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O laisse moi rien qu'une fois pousser la porte du jardin d'Esmeralda // ft. Dolorès

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Dim 12 Aoû - 20:47


ft. Dolorès L. Muñoz
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Enfin un peu de calme. Chaque voyage dont nous rentrions rendait Scémède un peu plus agréable à vivre. Et pour fêter ce grand retour aux sources, nous avions décidé de nous promener un peu dans un village. C’était après tout le rôle d’une future reine que de parcourir son pays pour faire un état des lieux, mieux comprendre et mieux mater— ahem, régler les problèmes auxquels pouvait faire face le peuple, s’imprégner de cette culture populaire et des arts de la plèbe…
 
Et puis rendre visite aux villageois était très amusant !
 
Nous nous sommes donc rendue à Artario. Nous avions toujours porté ce village dans notre cœur ; si il n’était pas fleuri et joli comme Bourg-Flora, il avait le mérite d’être animé et d’accueillir une gente venue des quatre coins d’Hastérion, si ce n’est plus loin. L’hiver, les habitants des contrées froides comme Aros venaient s’y réfugier pour bénéficier d’un peu de soleil, et l’été, les artistes déambulaient dans les rues, affichant leurs œuvres. A peine arriva-t-on que le son des instruments parvint à nos oreilles ; guitares et tambourins accompagnaient les danseurs autour desquels des passants curieux se réunissaient ; luth et lyre servaient de toile de fond aux récits drôles ou épiques des conteurs errants. Et, bien sûr, il y avait les étals de peintures et de sculptures à côté desquels des artistes plus ou moins connus figuraient, attendant d’attiser l’intérêt d’un client. Certains nous étaient familiers ; de grosses pointures ayant effectué des portraits ou statues des Canegli.
 
Nous aurions bien accroché un nouveau tableau de nous dans le palais… Lorenzo était un avide commanditaire en la matière. Or, il était hors de question que nous soyons moins représentée que lui. Nous guerroyions ainsi contre lui, ce à quoi il répliquait vilement en nous offrant un portrait – « Toi qui aimes donc tant poser » - vêtue d’une robe hideuse, d’un artiste douteux voire pire, en compagnie de Narcisse.
 
Ugh. Mieux valait éviter le portrait aujourd’hui, finalement. Et puis, nous voulions nous balader, pas rester assise à attendre durant des heures face à un canevas. Essayer de nouvelles choses !
 
Et ce fut une nouveauté qui se profila au détour d’une rue. Un peu plus obscure que les autres, mais assez large pour laisser passer un tel véhicule, elle renfermait une carriole. Celle-ci était ouverte et, si nous n’y voyions pas d’inscription particulière – lire n’était étrangement pas un passe-temps paysan – elle invitait le passant à entrer. Dehors, un Tiboudet docile se reposait à l’ombre.
 
« Qu’est-ce ? » nous demandâmes à nos suivants.
 
« Une carriole, votre Altesse. »
 
« Nous vous remercions, mais nous ne sommes pas encore aveugle. Est-ce une boutique ambulante ? »
 
« Elle appartient certainement à des gitans, votre Altesse. Ces gens proposent n’importe quel service au plus offrant, de la danse ou du massage le plus banal au plus douteux… lorsqu’ils ne se contentent pas de mendier. »
 
Reniflement méprisant de sa part. Nous n’avions jamais vu de gitan en personne ; mais leur réputation les précédait.
 
« Nous aimerions entrer pour en savoir plus. Un d’entre vous pourrait-il assurer ma garde, et les autres surveiller la carriole ? Narcisse nous accompagnera également. »
 
Nos gardes parurent vouloir protester, mais ne purent désobéir, puisque nous nous montrions prudente. Ainsi, notre escorte nous précéda, puis nous laissa entrer.
 
« Bonjour ? Y a-t-il quelqu’un ? Nous aimerions savoir ce que cette… échoppe propose. »
 
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Mar 14 Aoû - 13:37
C'était une belle journée aujourd'hui à Sémède. Le temps était comme Dolorès l'appréciait: chaud, ensoleillé, chantant. Ce matin là, elle avait prévu de faire une ballade dans la ville, avec son fidèle acolyte, Gringo. La gitane observa avec attention les marchandises qui étaient proposées au marché, les vins et bières que vendaient les taverniers, et les tissus que vendaient les couturières. Elle fut tentée plusieurs fois d'acheter ce superbe tissu rouge écarlate, mais la douloureuse vérité lui fit renoncer. Dolorès n'avait que très peu d'argent à l'heure actuelle. Dans les bons jours, elle pouvait se permettre de prendre des légumes frais au marché, une bonne bière chez le tavernier, et du tissu pour se confectionner de nouvelles parures. Parfois, elle achetait même des carottes pour Gringo. Mais aujourd'hui, Dolorès allait devoir se priver de tissu, et Gringo, de carottes.

Le midi, la belle gitane fit alors ce qu'elle savait faire de mieux: une soupe avec les quelques légumes qu'elle avait pu marchander. Ils étaient sales et parfois attaqués par les insectes, mais cela lui importait peu, tant qu'elle puisse manger. Femme au grand cœur, elle donna un bout de radis qu'elle tendit à son compagnon. Remuant la queue, il accepta son offre. Tous deux mangèrent au soleil, assis sur un tapis que la gitane avait étendu dans l'herbe, dans un coin de parc. Après le repas, éprise d'une poussée d'énergie, Dolorès joua avec son monstre. Il s'agissait d'une course, comme auraient pu le faire les enfants. Si les nobles pouvaient trouver ça immature et païen, Dolorès, elle, avait passé une heure à rire, et cela lui arrivait très peu souvent.

C'était pour cela que la princesse Canegli trouva le tiboudet allongé à côté de la carriole. Gringo s'était beaucoup dépensé en début d'après midi, et il était tellement fatigué qu'il n'avait même pas remarqué la présence de la troupe qui s'approchait dangereusement de son territoire. Oui, le poney considérait la carriole comme étant sien.

Dolorès était assise, là, sur cette vielle chaise en bois. Elle était entrain de relire son manuel de potion, que lui avait offert son amie la sorcière lors de leur séparation. Lorsqu'un homme pénétra dans son domaine, elle fronça les sourcils. Il n'était pas comme les autres. Il venait de la cour du Roi, c'était certain. Ses habits étaient bien trop propres, et ses armes bien trop visibles pour qu'il soit originaire de Sémède. La gitane imagina le pire: l'avait-on accusé pour un crime ? Ce garde était-il là pour l'amener avec lui, voire pire, l'exécuter ? D'instinct, la jeune femme posa sa main sur son poignard. Il était toujours près de son corps, bien caché par ses multiples parures. S'il tentait de l'amener avec elle, Dolorès était capable du pire: les gitan ne supportent pas de vivre enfermés.

Mais lorsqu'elle vit une jeune femme pénétrer dans sa calèche, elle se détendit rapidement. Vu son accoutrement et ses airs de petite fille pourrie gâtée, elle provenait de la haute bourgeoisie, ou même de la cour royale. Ce genre de personne ne se déplacent jamais pour une arrestation.

Dolorès se leva, et posa sa main sur l'une de ses hanches charnues. Elle leva un sourcil lorsque la jeune femme prit la parole. Soudainement, elle se rendit compte qu'une aubaine se présentait devant elle: la princesse n'était alors plus une personne, mais un gros sac rempli de pièces d'or.

- Bienvenue mademoiselle, dit-elle avec un air enjôleur appuyé fortement grâce à son accent. Cette échoppe, comme vous le dîtes, propose bien plus que vous ne le pensez.

Dolorès prit les devants, et s'approcha du garde. Elle savait qu'elle ne pouvait pas aller plus loin.

- Je peux prédire les victoires et les défaites, dit-elle en faisant rouler ses bagues sur ses doigts.

Ses yeux enjôleur se détachèrent du soldat pour se poser sur la princesse.

- Vous révéler si l'amour vous frappera...


Son regard se posa finalement sur l'hideuse créature qui accompagnait la jeune fille.

- ... Ou donner de la force à votre accompagnateur.


Dolorès esquissa un sourire. Si son charme opérait, elle avait de fortes chances de manger un peu plus qu'une soupe ce soir.

- Allons mademoiselle... Il y a bien une question à laquelle vous voudriez avoir la réponse... Ai-je tord ?


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Mar 14 Aoû - 22:17


ft. Dolorès L. Muñoz
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Lorsque nous entrâmes, une femme se leva, posant un livre. Sa silhouette se découpait nettement dans l’obscurité de la carriole ; elle avait le teint hâlé, les cheveux sombres, les vêtements colorés d’une habitante de Scémède, mais elle était bien plus grande et ses traits étaient exotiques. Son corset apparent et sa jupe rafistolée, de basse qualité, ne laissaient pas apercevoir bien plus qu’un bout de cheville, comme la décence l’exigeait, mais paraissaient atrocement près du corps, surtout lorsqu’elle posait une main sur sa hanche. Mais surtout, elle était recouverte de bijoux, qui cliquetaient lorsqu’elle se mouvait, sonnant creux à chacune de ses paroles, tandis que nos sautoirs, tiares et rubans de soie reposaient fermement à leur place. Elle prit la parole, d’un ton chantant et à coups de r roulés qui nous étaient familiers ; mais elle prononçait certaines lettres bizarrement, avait une voix chaude et suave, quand nous étions habituée à la voix claire et le ton limpide des nobles qui avaient appris à réciter plus qu’à parler.
 
Elle dirigea son regard doucereux vers nous.
 
« Vous révéler si l’amour vous frappera… »
 
Trop proche, et trop lointaine à la fois.
 
« Allons, mademoiselle... Il y a bien une question à laquelle vous voudriez avoir la réponse… ai-je tort ? »
 
Un frisson nous saisit lorsqu’elle prononça ces mots. Oui… il y en avait plus d’une, plus ou moins anodines. Et cette parfaite inconnue nous proposait de nous livrer des réponses à ces problèmes insolubles. Mais une question en particulier nous taraudait, nous avait obsédée depuis que nous avions posé pied dans cette carriole.
 
« Prédire les victoires ? » demanda notre garde, l’air émerveillé. « Y compris les victoires en amour ? Car voyez-vous, il y a cette dame, de très haute naissance, mais que j’aime beau— »
 
« Un peu de tenue ! »
 
« A-Ah, pardonnez-moi, votre Altesse ! J’aurais dû vous laisser parler la première. Par ailleurs, gitane, fais preuve de révérence et l’appelle pas mademoiselle. Et, euh, décline ton identité ! »
 
Nous regrettâmes de ne pas avoir pris avec nous le soldat certes réticent, mais méfiant. D’autant que pour l’heure, son respect de l’étiquette (quoiqu’un atout très sympathique) n’était pas notre priorité. Non, une question tournait dans notre tête, nous empêchait de nous détacher de son regard, nous laissait pendue à ses lèvres. Nous tremblions face à la réponse, même en tentant de maintenir une façade digne, ce que nous n'étions pas certaine de réussir.
 
« I-Il y a une chose que nous aimerions vous demander. » nous dîmes, d’une voix faible.
 
Nous devions le faire. Même si le risque était grand.
 
« Etes-vous… une sorcière ? »
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Jeu 16 Aoû - 19:35
Dolorès sourit: le charme avait opéré. Le soldat semblait avoir été prit dans sa toile d'araignée. La jeune femme vit monter un lui une pointe d'excitation, comme si il allait enfin avoir une réponse qu'il avait attendu toute sa vie. Lorsqu'il expliqua son problème sentimental, la brune arqua un sourcil. Ce n'était pas rare de voir des hommes poser ce genre de question. En vérité, ils étaient même beaucoup plus nombreux qu'on ne le pensait. Les femmes, elles, parlent avec leurs amies, leur famille des problème sentimentaux. Les hommes, plus réservés et fiers, ne peuvent pas se permettre de montrer leurs faiblesses. Alors généralement, ils vont voir une personne qu'ils ne connaissent pas, pour être plus ouvert et se sentir moins jugés. Et cette personne, c'était elle.

En revanche, elle fut surprise de voir que le garde avait prit la liberté d'afficher ses peines amoureuses devant la jeune fille qui l'accompagnait. Celui-ci devait vraiment être en attente d'une réponse pour réagir de la sorte... Alors qu'elle s'apprêtait à lui répondre, la fille aux cheveux roses lui coupa la parole en le remettant en place. Dolorès resta silencieuse devant cette scène. Lorsque le garde l’appela "Altesse", elle comprit enfin. La gitane était face à une princesse.

C'était pour elle une chance, mais également une malédiction qui avait pénétré dans sa carriole. Un seul faux pas lui serait fatal, et les gardes n'hésiterait certainement pas à l'exécuter là, dehors, comme un vulgaire monstre sous les yeux d'un Gringo impuissant. Il n'était donc pas question de la décevoir, et encore moins de la voler (même si elle devait transporter avec elle des richesses inestimables)...

Révérence ? Il n'en était pas question. La jeune femme sourit face à la remarque du soldat, battant des cils telle une gentille biche. Un gitan ne se soumet jamais à une autorité. C'était par ailleurs de là que leur mauvaise réputation avait commencé. Ils étaient des anarchistes.

- Mon nom est Lorna
, dit-elle en posant ses pupilles ambrées sur la jeune femme.

Il y a une chose que nous aimerions vous demander. La gitane plissa les yeux. Elle allait peut-être enfin manger quelque chose de décent, si elle arrivait à convaincre la princesse d'user de sa voyance. Mais lorsqu'elle lui posa sa question, la belle hispanique ne put se retenir de sourire. Cette question était bien féminine, presque candide. A croire que le statut de la gitane pouvait effrayer la princesse... Était-ce le cas ?

Elle étendit ses longs bras ornés de peintures et de bijoux, comme pour paraître plus accueillante, chaleureuse. Tout n'était que chaleur chez Dolorès, une chaleur sauvage et bestiale qui rendait par ailleurs souvent fou d'amour certains hommes. Mais ce genre de chaleur n'allait certainement pas faire l'affaire ici.

- Pour vous, je serais ce que vous désirez...


Sa voix était basse, posée. Son cœur palpitait, et son cerveau était en ébullition. Ce stresse n'était pas visible, mais il était pourtant bien présent. Elle espérait de tout cœur que son petit numéro allait marcher, et qu'elle allait pouvoir offrir un peu plus qu'un radis sale à son compagnon.

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Jeu 16 Aoû - 23:48


ft. Dolorès L. Muñoz
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Il fallait nous comprendre. Les sorcières étaient notre plus grande hantise. Une d’elles venait souvent nous rendre visite au palais et chacune de ses apparitions nous laissait tétanisée, quasiment prête à nous réfugier auprès de notre frère. Ce n’était pas parce que nous avions les cheveux rouges que la magie noire nous était familière ! Nous attentions avec appréhension la réponse de cette dénommée Lorna. Naturellement, nous ne nous attendions pas à ce qu’elle y réponde directement. Mais sa réaction serait un guide précieux – si elle ne nous attaquait pas directement avant de s’évaporer ! Fort heureusement, elle réagit bien plus naturellement. Si elle éluda la question, son ton, à la chaleur accueillante, ne laissa pas transparaitre le moindre stress.
 
Tout ce que nous désirions…
 
Nous réprimâmes un sourire satisfait. Si nous n’étions pas entièrement rassurée, ni convaincue d’ailleurs, nous étions tentée de mettre ses capacités à l’épreuve. Par curiosité, dans l’espoir d’affronter notre peur à la cour, peut-être. Il y avait tant de raisons possibles. D-dans le pire des cas, nous espérions qu’elle ne nous maudirait pas avant que nous ne puissions l’arrêter ! Etre changée en grenouille ou pire, en otarie n’était pas un sort très souhaitable…
 
« Comment refuser une telle offre ? »
 
Notre ton était confiant. Faire semblant était l’activité à laquelle nous étions la plus accoutumée ; elle ne saurait rien de nos cauchemars de sorcières et du battement effréné de notre cœur. Du moins… nous l’espérions.
 
Nous nous retournâmes vers notre garde. Celui-ci paraissait toujours aussi enthousiaste. Malheureusement, il devrait rentrer bredouille. Nous voulions nous entretenir seule à seule avec la gitane. Et puis, de toute manière, ce n’était pas une vagabonde si peu vêtue qui allait lui apprendre à faire la cour à sa dame.
 
« Nous ne risquons rien ici. Pouvez-vous rejoindre les autres ? »
 
« Ah ? Mais pourquoi donc ? » demanda-t-il, l’air déçu.
 
Nous détournâmes le regard, bredouillant quelques paroles embarrassées très claires, du type « c’est que, voyez… ». Il sembla saisir le message et, tout sourire, lança :
 
« Ooooooooooooooooooh, les secrets d’une dame ! Suis-je bête ! N’ayez crainte, votre Altesse, nous veillerons à ce que personne ne brise votre intimité ! »
 
Nous y comptions bien… il sortit, nous laissant seule dans une carriole close. Une lumière tamisée tombait des minuscules fenêtres sur la table, à laquelle nous nous assîmes.
 
« Si vous permettez. » nous dîmes poliment.
 
Ce faisant, nous lançâmes un regard en coin à la voyante. Que nous soyons seule désormais n’avait aucun impact sur notre sécurité ; elle connaissait notre rang et savait ce qui l’attendait si… si elle tentait de nous faire avaler un philtre empoisonné ou quelque chose du genre ! Enfin, elle n'irait pas bien loin.
 
« Nous espérons qu’il dit vrai. Surtout si vous prédisez des évènements désagréables. La cour en rirait d’avance. »
 
Nous dîmes cela comme une plaisanterie innocente, mais c’était une réelle inquiétude. La moindre rumeur courait vite, et nous espérions qu’aucune ne pourrait s’échapper de cet univers étrange et clos.
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Lun 20 Aoû - 15:13
Dolorès garda les bras tendus, l'espace d'un instant. Elle espérait que son tour de charme opère sur la jeune princesse. Et, en effet, ce fut le cas. Dès lors qu'elle accepta son offre, la gitane se redressa, et s'installa à l'arrière de son bureau. Le temps de ranger quelques affaires pour dégager un peu d'espace sur la surface, la belle leur tourna le dos, écoutant à moitié ce que le garde et la jeune fille se disaient. Tout ce qu'elle avait pu comprendre, c'était que le garde ne serait plus dans la caravane avec elles. Bien. C'était une bonne chose. Dolorès se sentait un peu plus à l'aise sans un homme réprésentant la loi dans son unviers.

- Faîtes attention à mon monstre, dit-elle par dessus son épaule avant que le garde ne descende de la calèche. Il peut être grognon si vous le réveillez.

Son regard glissa sur la princesse. Elle avait un léger sourire aux coins de ses lèvres. Après tout, Dolorès allait bien manger ce soir, et c'était grace à ses charmes. Au fond, elle se dit qu'elle aurait pu travailler pour des mercenaires. Etre infiltrée, mentir, déjouer des plans... La gitane était bonne à ces jeux.

S'assayant de l'autre côté de son bureau, la belle brune sorti un vieux paquet de carte, et les mélangea ensemble avec précaution. Les cartes étaient aussi vieille que la terre, et il fallait qu'elles restent en bon état pour parler correctement. Oui, les cartes parlent. C'était ce en quoi Dolorès croyait.

La gitane leva les yeux vers la princesse, amusée. Garder un secret ? D'origine, elle le faisait sans même qu'on le lui demande. Mais c'était encore un autre moyen de se faire de l'argent facile...

- Une fois, un noble est venu ici pour me poser une question. Vous savez ce que c'était ?

La belle remua la tête en faisant une légère grimace. Elle n'attendait pas vraiment de réponse à cette question. En faite, elle avait plutôt un plan en tête.

- Moi non plus,
enchaîna-t-elle. Il m'avait laissé une pièce en or qui brillait tellement que j'en ai perdu la mémoire. Peut être en avez vous une qui brille autant ?

Dolorès haussa un sourcil malicieux. Les cartes avaient été mélangés, et étaient posées en face d'elle. D'un geste gracieux et sensuel, elle passa une main dans ses longs cheveux ondulés. Son regard de braise se planta dans celui de la princesse.

- Quel est votre nom ?



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Mer 22 Aoû - 0:04


ft. Dolorès L. Muñoz
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Lorsqu’elle nous demanda qui était, selon nous, la personne venue lui poser une question, notre premier réflexe fut de passer en revue les personnalités et rumeurs que nous connaissions. Mais elle nous surprit en laissant entendre le prix à payer pour son silence. Ah… évidemment.  En soi, payer ne nous posait pas problème ; ce n’était pas des dépenses d’Etat, non plus ! Et mieux valait perdre injustement si cela permettait d’afficher notre fortune. En revanche… que lui confier ? Lorsqu’il s’agissait de les donner à d’autres personnes, tous nos bijoux (qu’on ne portait jamais) gagnaient une valeur terriblement sentimentale… Oh, mais bien sûr, nous avions une excellente idée ! Nous soutînmes son regard, esquissant un petit sourire de convention.
 
« Nous sommes la Princesse Euridice de Scémède, sœur cadette du roi Lorenzo. »
 
Nous passâmes nos mains derrière notre tête et retirâmes le foulard que nous portions. Outre le tissu, il portait une perle de belle taille que nous avions trouvée à la suite d’un combat. On l’avait transformée en accessoire, mais il ne nous avait jamais vraiment plu – ce n’était pas quelque chose de précieux, après tout, nous n’avions fait que le trouver et il nous rappelait de mauvais souvenirs. Notre chevelure rousse retomba sur notre dos et la chaise. Nous tendîmes le foulard à la gitane.
 
« Veuille bien nous excuser, nous avons peu de monnaie sur nous. »
 
C’était sincère, mais nous avions l’impression étrange de dire quelque chose de faux. Nous espérions au moins que cette perle aurait la valeur de notre réputation à ses yeux ; au moins suffirait-elle à lui donner de quoi partir loin de Scémède, emportant ses secrets (et, le cas échéant, sa sorcellerie. Brrr !). Et puis, ça lui siérait toujours bien ; elle semblait aimer les tissus volants…
 
Les cartes étaient alignées devant nous. Curieux, Narcisse levait la tête, se hissant sur ses nageoires, pour voir. Tapotant sa tête, nous lui indiquâmes de rester calme.
 
« Que peux-tu voir, Lorna ? Nous sommes curieuse. Saurais-tu, par exemple, nous dire d’où provient cette perle ? Ou ne peux-tu présager qu’un avenir incertain ? »
 
Nous n’avions que faire de perdre notre temps ou notre argent, c’est là le rôle des dames. Mais nous étions joueuse. C’était un pari dans lequel nous n’avions pas grand chose à perdre, et beaucoup à gagner. Nous comptions simplement la tester un peu, avec la méfiance due aux personnes qui marchent un peu trop près des chemins occultes. Du moins pour le moment.

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Sam 25 Aoû - 14:04
Dolorès croise les bras sur sa poitrine, faisant ainsi gonfler ses seins déjà bien imposants. La princesse l'amusait beaucoup. En revanche, son compagnon blanc était hideux. Mais Dolorès se retint de dire une remarque. Après tout, il s'agissait d'une personne de la cour, et il ne fallait pas contrarier ces gens là.

Elle fit rouler ses bagues entre ses doigts lorsqu'elle entendit le prénom de la princesse. C'était joli. Elle faisait fi du reste: peu importait d'où elle venait, et qui était son père. Cela ne changerait pas le tirage. La belle baissa les yeux quelques secondes, comme si elle réfléchissait à quelque chose.

- Euridice... Mumura-t-elle pour elle.

Lorsqu'elle se ressaisit, Dolorès saisit ses cartes, et les mélangea de nouveau. Pour éviter de tromper le destin, il fallait que les cartes soient dans un ordre totalement aléatoire. Mais lorsqu'elle vit le foulard orné de cette belle perle, la gitane fut littéralement hypnotisée par celle ci. Elle déposa ses cartes avec lenteur, et posa ses longs doigts sur le bijou. Dolorès savait que la princesse mentait. Une personne de si haute importance se ballade toujours avec ses coffres d'or. Mais peu importe, cette perle était bien plus jolie qu'une pièce dorée...

La créature blanche s'approcha de son bureau, et Dolorès posa un regard noir sur la bête. Elle n'avait pas intérêt à lui baver dessus. Rangeant tout d'abord la perle dans un petit coffre, la gitane retourna s’asseoir derrière son bureau, amusée par l’intérêt de la princesse.

- Ca ne marche pas comme ça, princesse, fit-elle remarquer. La perle provient certainement d'un monstre marin. Ma grand-mère en portait une qui y ressemblait. Le monstre était appelé coquiperl.

La belle haussa un sourcil, un léger sourire en coin.

- Mais ça, ce n'est pas les cartes qui me l'ont dit. Les cartes répondent simplement à des questions.

La gitane étala les cartes face cachée de manière aléatoire sur le bureau. Elles étaient assez grosses, et prenaient beaucoup de place.

- Posez votre question, Euridice. Pensez y jusqu'au fond de vos entrailles. Et lorsque vous êtes prête, retourner une carte.


La brune hocha la tête. Elle s'était permis d'être un peu plus familière avec la princesse. Après tout, elles n'étaient pas dans sa château, mais dans sa demeure.


Tirage de carte !:
 
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Lun 27 Aoû - 23:17


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« Ca ne marche pas comme ça, princesse. »
 
Hmpf. Comment étions-nous censée le savoir ? En tout cas, elle ne semblait pas être possédée par un démon quelconque lui permettant de tout deviner immédiatement. C’était assez rassurant, même si la perspective d'être changée en grenouille nous empêchait toujours de reprendre ses manières. Ainsi, seule une question nous permettrait d’obtenir un éclaircissement. Mieux valait la choisir soigneusement.
 
La gitane disposa les cartes devant nous, retournées. Impossible de savoir laquelle correspondait à quoi ; et en matière de cartes, nous étions de toute manière plus habituée à celles de jeu. On nous demanda de poser une question. Nous eûmes un court instant d’hésitation ; allions-nous demander ce que nous désirions vraiment savoir immédiatement ? Non… il était trop tôt, et nous avions tout le temps et tous les moyens du monde. Un sourire innocent aux lèvres, nous demandâmes :
 
« Difficile de choisir. Voyons si une question de guidance fera l’affaire… »
 
Nous n’avions qu’une chose à faire pour cela, rebondir sur ses propositions triviales de départ. Cela promettait d’être amusant ! Ou du moins, pas trop effrayant.
 
« Puisque c’était si gentiment proposé… que devons-nous faire pour qu'un amour réciproque nous frappe ? »
 
La question était plutôt « quand un prétendant convenable se présenterait-il enfin », mais elle manquait de romantisme. De mauvaises propositions et des cœurs brisés, nous en avions assez à notre actif, et ce n’était pas le bon moment pour fréquenter quelqu’un… mais soit, il ne serait pas déplaisant de savoir quand et comment le prince charmant nous trouverait, régner seule serait bien ennuyeux. Si nous nous étions vite plongée dans des affaires bien plus sérieuses et savions comment trouver le meilleur parti pour notre rang, nous avions été élevée aux contes de fée, après tout.
 
Nous choisîmes notre carte.
 
Malgré nous, nous eûmes du mal à nous concentrer sur la question comme elle nous l’avait demandé. Les yeux clos avec toute la force dont nous étions capables, poings serrés, nous tentions de chasser de notre esprit les questions futures et les craintes d’événement occulte qui parasitaient notre esprit. Pas maintenant. Le prince charmant, Euridice, pensons à un prétendant de haute naissance et beau et galant et doué au combat et prêt  à se battre pour nous et que même notre frère accepterait même si ça l'ennuyait et qui nous offrirait un Caninos et qui ne poserait pas trop de questions sur nos plans d’assassinats et ne grimacerait pas quand nous commandons une énorme pièce montée pour le dîner. Etait-ce penser assez fort ?


Je crois en l'âme des cartes !:
 
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Sam 1 Sep - 13:39
Dolorès avait les mains croisées sous son menton, les coudes posés sur le bureau. La façon dont Euridice avait de se tenir, l'amusait beaucoup. Il fallait dire que la princesse vivait dans un monde complètement différent du sien. Elle avait du être élevé par cinquante nourrices, et Dolorès imaginait son enfance douce et enveloppée dans un tissu de supériorité. Selon la théorie de la gitane, le princesse a grandi en apprennant qu'elle était la reine du monde, et que personne ne pouvait l'atteindre. Elle sourit. Oui, leur univers était différent. Dolorès, elle, a grandi dans une famille tellement nombreuse que la consanginité n'était pas rare. Elle a apprit à se battre dans la boue, et non dans une salle d'escrime. Elle avait apprit à se débrouiller seule. Voir la princesse être assistée de plusieurs gardes, la faisait gentiment rire. Même si Euridice était une femme de haut rang, elle n'en restait pas moins une gamine pourrie gâtée.

Ces pensées négatives et péjoratives, Dolorès les garda pour elle. Elle se contentait juste d'avoir cet air détaché, et à la fois très sensuel. Mais lorsque la femme rousse posa sa question, la gitane haussa un sourcil. Une question sur l'amour... Ce n'est pas étonnant, de la part d'une femme. En revanche, ça l'est un peu plus de la part d'une princesse. Enfin, Dolorès n'avait jamais tiré les cartes d'une personne si haut placée dans la société. Elle n'avait pas de point de comparaison, mais se dit simplement que Euridice restait une femme avant tout, avant d'être un rôle politique. Et ça, la gitane l'avait presque oublié.

Dolorès jeta un oeil sur la carte mentionnée. Elle posa ses doigts fins et gracieux sur celle-ci, et la retourna. Il y eut un silence de quelques secondes.

- Intéressant, souffla-t-elle.

La carte retournée était celle du chariot. Selon la lecture de cette carte, elle pouvait signifiait beaucoup. Le chariot est synonyme de voyage, de transports et de mouvements. Mais de manière plus métaphorique, le chariot signifie la progression, la forte personnalité ou encore, le succès grâce aux efforts. Cette carte associée à la question d'Euricide, faisait sens pour la gitane.

- C'est le chariot, dit-elle. Cette carte signifie votre passé. Elle dit que votre personnalité a été testée, et que vous avez plus tendance à protéger vos propres intérêts et votre ego. Cette lutte vous a renforcé, et vous avez certainement dut avoir beaucoup de prétendants.

Dolorès marqua une pause. Elle pencha la tête et planta son regard ambrée dans celui de la princesse.

- Mais pas le bon, je me trompe ? Demanda-t-elle.

Dolorès n'avait pas peur de ces révélations. Elle savait que les cartes ne mentaient jamais. C'était en ce jeu, qu'elle avait foi. Le destin existe pour elle, et les cartes étaient des messagères puissantes.

- Choisissez une autre carte. J'ai hâte de voir la suite.

La belle eut un sourire malicieux. C'était rare de lire l'avenir amoureux d'une princesse.


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Dim 2 Sep - 16:30


ft. Dolorès L. Muñoz
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L’image sur la carte que nous avions tirée nous paraissait un peu obscure ; c’était une sorte de char tiré par deux Galopa. Elle était ornée d’un grand VII. 

« C’est le Chariot. »

De toute évidence c’en était un, mais nous ignorions exactement ce qu’il signifiait. Il représenterait notre passé. Cette remarque nous parut assez audacieuse ; ainsi, ce jeu prétendait pouvoir lire des évènements passés… or si on pouvait broder l’avenir, deviner des certitudes était bien plus dangereux pour un escroc. Nous nous attendions à ce qu’elle se trompe. 

Mais ce ne fut pas le cas.

Elle devina juste, décrivant exactement notre situation. Sur le moment, cette exactitude nous effraya. Avait-elle vraiment des pouvoirs maléfiques ? Non… il était aisé d’imaginer une princesse avoir un certain nombre de prétendants (surtout nous). Nous ne poserions pas la question non plus si nous avions trouvé un fiancé adéquat… 

« Tu ne te trompes pas. » nous admîmes à contrecoeur. 

Non, c’était ses premières remarques qui nous avaient perturbée. Et vexée. La réputation (tout à fait mensongère et ridicule) de notre famille auprès de nos détracteurs auraient-ils atteint les oreilles d’une voyageuse ? Ou bien lisait-elle réellement nos intentions ? C’est qu’en rendant visite à une gitane, en faisant sortir nos gardes et en donnant gracieusement une pierre précieuse en guide de paiement, nous n’aurions pas pu lui donner l’impression que nous protégions nos intérêts. Nous feignions l’innocence, après tout. Ce qu’elle disait ne coïncidait pas avec cette façade… plutôt la réalité. C’était assez effrayant.

Mais nous devions prendre du recul. Une réponse juste pouvait avoir son importance… ou être une simple coïncidence fortuite. Il nous restait des cartes à tirer. Peut-être deux, pour le présent et le futur ? Le cas échéant, nous verrions si notre second tirage révèlerait l’état actuel des choses. Celui-là, nous pouvions le connaitre aussi… si notre entourage ne nous cachait rien. Second test.

« C’est remarquable., nous commentâmes, retrouvant notre sourire amusé. « Tout cela grâce à de simples cartes… vous voyez que vous pouvez lire le passé, au final. »

Nous baladâmes notre main au-dessus des cartes restantes, hésitant un peu. Nous supposions qu’il fallait laisser notre coeur choisir. Nous n’avions aucune idée de ce qu’elles dissimulaient ; ce jeu nous était après tout inconnu. Sans les paroles de Lorna, elles n’étaient que de jolies cartes aux dessins colorés, ornées d’un énigmatique titre et associées à un numéro. Difficile de ne pas se prendre au jeu malgré nous ! D’autant que la question, quoique puérile, pouvait révéler des vérités et prédictions intéressantes. Encore une fois, nous étions une dame.

« Voyons à quoi le passé nous mène. »

Nous stoppâmes brusquement notre mouvement pour poser notre doigt sur une nouvelle carte.

« Celle-ci !  »

Et nous la retournâmes. 


La prédiction sera-t-elle juste ?:
 
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Mer 5 Sep - 13:59
Dolorès avait gardé son doigt posé sur le chariot. Ses yeux se posèrent sur la princesse, en attendant sa réaction. Elle avait confiance aux dires des cartes, et lorsqu'Euridice confirma ce qu'elle avait analysé, cela ne fit que renforcer sa foi dans les cartes. Elles ne mentent jamais.

- Vous êtes une belle femme, souffla-t-elle avec un regard aguicheur. Les cartes aussi, le savent.

Dolorès retira son doigt du chariot, et posa un œil attentif sur la princesse. Elle était l'incarnation du luxe. Ses parures étaient faites mains par de grands artisans, et sa robe avait certainement été cousue par la plus grande des couturières. A côté d'elle, Dolorès ne valait rien. Mais comme lui avait appris sa grand mère, il ne fallait jamais juger sans connaître. Après tout, Dolorès avait bien des talents qu'Euridice n'avait pas... Et inversement.

- Ce ne sont pas de simples cartes, répondit-elle. C'est la carte que vous avez choisi. Voilà pourquoi elles vous décrivent. Elles ne se trompent jamais.

Voyons à quoi le passé nous mène répondit la princesse. Et lorsqu'elle retourna sa carte, Dolorès arqua un sourcil. Un frisson lui parcourra tout le dos, et des picotements entre ses jambes leva les coins de ses lèvres. A croire que cette carte était liée à la gitane.

- El diablo, murmura-t-elle, les yeux rivés vers la carte retournée.

Ses prunelles se relevèrent vers la princesse. Le diable était la carte liée à des émotions fortes: la colère, la jalousie, la violence. Ceux qui retournent la carte du diable étaient souvent des personnes dans une grande illusion, comme possédés, ou alors, des personnes d'un grand égoïsme. Le diable caractérisait Dolorès. Mais apparemment, elle caractérisait la princesse également. Elle se racla la gorge, et reprit:

- Vous êtes dans une situation à partir de laquelle vous ne pouvez échapper, ou prise dans une route menant à un avertissement. Il y a un piège au bout de cette route Euridice. Je ne connais pas le piège, ni l'avertissement.

Dolorès baissa les yeux sur la carte, pensive.

- Le diable ne prédit pas nécessairement le malheur, rassurez vous. Elle indique juste la nécessité de la prudence. Pour votre question, le diable vous indique qu'il vous faut rester prudente, pour le moment.

La gitane hocha la tête. Le diable pouvait dire beaucoup de choses, mais pas dans cette situation. Si Euridice avait choisi cette carte, c'était qu'il fallait qu'elle soit averti d'un possible changement dans sa vie.

- Prenez en une dernière. Elle sera la prédiction de votre futur.

Dolorès retint son souffle. Elle s'investissait beaucoup dans chaque tirage de carte qu'elle faisait.


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Sam 8 Sep - 23:38


ft. Dolorès L. Muñoz
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 « Oh ! C’est… »

La seconde carte que nous tirâmes fut bien plus évocatrice dans son dessin. Le diable. Nous fronçâmes les sourcils. Etait-ce là un mauvais présage ? Mais cette carte évoquait le présent. Eh bien, nous ignorions que notre situation amoureuse était si désastreuse. A moins qu’il n’ait une connotation sulfureuse…

« El Diablo. »

… à l’image de celle qui nous faisait face. Ses compliments n’avaient rien d’une politesse de circonstance, n’obéissait à aucune étiquette. Le genre de femme à ne rien posséder, mais sachant obtenir ce qu’elle voulait en faisant tourner les têtes que nous faisions couper. Même nous, nous nous sentions rougir. C’était drôle, cet effet qu’elle faisait à de parfaits inconnus, elle qui pourtant n’était rien de plus qu’une gueuse. Nous ne perdions pas de vue se vêtements miteux, sa carriole plus petite que la niche du moins important chien du palais, les babioles qui la paraient, mais ses paroles, ses gestes, son ton auraient pu vous les faire oublier. Le genre de personne à avoir une aura chaleureuse… 

Comme les flammes de l’Enfer.

Et nous ne nous y brûlerions pas. Ne nous conseillait-elle pas d’être prudente ? Nous nous méfiions toujours de la sorcellerie. Mais peut-être pouvions-nous surmonter cette crainte de l’occulte un instant. Ce jeu était après tout très amusant.

« La prudence, dis-tu… il est vrai que nous devrions faire attention. Ce genre d’affaires de cour pourrait rapidement tourner mal. »

Nous grimaçâmes en prononçant ces mots. Après tout, l’amour, quel qu’il soit, n’était rien de plus qu’un jeu, un contrat. Nous levâmes les yeux vers notre interlocutrice. En avait-elle seulement conscience ? Peut-être ne jouait-elle pas selon les règles. Ces gens étaient bien définis par leur liberté, après tout. Ne venir de nulle part, errer sans ambition… c’était un destin bien triste. Une chose que nous devions partager, cependant, était l’incertitude des lendemains. Ne pas parler à la bonne personne, être là au mauvais moment pouvait nous coûter la vie autant que l’absence de paye à la fin d’une journée ou une attaque de bandits sur les routes pouvaient abréger la sienne. Et nous détestions laisser les choses au hasard.

« Et voilà la troisième.

Et nous commencions, en la tirant, à espérer que les cartes ne mentent véritablement pas.



L'avenir amoureux d'Euridice est une priorité nationale.:
 
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Dim 9 Sep - 16:59
Lorsque la troisième carte fut retournée, Dolorès haussa un sourcil, agréablement intriguée. Beaucoup aurait aimé que la carte de leur futur soit d'aussi bon présage. Cette carte était celle qui représentait le changement, la nouvelle direction, ou de manière générale, la destinée. Mais elle était aussi synonyme de bonne chance, et comme les cartes ne mentaient jamais... Dolorès était certaine que dans le futur de la princesse, de bonnes choses allaient se produire.

- Voilà qui va certainement vous ravir, souffla-t-elle en se penchant sur la table, faisant ainsi gonfler sa poitrine.

La belle gitane pencha la tête sur le côté, et se mordilla la lèvre. Elle semblait chercher comment interpréter cette carte, en fonction de la situation d'Euridice.

- C'est la roue de la fortune. La symbolique des cycles de la vie, des débuts positifs et fragiles.

Dolorès leva ses yeux félins vers la princesse. Ses longs cils venaient allonger son regard fougueux.

- Vous allez rencontrer quelqu'un, c'est certain. Pour lui, vous allez être prête à changer vos façons de penser, parce cet homme en vaudra la peine. Et parce qu'à ses côtés, vous serez une meilleure personne.  

La gitane se redressa, et en passant un rapide coup de main sur le bureau, elle ramassa les cartes qu'elle se remit à mélanger. Le regard fuyant vers la princesse, Dolorès sourit. Elle adorait ce suspens qu'offrait la lecture des cartes. Même si son métier était compliqué, elle l'adorait, le vénérait même.

- Avez vous trouvé une réponse dans les cartes Euridice ? Demanda-t-elle mielleusement. A moins que vous êtes venus jusqu'à moi pour un autre raison ?

Elle haussa un sourcil. A vrai dire, Dolorès était toujours partante pour une partie de jambe en l'air, quel que soit son partenaire. Les seules conditions étaient que la gitane devait toujours avoir le contrôle, et ne jamais être soumise. Evidemment, il fallait que son partenaire soit séduisant, mais Euridice faisait très bien l'affaire. Contrairement aux autres hommes et femmes que la gitane pouvait connaître, la princesse avait la peau qui ressemblait à de la porcelaine: blanche et propre.
Pour ne rien cacher, Dolorès aurait bien aimé se vanter d'avoir pu forniquer avec une personne de la haute bourgeoisie.


Résultat du tirage:
 
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