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Un Mardi ordinaire [flashback] ft. Amarante

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Sam 22 Sep - 2:30
C'était une matinée printanière des plus belles. Le Soleil se levait à peine, et la couleur rosée du ciel avait motivé les oiseaux à chanter. Ce superbe spectacle son et lumière naturel perça les rideaux translucides de la grande fenêtre de la chambre de Marigold, la réveillant en douceur, comme à son habitude, aux aurores. Une belle journée s'offrait à elle, tandis qu'elle se débattait pour se délivrer de ses draps, ridiculement lourds. A mi-assise sur son matelas à plumes, elle s'étira longuement, prête à littéralement attaquer la vie.

Une courte toilette lui suffirait, il n'y avait aucun intérêt à tarder dans la salle d'eau alors qu'elle avait pris la peine de se coucher avec les Poussifeu et de se lever de bonne heure. Le visage correctement débarbouillé, ses longs cheveux d'argent peignés et attachés, un peu de maquillage, mais pas trop, pour ne pas être vulgaire - une simple mouche près de son œil, elle était fin prête à s'habiller.
Avec parcimonie, elle choisit un ensemble parfaitement assorti, élégant, dont le prix aurait sûrement servi à nourrir un village entier pendant un mois, tout en prenant soin de ne pas porter de vêtements trop handicapants. Au diable les traditionnelles robes portées par les femmes de Scémède ! Si elle adorait les porter les jours de fête pour montrer sa beauté, aujourd'hui était un jour d'action, qui nécessitait alors le port de la culotte, comme les hommes.

Enfin, elle était prête. Ou plutôt, presque prête. Il ne lui manquait plus que son arme fétiche, qui dormait chaque nuit près d'elle sur sa table de chevet, une cravache qui commençait à être bien malade à force de frapper Galopa comme domestiques désobéissants, ou encore quiconque lui manquait de respect. Elle s'en saisit, prête à commencer sa longue liste de responsabilités.
En poussant la porte, malgré quelques servantes qui s'affairaient, les couloirs lui semblèrent bien vides. Cette impression persistait depuis le départ des aînées, jeunes mariées. Elle se dirigea vers une chambre non loin de la ses quartiers, assez similaire à la sienne, bien que trop grande et belle à son goût par rapport à la sienne.
A l'intérieur de la pièce, aucun bruit. On entendait presque davantage le gazouillis des Nirondelle que la personne qui y logeait. L'explication se révéla évidente lorsque Marigold rentra. Dans cette chambre quasiment vide, un grand lit à baldaquin siégeait en plein milieu. Sur les oreillers et couvertures blanches, elle put distinguer une masse de cheveux noir de jais. Elle joua nerveusement avec la cravache, montrant ainsi son agacement. Evidemment que le jeune homme dormait encore à une heure pareille : il avait probablement passé toute la nuit dernière à bramer dans les bars mal-famés du village de Whiterun avec ses amis troubadours. Cette excuse ne vaudrait rien pour la jouvencelle. Il était tout bonnement inacceptable de ronfler à une heure où même les Ronflex vivaient pleinement leur vie.
Ainsi, il ne mériterait pas un réveil classique, chanté par un oiseau, par une trompette, ou gentiment secoué par l'épaule. Marigold s'approcha de la silhouette assoupie avant de se jeter dessus, lui assénant le coup de cravache de sa vie en pleine figure.

AMARANTE, LEVE-TOI, TIRE-AU-FLANC !
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Mer 26 Sep - 21:06
C'était une matinée printanières des plus banales. L'astre diurne, à peine debout, et déjà si puissant, et si ardent, ainsi que ce filtre rose, parsemant les cieux, avaient motivé ces maudits êtres volants à chanter. Cet horrible scène, qui, d'ordinaire, aurait plut à notre barde, le perturbait, pour l'heure. Ses rideaux trop peu épais, comme les vêtements d'une fille de joie, ne cachaient rien, et laissaient tout passer. Agacé, d'avoir été forcé à se réveiller si tôt, Amarante se réveilla, et emprisonna la grande fenêtre de sa chambre, d'un sombre linge. Une belle nuit s'offrait à lui, tandis qu'il glissait sous la couverture, l'esprit apaisé, le corps prisonnier de la douce et légère couette. Complètement étalé sur son lit, il s’endormit profondément, prêt à littéralement, courir après ses rêves.

Tout se passait pour le mieux. Dans ses songes, ils poursuivaient son aventure nocturne de plus tôt. Il chantait, il dansait, il faisait le spectacle, et finissait dans des bras féminins, oui. Un rêve, ou plutôt, un souvenir agréable, qui repassait en boucle. Puis, ce qui devait arriver arriva, mais je ne puis vous le décrire. Passant sa nuit dans un élan de passion, et de désir, Amarante devait déjà rentrer, afin de se reposer. Il était tôt, trop tôt. "A cette heure-ci, on se levait, on ne dormait pas", dirait Marigold. Mais pour l'heure, il dormait, et bien. Tout allait donc pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles.

Oui, vraiment tout. Jusqu'à ce qu'une intense douleur ne vienne tirailler la face de notre barde favoris, accompagnée par une voix forte, et puissante. Réveillé, il l'était, nuls doutes. Agacé ? Passablement, mais il ne pouvait le montrer à l'autrice de cet acte odieux, à savoir, sa très chère sœur. Le visage chaud, et probablement marqué, l'héritier Whiterun s’assit, tel un piquet dans son lit, avant de répliquer:

-Quelle idée d'ainsi réveiller son frère bien aimé. Ma chère Mari, tu pourrais être plus douce, comme nos sœurs l'étaient !

Il laissa retomber son buste en arrière. Le tout s'écrasa sur le doux matelas. Un soupir s’éleva de la literie, elle ne le lâcherait pas, il devait se lever. Amarante roula sur le côté, et sortit du lit de façon... plutôt spectaculaire. Les deux pieds au sol, il fixa sa sœur.

-Me voilà, tout à votre disposition, Mademoiselle.

Sarcastique, et ironique. Il savait énerver sa douce sœur. Sous le regarde de plomb de Marigold, l'acrobate passa quelques vêtements, bâilla une bonne dizaine de fois, et fit craquer sa nuque. Bien, il était prêt. Son long manteau ouvert le protégerait des rayons de soleil, avares de peau à brûler, mais permettrait une bonne aération. Son pantalon de sortie, lui offrirait une mobilité correcte, et protégerait bien sa peau, en cas d'incidents, et son arme sur le dos... lui servirait sûrement, au cas où. Il était totalement prêt.

-Et bien voilà, Mademoiselle. Je suis autant prêt que tu l'es. Par quoi commençons nous notre journée, Soeurette ?


Encore une pique envoyée à sa cadette, ah, quel vil scélérat, ce barde. Elle détestait cette appellation, et il le savait, mais ne se privait, pour autant, pas de l'utiliser.






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Lun 8 Oct - 21:31

Plus réactif que n'importe quel canasson, le bougre se leva en un instant, la marque rouge laissée par la cravache aussi visible que si le fouet n'avait pas quitté son visage, une véritable empreinte. Malgré son air choqué et agacé, il sourit, certes un sourire narquois, pour saluer sa grande sœur, non sans lui-même lui asséner un coup, non pas de chambrière, mais à l'aide de ses mots. Oser reprocher la discipline dont elle faisait preuve en appelant ça de l'agressivité, et pis : la comparer à ses aînées auxquelles elle était encore très attachées, et dont la présence lui manquait. Elle voyait toujours Lily comme son modèle, sur un piédestal doré, comme si elle avait été parfaite, un but inatteignable. Parfaite, elle l'aurait été si elle n'avais pas eu la bêtise d'accepter d'offrir ses hanches à un riche noble de la contrée voisine. C'était bien l'erreur que Marigold refusait catégoriquement de faire. Pas question de dépendre d'un homme, ni même d'être soumise aux hommes comme les autres femmes de Scémède. Elle se savait supérieure au soi-disant sexe fort et allait le prouver une fois de plus en ce jour, en affrontant Amarante.
D'un seul ample mouvement, ce dernier se jeta sur ses solides jambes, et se proclama prêt à partir, encore dans ses vêtements de chambre. Si cela fit hausser un sourcil à sa sympathique compagne de jeu, il ne la mit pas en retard, puisqu'il se prépara en dix fois moins de temps qu'elle. Il lui suffit de quelques étirement, puis d'enfiler un manteau, avant de se positionner devant la porte. Son manque d'hygiène ne manqua pas de faire grimacer puis grogner la jeune fille. Comment pouvait-il se plaindre d'être traité de clébard s'il se comportait comme tel ? Il aurait au moins pu se passer un peu d'eau sur le visage... Mais non; sur celui-ci, on lisait encore les évènements de la nuit dernière, entre ces cernes démesurés, et un teint pâle, même pour lui. La simple image de son frère riant et se saoulant avec ses camarades musiciens fit grincer des dents l'adolescente.

Elle était déjà au bout de sa patience lorsque celui-ci lui demanda le programme de la journée. Une phrase innocente, somme toute, quand on ne connaissait pas par cœur le ton sarcastique du jeune homme. Il allait regretter de faire son malin, puisque ce jour là, une fois de plus, il allait être question de l'humilier dans toutes les disciplines possibles.
Incapable d'assez de maîtrise de soi pour faire preuve de cynisme, Marigold saisit son frangin par l'oreille - une habitude qui devenait de plus en plus difficile alors que le garçon devenait ridiculement grand - pour le tirer en dehors de la chambre.

La journée d'aujourd'hui va être chargée. Deux Galopa nous attendent aux écuries, dépêche-toi.

Elle le lâcha, le laissant lui et son oreille endolorie la suivre. Quelques séries d'escaliers descendants les menèrent dans le hall, puis à l'extérieur du manoir, où ils purent rejoindre les stables où étaient enfermés les chevaux. Comme l'avait promis la fille aux cheveux argentés, un palefrenier, prévenu la veille, tenait dans chacune de ses mains les brides de deux fières licornes de feu. S'il avait été tentant pour la cadette Whiterun de faire monter son frère sur un petit Ponyta ou sur une vieille rosse croulante, elle n'en avait rien fait. Elle aller remporter la victoire haut-la-main, et légitimement. Elle n'avait nul besoin de remettre un destrier de piètre qualité à son adversaire pour gagner.
Elle se hisse en tête de son cheval préféré, un étalon sanguin mais qui lui obéissait au doigt et à l'oeil, mais qui surtout avait appartenu à Lily depuis sa sortie de l’œuf. C'était un peu son assurance qu'elle ne pourrait pas perdre, avec ce Pokémon porte-bonheur.

Nous courrons jusqu'au village, en passant par les bois. Ne tombe pas, je ne m'arrêterai pas pour toi.
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Lun 5 Nov - 17:49
Des Galopas. Amarante savait déjà ce qui l'attendait. L'équitation, il adorait, et la course, encore plus. Voilà que son impatience s'éveillait, et chassait, peu à peu, la somnolence toujours présente. Peu polie, et manière, sa chère sœur le tira par l'oreille. Légèrement agacé, par ces excès de douleur, infligés par sa sœur, l'héritier Whiterun envoya :

-C'est par la main, que tu es censée m'emmener, tu sais ?

Dans le même temps, ses yeux allaient, à droite, à gauche. Il vivait ici depuis de nombreuses années, désormais, mais il appréciait toujours autant de poser son regard un peu partout. L'endroit recelait de belles choses, en architecture, comme en mobilier, comme en personnel. Amarante gâtait les jeunes et jolies servantes de grands sourires, et de signes de tête et de mains amicaux, le regard empli de charme. Quant aux plus vieilles, il se contentait d'un sobre, et respectueux hochement de tête. Le duo Whiterun arriva finalement à l’extérieur. Tout aussi curieux, le garçon de la paire faisait aller ses deux orbes de vue un peu partout. Il admirait le ciel, le sol, les murs extérieurs du manoir, ainsi que la façade arrière de sa très chère sœur, qui marchait en tête. Là encore, il prit la peine de saluer les jardiniers, et autres servants, qui passaient par là. Le chemin fut rapide, ils se tenaient debout, devant l'écurie, tous les deux. Une forte odeur équine s'échappait du lieu, cela ne dérangeait absolument point Amarante, mais il se sentit obligé, d'à nouveau, tacler sa sœur bien-aimée:

-Prends garde, Mari, cette vile odeur pourrait bien choquer ton odorat, ou pire, s'incruster à tes vêtements. Ca ne serait guère de mise, pour une dame.

Touchée. Il savait comment l'énerver. Et il ne manquait pas de le faire, un sourire aux lèvres. Il s'agissait là de sa vengeance, pour l'oreille tirée, et le coup de cravache. Sans attendre la riposte de sa grande sœur, le gaillard s'avança dans l'écurie. Il salua chaleureusement le palefrenier, qu'il connaissait depuis son arrivée ici, et avec qui il aimait souvent discuter, de chevaux, ou des rumeurs des villages et hameaux alentours. Sans même attendre que sa frangine ne désigne un canasson, Amarante se dirigea, par instinct, vers la bête de droite. Il frotta amicalement le cou, puis le crin de l'animal, avant d'en faire le tour. Il procura quelques tapes, et quelques caresses à l'imposant Galopa, puis il murmura à son oreille : "Allez mon brave, amusons nous." Le pokémon souffla des naseaux, et fit cogner, doucement, un sabot avant au sol. D'un vif mouvement, et d'un énergique "Hop", votre barde préférée se hissa en haut de sa monture. Lors que le palefrenier se mettait en place, afin de donner le départ, Amarante envoya un dernier assaut verbal à sa sœur préférée :

-Je ne compte point tomber. Toi, en revanche, sois prudente, je m'inquiète bien assez pour toi comme ça, je ne voudrais point te faire l'affront de te voir plus bas que moi, blessée et de poussière couverte. Oh, et n'oublie pas, abuser de la cravache ne te fera pas gagner. ~


Le décompte commença, le regard rivé droit devant, Amarante inspira, et prépara son corps à donner le coup qui lancerait le Galopa au galop. Des bois, jusqu'au village.

-PARTEZ.

Un coup de bottes aux flancs de son destrier, et le sol se mit à se faire martelé d’énergiques coups de sabot. De nombreux "cataclop" s’élevèrent, pendant que le vent luttait contre le visage du jeune artiste. Ses cheveux, complètement envoyés en arrière, le chemin se dévoilait à lui. Un circuit que les deux Whiterun faisaient souvent, ils le connaissaient, à force. Le buste baissé au plus bas, et les fesses, collées à la selle, Amarante bougeait au rythme de son cheval, et cognait ses mollets contre les flancs de ce dernier, afin de le faire accélérer encore. Il menait, pour l'instant, il se permit même, avant d'entrer dans le bois, dont les feuillages filtraient le sol de la lumière solaire, et le couvrait d'ombres, de se retourner légèrement, et de fixer, quelques secondes, sa sœur, avant de lui tirer la langue, et de reprendre une pose plus sérieuse. Il hurla, à l'égard de la demoiselle :

-Allez Marigold, plus vite. On se penche bien, afin d'accélerer, et on s'adapte au rythme du cheval, n'oubliez pas vos bases !

Ah, qu'il était marrant de la faire s'empourprer de colère et d'agacement.






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Mar 20 Nov - 2:18

Des provocations, encore des provocations. C'était comme si Amarante ne savait parler qu'en sous-entendus modelés sur mesure pour atteindre les nerfs de sa sœur. Il la connaissait si bien, après tout, ils avaient grandi ensemble. Il savait exactement quoi lui dire pour la rendre folle de rage. Il faut dire que Marigold a toujours été facile à mettre en rogne, c'était donc un jeu facile et gratifiant que de lui courir sur le haricot. Donc d'un côté, impossible de blâmer le jeune homme. De plus, ce n'était rien à côté de ce qu'elle allait lui faire comme blessures... physiques, cette fois.

Difficilement, la noble ignora les brimades du garçon, enfin en selle à son tour. Elle était prête à donner le premier coup de talon, et pas question de rater le départ, ne serait-ce qu'à une demi-seconde prêt. Son regard était posé sur la forêt, la première étape, et ne le quitterait pas avant d'y être arrivée. Sa posture était droite, fière, ses coude alignés avec la courbe de son corps, et son assise parfaite. Son cadet pourrait rire longtemps, elle ne comptait pas tomber. Malgré tout, en entendant son ultime boutade, son emprise sur les rênes se resserra, ainsi que ses dents sur sa lèvre inférieure.
Tout son être était pris de tremblements, dans l'attente de ce "zéro", qui mettait une éternité à arriver. Elle sentait la colère et la volonté de gagner brûler de ses orteils à sa tête. Enfin, ce décompte descendait. Cinq... quatre... trois... deux... un.

*PARTEZ*

Le cœur de la fille aux cheveux argentés fond un bond dans sa cage thoracique, remontant jusque dans sa gorge. Comme si ses jambes avaient été exactement synchronisées avec son esprit, ses molles se resserrèrent sur les flancs de l'animal, qui partir au quart de tour. Propulsé par ses puissantes pattes arrière, l'avant-main de l'équidé s'éleva, avant de se projeter vers l'avant. Si elle n'avait pas été fixement appuyée sur ses étriers, Marigold auraient sûrement été éjectée de la selle.

Amarante avait été aussi rapide à réagir que son aînée, car son Galopa partit vite à la poursuite de son camarade. Dans les premières foulées, les deux licornes avaient de la peine à se départager. L'un prenait un peu d'avance sur l'autre, puis se faisait à nouveau dépasser.  Le galop était rythmé par le bruit des sabots, et des parties métalliques des enrênements qui s'entrechoquaient.
Connaissant parfaitement sa monture, l'adolescente ne préféra pas la pousser tout de suite au maximum, et plutôt la ménager. Elle se contentait de légèrement reculer les jambes lorsqu'elle trouvait que l'étalon ralentissait trop, pour le rappeler à l'ordre.
A l'orée du bois, le brun et son cheval prirent la tête, de peu, suite à une superbe queue de poisson. Cela n'agaça que peu la demoiselle. Elle savait qu'en quelques coups de cravache, une fois en terrain dégagé, elle donnerait l'impulsion nécessaire à son destrier pour le sprint final.
Regardant bien droit devant elle pour optimiser sa balance, elle ne put éviter la vue d'Amarante se retournant pour lui adresser une odieuse langue tirée. Cette offense pouvait passer, bien que la peau de Marigold se mit à la démanger de nervosité. Non, ce qui enfonça le clou, ce fut son faux conseil. Comment osait-il se moquer d'elle, alors que l'équitation était l'un de ses nombreux talents ? Elle était certaine d'être meilleure que son frère dans cette discipline.

Elle oublia alors toute sa stratégie pour gérer l'endurance du Pokémon Feu, l'esprit embrumé par les nuages de la colère. Elle éleva la cravache qu'elle tenait dans sa main droite, et qui reposait jusque là tranquillement sur l'épaule de l'équidé, et jeta son bras en arrière pour faire claquer le bâton de cuir sur la fesse du coursier. A l'impact, ce dernier poussa un court hennissement, recula l'encolure, pour se jeter plus loin.
Obéissant, il accéléra, s'approchant de la monture de l'héritier Whiterun, et venant galoper juste derrière la croupe de la bête. S'il n'avait pas appartenu à la même espèce, les flammes de la queue du premier Galopa aurait sûrement brûlé le visage du second.

Mince. Le chemin était bien trop étroit pour effectuer le moindre dépassement. Des fourrés entouraient les flancs des chevaux, rendant impossible cette manœuvre. Marigold n'abandonna pas pour autant. Poussant toujours l'étalon à courir plus vite, elle attendit son occasion. Elle remarqua soudain un renfoncement dans les buissons qui les encadraient, sûrement une route naturelle créée par les animaux sauvages. Si un Cerfrousse avait pu emprunter cette route, son destrier aussi ! Elle écarta sa rêne à gauche, et bien qu'hésitant, le Chevalfeu se plia aux directions de sa cavalière.

Il était probable que le jeune homme n'ait même pas remarqué le détour que sa sœur venait de prendre. Sûrement serait-il surpris, en se retournant à nouveau pour la narguer. Seulement, ce passage, pas adapté à la course, risquait de faire perdre du temps au duo à six pattes. Il fallait donc gagner plus de vitesse. Les talons de la fille s'enfoncèrent davantage dans les grassets de la créature, et le fouet vint tâter à nouveau sa croupe. Mi-stressé par cette violence, et mi-conscient d'être en compétition, il commençait à s'exciter un peu trop. Il accélérait, beaucoup, même trop. Son avant-main devenait de plus en plus puissante, prenant un fort appui sur le sol, alors que son embrassée grandissait.
Sentant son contrôle lui filer entre les doigts, Marigold recula dans la selle et tira à intervalles réguliers sur le mors, mais rien n'y fit. La licorne ne l'entendait plus. Elle renâclait comme jamais, et de la salives lui sortait par les naseaux. Elle-même ne se contrôlait plus. Elle ne regardait sûrement pas trop où elle allait, car lorsqu'un tronc d'arbre barra sa route, elle pila devant, avant de se propulser très haut, et retomber de justesse derrière la souche. Une fois de l'autre côté, elle repartit à la même vitesse, jusqu'à sortir de la forêt.

Problème : l'aventure de la jeune femme s'arrêta net devant l'obstacle. Elle n'avait pas pu s'agripper à temps lorsque l'étalon s'était levé presque droit lors de l'appel, et était tombée dans les ronces, non sans percuter un arbre épaule gauche la première. Était-ce la douleur, la frustration, la colère, ou la peur ?  La demoiselle était incapable de bouger. Il était certain que si elle essayait de se lever, ses mains seraient lacérées de milliers d'épines, mais elle n'avait même pas la force de tenter ce mouvement suicidaire.

Reviens, sale canasson...

Des larmes commencèrent à inonder les yeux de Mari. Des larmes de courage, bien sûr.
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Lun 3 Déc - 21:29
Les sabots de la monture du brave Amarante continuaient de marteler, incessamment, le sol. Le garçon avait conservé l'allure. Il se savait en tête, ainsi, épuiser son destrier, maintenant, se révélait vain. Le ténébreux le savait, sa sœur le dépassait en équitation. Fière de son fort caractère, ainsi que de son assiduité, et son sérieux, Marigold disposait de bien plus d'atouts que son cadet, en équidés. Le seul avantage certain que le gaillard avait sur la gaillarde, c'était son empathie, et sa capacité à créer d'étranges liens, avec les créatures. Il ne s'agissait point d'un manque d'expérience, de la part de l'héritier d'outre-terres, il ne montait juste pas pour les mêmes loisirs que son aînée.

Le noble se retourna, afin de vérifier où en était sa sœur, et pourquoi pas, lui lancer quelques brimades, afin de la voir s’empourprer un peu plus. Personne. Venait-elle d'emprunter un raccourci, afin de surprendre notre protagoniste, et ainsi, reprendre la tête de la course ? Amarante n'en avait aucune idée. Il réaligna sa tête, et son cou, à son pilier vertébral, et il fixait au-devant, décollant et ramenant son corps sur la selle, au rythme du mordillement des sabots, contre la terre battue. "Étrange, tout de même..." commença à penser le garçon, "Le museau de son canasson mordait presque la croupe du mien, et voilà qu'elle disparaît, si longtemps ?"

Il haussa les épaules, cracha au sol, et vint cogner ses deux malléoles à la paire de flancs de son Galopa. La luminosité augmentait, au fur et à mesure que le feuillage s'amincissait, la forêt serait bientôt de l'histoire ancienne. C'est l'idée qui émergea au sein de l'esprit du barde, mais la réalité allait être tout autre. Mais ça, il ne s'en rendit compte que quelques secondes après, lors d'un énième regard vers l'arrière.

La monture de sa sœur apparut. Mais sans cavalière. Les yeux d'Amarante s'assombrirent, et ses sourcils se froncèrent, en même temps qu'il tirait les rênes vers l'arrière, afin de faire ralentir son ami équidé. Une fois la vitesse amoindrie, le garçon demanda à son camarade de course de faire marche arrière. La monture de Marigold ne trottait même plus, elle se contentait d'avancer, un liquide baveux s'écoulait de son museau. La bête hennit, lorsque le duo Amarante/Galopa s'approcha. Le frère stoppa son destrier, et mis pied à terre. Il vint attraper les rênes du pokémon de sa sœur, et prononça, d'une voix puissante, mais point hostile :

-Ooh là, doucement, mon Beau.

Il posa une main sur le museau de l'équidé, et une autre sur son encolure. Un autre hennissement survint, moins puissant, et le Galopa se décida, finalement, à fixer Amarante. L'animal connaissait le garçon. Après quelques pas maladroits, vers l'arrière, le canasson de Mari commençait enfin à se calmer, mais restait à savoir où était passé la belle cavalière. Enfonçant son pied dans l'un des étriers, Amarante reprit place, sur sa monture, bien sûr. Il savait que monter le cheval de Mari blesserait cette dernière, et il ne voulait point, malgré ses moqueries fréquentes, faire de mal à sa chère sœurette. Il prit, tout de même, les rênes de l'autre Galopa dans une main, avant de lâcher :

-Allez, mon Brave, ramène moi à ta cavalière !


La bête souffla des naseaux, et, à une allure modérée, retourna dans la forêt. Comme l'avait pensé Amarante, c'est par un tout autre chemin, que Mari passa, afin de reprendre la tête de la course. Mais la course, Amarante ne l'avait plus en tête. Inquiet pour sa sœur, il scrutait du regard les environs. Il tomba finalement dessus, bien aidé par le cheval de cette dernière. Elle était là, au sol, dans les ronces. Sans crier gare, le garçon sauta de sa monture, se saisit d'un bâton, et fonça vers sa virulente aînée. Il cogna sur les ronces, mais certaines s’enfoncèrent dans sa chair, le marquant, et faisant couler quelques étroites traînées sanguines. Mais peu lui importait, son corps, rodé à cette douleur, ne s'arrêterait pas pour si peu. Il abattit une vingtaine de fois encore son arme de fortune, afin de briser les ronces qui retenaient la Belle dans le bois tombée, puis il s'exclama, fier comme un coq:

-Ah, n'ayez crainte, ma bonne-dame, votre prince est là pour vous sauver !

Le garçon s'accroupit, et il inspecta sa sœur. Pas au mieux de sa forme. Lui demander comment elle allait, ou tenter d'avoir pitié d'elle, Amarante le savait, ça ne servirait à rien. Ca ne ferait que l'énerver. Il fallait cependant l'aider. Sans crier gare, l'héritier Whiterun saisit la main de sa sœur, puis, il passa autour de son épaule le bras de cette dernière, et il se releva, l'entraînant dans son mouvement. Sans attendre qu'elle se rende compte de la situation, et se transforme en furie, il l'escorta jusqu'à son étalon, prenant la majorité du poids de la femme aux cheveux lunaires sur lui. Il l'observa ensuite, posant LA question. L'interrogation fatale.

-Ma Chère Sœur, requiers-tu mon aide, afin de gravir ton Galopa ?






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