Lear ne cessait de s’en rendre compte. Parfois, cette agitation permanente lui donnait du baume au cœur… Mais étrangement, cette fois-ci, il éprouvait un sentiment d’insécurité, petite gêne sourde que lui transmettait certainement son interlocuteur, qui, malgré ses belles paroles et son masque qui dissimulait toutes ses mimiques et émotions, semblait quelque peu nerveux.
Il jetait de temps à autres des coups d’œil discrets autour de lui, comme s’il s’assurait à chaque seconde que personne de suspect n’écoutait leur petite conversation.
Aussi, lorsqu’il lui proposa d’aller ailleurs pour poursuivre cette dernière, Lear ne fut pas surpris et n’y vit aucun inconvénient… D’autant plus que sa voix grave se perdait dans le brouhaha ambiant… Paradoxalement, elle lui permettait de se faire bien entendre lorsqu’il lisait ses contes, mais l'empêchait aussi parfois de s'exprimer clairement sans que ses mots ne disparaissent, mangés par les bruits de foule.

Songbird n’attendit pas sa réponse, ce qui déstabilisa un instant le conteur, resté en arrière tandis qu’il s’enfonçait dans la masse de passants pour rejoindre une ruelle annexe à cette jolie avenue pavée. Il semblait lui-aussi connaître la ville comme sa poche… Normal vu son métier. Lear réfléchit une fraction de seconde et décida de le suivre, malgré toutes les vieilles recommandations qui défilaient à cet instant dans sa tête, dont la plus célèbre et la plus répétée aux enfants : « Ne suis pas et ne fais confiance aux inconnus ».
Il décida donc de mettre tous ses doutes de côté et de pour une fois céder à l'inconnu : advienne que pourra.

Cyclamen, rappelée par son maître se montra obéissante et rejoignit son épaule. Hysope quant à lui, sembla perdu un petit moment avant de retrouver le conteur et de descendre en piquet vers lui : il avait décidément pris un peu trop confiance en lui sous cette forme :

« Hysope ! Ralentis, sinon ça va mal finir ! » lui cria-t-il un temps trop tard.

En effet, l’oiseau factice percuta de plein fouet la poitrine de son maître qui se cogna le dos contre la façade de la maison juste derrière lui, à l’embranchement de la nouvelle rue. Il eut un instant le souffle coupé, et massa comme il put sur son dos douloureux :

— Et voilà… » Maugréa-t-il enfin, avant de s’intéresser à l’état d’Hysope, encore sonné par le choc qu’il venait de subir. Il avait repris sa forme originale. Je te l’avais pourtant dit. Allez, ressaisis-toi, les forces vont très vite te revenir.

Gentiment, il le prit dans ses bras pour qu’il puisse se reposer et rejoignit d’un pas rapide Songbird qui l’attendait.
Ce dernier, soudain très joueur, retira légèrement son masque, laissant apparaître un œil et des lèvres étirées en un sourire malicieux. La première idée qui vint alors à l’esprit du garçon fut que la couleur de ses yeux était particulièrement jolie. Du bleu ciel, pouvant paraître froid dans la nuit, mais qui luisait pourtant chaleureusement. Mais cette réflexion fut bien vite balayée par la honte que le garçon ressentit lorsque Songbird établit son petit chantage sur un ton amusé et taquin. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que le rouge lui soit monté aux joues à ce moment-là.
Le conteur se mordit doucement la lèvre inférieure avant de glisser une main derrière sa nuque ; ses mèches quelque peu ondulées chatouillèrent sa peau blanche et délicate tandis qu’il répondait en un murmure qui manquait terriblement d'assurance :

« Pa-pardon… Je… C’est juste que… euh… Que je ne suis pas franchement habitué à tutoyer les gens… Son balbutiement disparut lorsqu’il s’aperçut que le coursier s’était déjà enfoncé dans le boyau sombre créé par l’espace qu’il y avait entre les deux bâtiments qui le bordait. Hé ! Attends-moi ! »

Ce ne fut qu’en trottant doucement derrière lui que le conteur se rendit compte qu’il ignorait vers où ils se dirigeaient. Mais en tous cas, plus ils s’éloignaient de l’artère principale, moins il y avait de monde, et ça, c’était vraisemblablement un point positif – ou négatif, cela dépendrait de la tournure des évènements. Le garçon était en tous cas sûr d’une chose : ils allaient enfin pouvoir parler plus franchement… Enfin, si son interlocuteur se décidait.

– Je ne suis jamais passé par là, je crois. Vou… Tu comptes m’emmener où…?
C’est drôle : parfois je me dis qu’Aros est un véritable labyrinthe. Des trésors la parsèment, mais il faut chercher un moment avant de tomber dessus… Je crois que j’ignore encore beaucoup de choses sur cette ville, ce qui est un peu honteux venant de ma part, moi qui habite ici depuis toujours… »


Il marqua une pose, levant les yeux et remarquant qu’ici, le ciel n’était plus qu’une bande noire piquée de jolis petits points lumineux. Les toits dévoraient le reste, leur obscurité éclipsant la douce lumière des étoiles.

– Tu es joueur, pas vrai ? Joueur, mais prudent. C’est un drôle de mélange. On dirait presque que tu aimes vivre dangereusement, je me trompe ? Il laissa échapper un petit rire.Par contre, tu sais, tu mens plutôt mal. Même moi, je crois que je suis meilleur que toi. »


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Jeu 2 Aoû - 20:07

aux 12 coups de minuit

too late to stop

tes mensonges ne trompent personne, Céleste
tu ne te savais pas si transparent

Lear a néanmoins eu l’obligeance de ne pas te le faire remarquer trop bruyamment. Tu lui en es gré mais ne le mentionnes pas pour l’instant, ton sourire s’élargissant pendant qu’il bredouille une excuse, te faisant savoir que tutoyer n’est pas dans ses habitudes. Sans doute ne descend-il pas dans les rues d’Aros bien souvent, auquel cas. Ou alors, pas les mêmes que toi. La ville n’est peut-être pas qualifiable de chaleureuse, mais dans les ruelles ombrages, la familiarité est de mise. La politesse devient alors un concept très diffus. On te tutoie d’entrée de jeu, quand on ne t’appelle pas carrément « gamin ».

pas que ça te dérange beaucoup
tu as connu nombre d'appellations plus déplaisantes

Confirmant tes suppositions, Lear t’apprend ne jamais être passé par là. Comme par la plupart des ruelles étroites et obscures d’Aros, supposes-tu. A-t-il pour habitude de s’en tenir aux lieux fréquentés ? Logique, puisqu’un conteur a besoin de public, mais ne même pas les utiliser comme raccourcis.. c’était pourtant une pratique courante.

Il demande où tu l’emmènes et tu restes confus un instant. Difficile de lui expliquer sans paraitre trop suspect si naviguer dans les petites rues ne fait pas partie de ses habitudes. Mais il enchaine sur une autre pensée, te laissant quelques secondes pour réfléchir. Aros est un labyrinthe parait-il. Tu hoches la tête, souriant: c’est ce que tu t’es dit à ton arrivée, ce que ne cessent de te confirmer les touristes que tu peux maintenant guider. Curieux, pour quelqu’un qui a vécu ici toute sa vie, de moins connaitre la ville que toi.

mais tu ne poses pas de questions
(pour qu’il ne t’en pose pas non plus)

« En arrivant ici, je me suis dit que cette ville était faite pour se perdre , admets-tu, Mais en se perdant correctement, on trouve des endroits pas mal. C’est dans l’un de ces endroits que l’on va. » réponds-tu tandis que vous montez un escalier de pierre

Cyclamen vole devant vous, devinant sans doute la destination. Vous n’êtes pas bien loin, à vrai dire. Malgré l’obscurité, tu te diriges presque instinctivement. A force de fuir les gardes par ces petites rues, il semblerait que tu les connaisses bien. Pas la meilleure façon de connaitre une ville, mais chacun fait comme il peut. Un instant, tu te dis que vous seriez mieux un peu plus haut. La vue serait dégagée.. mais tu n’emmèneras pas Lear sur les toits. C’est un coup à ce qu’il se fasse mal.

il trouve que tu aimes vivre dangereusement
et que tu mens mal, aussi

tu sais que nier serait inutile
alors tu te contentes d’un sourire

« Il parait que je flirte avec le danger plus souvent qu’il n’est sage, oui, concèdes-tu en lui jetant un coup d’oeil, et je ne mens.. pas. Ou pas souvent. Alors j’imagine que mon manque de pratique n’a rien de discret. » ajoutes-tu dans un haussement d’épaules

Tu es meilleur pour détourner l’attention que pour mentir directement, ça n’a rien de nouveau. Ralentissant le pas en arrivant dans la ruelle qui t’intéresse, tu invites Lear à te suivre dans le passage entre les deux bâtiments. Vous débouchez sur une cour à l’architecture un peu défraichie au milieu de laquelle trône une fontaine. Au milieu du bassin, en guise de décoration, trône la Dragonne d’Aros. Museau tourné vers le ciel et crinière décorée de pierres rougeoyantes volant au vent, le monstre apparait majestueux. Ce n’est pas une statue très détaillée. Sans doute pas la plus belle et clairement pas celle que tu montrerais aux touristes, mais comme la vaste majorité d’Aros, le monument est entretenu assez régulièrement.

« Il y en a de plus belles, mais je préfère celle-ci. » dis-tu en allant t’assoir sur le rebord de la fontaine

Cyclamen se pose sur la tête de la Dragonne sans un instant d’hésitation, ne manquant pas de te faire sourire. Elle a un culot monstre. Tu préfères ne pas l’imaginer rencontrant la vraie Nini. Loin des lanternes des rues fréquentées, cette cour laisse les étoiles se refléter sur l’eau. Passés quelques instants  la contempler, tu tournes la tête vers Lear.

il te tutoie difficilement
mais ça te suffit

tu défais les rubans
et ranges le masque dans ta poche

« Maintenant que nous sommes moins entourés, je peux au moins te dire que la Gardienne n’a.. rien à voir avec les érudits et leurs tendances hautaines. » pouffes-tu, moqueur

Si tu ne tentes plus de leur adresser la parole depuis que ce scribe a manqué de te poignarder avec sa plume, tu n’as rien oublié de leur comportement habituel. Meg n’est pas aussi inaccessible que se l’imagine Lear. Tu oses espérer qu’elle ne le sera jamais, quand bien même elle devra sans doute finir par entrer dans le rôle de Souveraine. Qu’elle le veuille ou non, aller contre le choix de la Dragonne n’est, il semblerait, à la portée de personne.

(l’idée te dégoûte)
(mais tu t’efforces de l’ignorer)

« Tu as clairement quelque-chose de spécial, un conteur n’attire pas un tel auditoire par hasard Lear. C’est pour ça que je suis convaincu qu’elle serait ravie d’entendre tes histoires.. Mais bien sûr ce n’est que mon avis. Et je ne suis que coursier. » ajoutes-tu en haussant les épaules

Ca sonne presque comme une défaite. Tu es coursier, criminel et étranger. Tu ne peux rien faire pour elle. Après ce long voyage, tes jambes sont trop fatiguées pour te permettre de grimper à sa hauteur et au moins lui souhaiter un bon jour. Quel piètre ami tu fais, Céleste. Mais sans doute vaut-il mieux reporter ta visite à demain que de l’annuler complètement avec une erreur lors de ton escalade du phare.

pour l’heure, il y a plus important
tes yeux se fixent sur Lear, presque inquiets

« Un coursier qui, si on te demande, ne sait rien de la Souveraine d’Aros. Qui.. qui s’imagine qu’elle a tout ce dont elle peut rêver et certainement pas de temps pour ce genre de divertissements. » t'empresses-tu d'ajouter

Tu te sens plus exposé que tu ne l’as été depuis bien longtemps. (ça a tout pour te déplaire) L’une de tes mains se crispe, arrachant un peu de la mousse de la fontaine, mais tu retiens de peu tes tremblements. Peut-être qu’avoir confiance en Lear était une erreur. C’est ce que te suggère le regard oblique de Cyclamen. Mais il avait deviné avant même que tu ne sois volontairement explicite. Alors, si tu chutes, tu pourras toujours dire que ce n’est pas qu’à cause de ton imprudence.

« Entendu ? »  ton murmure se perd presque dans celui de l’eau

@feat Lear Cel parle en #9399b1
Awful




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Merci Ney, c'est de toute beauté keur leur lov



Merci Yuki pour ce rappel (et le joli sprite), au cas où on aie un jour pris Cél au sérieux keur leur lov
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