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Réponses et Questionnements |PV Dolo|

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Lun 22 Oct - 0:33
Elle s’éveille pour se buter à deux iris vermeilles. Le dragon veille, à l’extrémité de la pièce, là où il s’est réfugié dans l’attente que l’humaine n’émerge de ses songes agités. Maeko prend un instant pour éclaircir ses idées endormies, pour réaliser tranquillement ce que la présence de cette créature à ses côtés signifie. La jeune femme se redresse pour contempler l’aube depuis la fenêtre de sa chambre et les ombres qu’elle projette à l’intérieur chambre. La brume de son esprit, occasionnée par le sommeil, ne semble pas prête à se dissiper. Elle referme donc les yeux dans l’espoir que ce jour naissant la laissera à ses contemplations tranquilles. Naïvement, la jeune Iwasaki se croit en mesure de glisser à nouveau dans un état comateux qui l’empêchera de réfléchir davantage aux questions qui la taraudent incessamment depuis plusieurs semaines maintenant, particulièrement depuis sa discussion privilégiée avec son frère lors de sa visite il y a quelques jours. Maeko a cru pouvoir échapper au malaise qu’il a causé de ses paroles revendicatrices, celles-là qui ont fait echo en elle.

Tu n’as jamais envisagé de sortir du village?

Maeko frémit depuis ses couvertures, qu’elle a rabattu contre sa tête. La musicienne connaît parfaitement la réponse. Bien sûr. Combien de fois ses prunelles se sont-elles mesurées à un horizon étranger? Combien de fois a-t-elle compté ses pas à l’extérieur de l’enceinte de son village, à se demander si demain elle ira plus loin? Sauf qu’elle ignore ce qui pourrait l’attendre dehors; l’inconnu ne l’a jamais attirée. La terreur l’empêche souvent de se jeter sur des sentiers qui pourtant l’appellent. La Kii émerge finalement de ses tentatives vaines de trouver un sommeil qui l’a depuis longtemps quitté, scrutant le Bébécaille qui l’attend encore. Lui aussi, semble-t-il, dans l’attente de réponses. Sauf que Maeko n’a rien à lui offrir. Rien d’autres que d’avantage de questions.

Qui es-tu?

Pourra-t-elle-même un jour espérer répondre à la question la plus fondamentale qu’un humain peut se poser durant son existence? Maeko a l’esprit obstiné. Elle croit connaître, dans sa jeunesse et sa naïveté, ce qu’il veut dire d’être elle. Parfois, le vertige lui prend lorsque son reflet dans le cours du ruisseau lui semble étranger. Alors elle réalise qu’elle n’a pas encore trouvé. Cette idée l’effraie, d’avancer sans objectif, sans se connaître. Ce qui l’amène au prochain questionnement qui la taraude.

À quoi aspires-tu?

Maeko grogne en regardant le Bébécaille qui, depuis le coin de la pièce semble l’inciter à se jeter dans ses réflexions houleuses. La jeune femme se lève et s’habille, ignorant le jeune dragon qui s’impatiente à sa suite. Depuis quelques jours, la créature la suit pas à pas. La Kii n’a rien compris à l’intrusion soudaine de ce monstre dans sa vie. Elle a tenté de le chasser sauf qu’il insiste, comme s’il avait quelque chose à lui dire. Quelque part, Maeko sent que le petit l’a en quelque sorte réclamé, qu’il agira tel un guide malgré ses réticences. Résignée, la musicienne termine sa toilette et attrape son luth qu’elle accroche à son dos avant de sortir à la suite du Bébécaille qui la dirige vers le cœur du village.

Pendant les heures qui suivent, Maeko fait les courses pour son père et échange avec quelques habitants du village. Puis, celui qu’elle appelle Yôko l’intime à la suivre dans les ruelles. Ensemble, ils marchent comme deux amis de longue date, jusqu’à ce que le sort ne place sur leur chemin une étrangère. Le cœur de la Kii se met à battre frénétiquement, comme à chaque fois où son chemin croise celui d’une personne extérieure à ce monde rassurant, son petit village. Néanmoins, elle fait taire la peur en elle, s’avançant avec témérité en direction de la femme à l’épaisse chevelure sombre et à la peau touchée par le soleil. En l’observant, Maeko n’y voit que tout ce qui les sépare plutôt que tout ce qui les assemble. La gitane. Elle en a entendu parler, de ses pouvoirs et de ses sorcelleries. De cet œil invisible qui lui permet de deviner les mots du temps. Elle a entendu les murmures à son sujet. La Kii s’arrête à sa hauteur pour mieux la dévisager, sans plus de souci des manières. Sauf que dans son œil troublé brille l’éclat d’une curiosité.

Sais-tu ce qui se trouve par-delà les montagnes?

La native s’incline dans un salut respectueux mais forcé, empreint de dignité. Maeko n’a pas la violence de certains de ses semblables. Même si son cœur se trouble à la vue de la gitane, elle n’a aucune intention de la chasser. Ses expressions la trahissent, son malaise palpable. Elle réfléchit néanmoins aux capacités de cette personne venue de loin. Celle qui lit en l’avenir ne serait-elle pas en mesure de lui apporter les réponses qu’elle recherche tant?

«Salutations, étrangère. Mon nom est Maeko Iwasaki et j’habite ce village. Je n’ai pas l’intention de vous importuner longtemps et pardonnez-moi si je me montre un peu impertinente…»

Maeko s’approche prudemment de son interlocutrice, jetant des regards nerveux autour d’elle dans la crainte d’être surprise. Que dira-t-on d’elle si on la prend à discuter avec une sorcière?

«Mais j’ai entendu dire que vous avez quelques talents particuliers concernant l’occulte et que celui qui chercherait à connaître son avenir pourrait en avoir un aperçu grâce à vos dons.»

La jeune femme rougit de honte devant ses actions qu’elle juge regrettable, incapable de les assumer pleinement. Elle espère presque qu’on la chasse, sauf qu’une part d’elle se languit de réponses. Peut-être cette gitane en aura-t-elle quelques unes?




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Lun 22 Oct - 12:17
Dolorès faisait tâche dans ce village brumeux peuplé de femmes et d'hommes si blancs que l'on confondrait avec des fantômes. Kii était un village mystérieux, et la gitane aimait beaucoup les mythes et légendes qui faisaient parler de cet endroit. Les coutumes des habitants étaient très différentes des siennes, et cela se voyait juste en observant leur vêtements, et leurs architectures. A Kii, un silence de mort régnait. Certains trouveraient cela reposant, voir même, d'autres méditaient en marchant dans les ruelles brumeuses de ce village étrangement silencieux. Dolorès quant à elle, trouvait cette ambiance un peu trop froide pour être accueillante.

Elle qui venait d'Aros, n'était pas vraiment prête à ça. Quittant le bruit et les cris d'une ville qui ne s'éteignait jamais, la voilà maintenant dans un village quasi-fantôme. Elle avait quitté la froide ville d'Aros dans l'espoir de pouvoir se rendre au terrain d'entraînement, non loin du temple qui l'intimidait beaucoup. La gitane n'aimait pas ce genre de sanctuaires, un peu trop sectaire à son gout... Malgré tout, elle avait besoin de l'enseignement des hommes qui habitaient le terrain d'entraînement. Gringo, son compagnon équidé, était un atout pour sa protection, et il était primordial qu'il puisse se défendre face à un agresseur, ou tout simplement, défendre sa maîtresse.

Mais sa visite au terrain d'entraînement, ne fut pas celle qu'elle espérait. Un vieil homme la reçu au pas de la porte, et lui indiqua que le meilleur entrainement était encore celui que l'on faisait seul. Il lui dit que la montagne était remplie de pokémon, et que si elle voulait s'entraîner, elle n'avait qu'à aller là bas. Dolorès se senti rejetée, presque humiliée.
Néanmoins, sa fierté de gitane l'obligea à lever le menton, et quitter les lieux sans rien dire.

Marchant dans les ruelles du village de Kii, Dolorès sentait bien que les regards se posaient sur elle. Elle qui avait la peau caramélisée grâce au soleil, elle qui portait des voiles colorés et affriolants, elle qui avait goûté tant de fois au fruit défendu. Tout cela se lisait sur les pas qu'elle faisait, les gestes qu'elle effectuait, voir même, sur sa façon de parler avec cet accent si prononcé. Non, les gens de Kii n'aimaient pas les étrangers, cela était certain. Et même si la ballade à la montagne pour entraîner Gringo avait été des plus reposantes, il était temps pour elle de quitter les lieux.

Alors, la gitane déambulait dans les rues, à la recherche de fruits et légumes pour le voyage. Mais contrairement à Aros ou à Scémède, les Kiiois n'étaient pas vraiment des marchants. Dolorès les voyaient plus comme... Des gens en quête de repos et de rédemption. Hors de question de danser sur la voie publique ici: personne ne lui jetterait une pièce, au contraire. Elle aurait été traînée de force devant les soldats, et jetée en dehors des frontières. Ce voyage à Kii était finalement, une perte de temps.

Une jeune femme attira son attention. Elle semblait marcher dans sa direction, et Dolorès se demanda si c'était une erreur de sa part. Lorsque la jeune femme s'arrêta et s'inclina, la gitane arqua un sourcil, assez étonné. Était-ce la coutume des gens d'ici ?
Elle s’appelait Maeko Iwasaki, et était pourvue d'une beauté rare et fragile, comme une poupée de porcelaine. Elle était l'exact opposé de la gitane. Dolorès était intriguée par la demoiselle. Que lui voulait-elle, elle qui était native de cet endroit et qui ne devait certainement pas porter les étrangers dans son cœur ?
La gitane croisa les bras sur son imposante poitrine, le regard hautain.

- Je vous écoute, répondit-elle.

Lorsque Maeko lui répondit, un fin sourire s'étira sur son visage. Ce voyage était-il vraiment une perte de temps ? Peut être que la gitane s'en sortira avec quelques pièces. L'heure était maintenant à la séduction, et au mieux elle pouvait vendre ses services, au plus elle était certaine de gagner un peu d'argent. La gitane étendit ses bras sur le côté, faisant ainsi chanter les nombreux bracelets à ses poignets. S'inclinant à son tour, la belle planta ses yeux ambrés dans ceux de la petite poupée de porcelaine, assez curieuse de savoir qu'est-ce qu'une créature aussi fragile désire au point de faire confiance à une étrangère ?

- Mon nom est Lorna, répondit-elle mielleusement. Pour seulement dix pièces, les cartes pourront répondre à votre question la plus personnelle... Et, bien évidement, cette question restera des plus secrètes.

Dolorès mima une fermeture éclaire avec ses doigts devant ses lèvres pulpeuse, avant d'en jeter la clé par dessus son épaule. Elle se redressa avec lenteur, et pivota légèrement sur le côté.

- Ma carriole se trouve au bout de cette rue. Si vous désirez connaître votre avenir... Vous savez où aller.

La gitane fit un petit clin d’œil avant de s'enfoncer avec lenteur de cette fameuse rue, la seule d'ailleurs qui avait autorisé le passage de sa carriole. Là bas, Gringo l'attendait, debout, entrain de mâcher un brin d'herbe sans réelle passion. La belle s'arrêta un instant, prenant le temps de lui faire une caresse et en évitant avec soin ses nombreuses blessures. S’entraîner dans la montagne n'a pas été de tout repos...




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Jeu 25 Oct - 0:17
Maeko a beau être une jeune femme accomplie possédant une certaine vivacité d’esprit, bien des choses lui échappent encore. Les mécanismes de fermeture et d’auto-protection de ce peuple perdu dans les montagnes font partie de ces choses qui l’éludent encore, qui de par son éducation lui paraissent naturels. La musicienne ne prête qu’une sourde oreille à l’intolérance dont les siens peuvent faire preuve; souvent elle ne réalise pas même la méchanceté et la haine de leurs actes. Ces réserves la sécurisent, les murs qu’ils érigent autour de leur identité aussi. Comme à bien des choses dans sa courte vie, Maeko se raccroche à ce faux sentiment sécurité, à la manière tout tracée dont les choses ont été jusqu’à maintenant dans sa vie. Pourquoi se questionner sur l’au-delà des frontières, se répète-t-elle avec une certaine suffisance. Qu’ont ces étrangers à leur offrir qu’ils n’ont pas déjà compris? Son hypocrisie s’épaissit tandis que ses yeux gris dévisagent son interlocutrice avec avidité. La Kii n’a aucune intention de laisser tomber ses barrières ou même de ce malaise si rassurant devant l’inconnue. Sauf que malgré ses idées fixes, elle a tout de même quelque chose à obtenir de cette personne si différente d’elle qui lui fait face. Malgré elle, le monde a quelque chose à lui offrir.

Si son propre comportement lui échappe, Maeko remarque aussitôt l’arrogance dont l’inconnue fait preuve, à ses yeux du moins. Sa posture fermée et son regard hautain pourraient certainement d’expliquer par le piètre accueil que lui a réservé le peuple natif depuis son arrivée sauf que la jeune femme en kimono ne perçoit pas les choses ainsi. Au contraire, l’attitude de l’autre la met aussitôt sur ses gardes et elle regrette presque son approche. Honte et déchirement l’animent tandis qu’elle scrute attentivement les faits et gestes de la gitane. Son sursaut ne s’en trouve que plus comique tandis que l’étrangère ouvre soudainement les bras, dévoilant une posture bien différente que quelques instants plus tôt. Chaleur et charisme se mêlent dans un spectacle envoûtant auquel Maeko n’est pas indifférente de par ses sensibilités naturelles envers l’art et la danse. De toute évidence, la gitane possède certains talents. Son théâtre laisse la musicienne complètement bouche bée. Elle a l’habitude de gens polis, posés, réservés ou alors très déterminés peut-être. Mais ce jeu la laisse complètement dubitative et pendant un moment, elle envisage retourner d’où elle vient sans demander son reste. Cette Lorna doit vraiment la prendre pour une imbécile pour fanfaronner ainsi devant elle!

Décidée, la jeune femme prend la direction opposée de celle indiquée par la gitane, encore tremblante de honte et d’une colère refoulée. Maeko s’en veut de dépendre des paroles d’une inconnue pour trouver la paix et ce sentiment est assez pour la forcer à fuir. Néanmoins, Yôko se range d’un autre avis et lui barre rapidement la route, menaçant de la faire tomber. La musicienne s’arrête juste à temps, surprise de voir le dragon la pousser de sa tête et gronder doucement.

«Qu’est-ce qu-…»

Bien entendu, Maeko comprend rapidement les intentions du reptile qui n’abandonne sa besogne de pousser l’humaine que quelques cours instants pour reprendre son souffle avant de reprendre sa tâche.

«Tu veux que j’aille voir cette femme, hein, petit soleil?»

La jeune femme se penche vers son drôle de protecteur pour lui caresser la tête, un geste qu’elle n’a jamais osé faire avant. Le dragon émet un doux roucoulement avant de se remettre à la pousser, ses grands yeux rouges pleins d’espoir. Avec un soupir, Maeko accepte de suivre Yôko jusqu’à la carriole. Un Tiboudet les y attendent mais la gitane a disparu, probablement à l’intérieur. Le pauvre monstre a subi des blessures un peu partout et aussitôt la musicienne se demande ce qui a bien pu lui arriver. Le ventre noué d’inquiétude, la Kii cogne trois coups secs à la porte et entre sans y être invitée, histoire qu’on ne la repère pas dans la rue, en train d’attendre près de la carriole.

«J-je suis prête à vous donner les dix pièces d’or que vous avez réclamé pour vos… services. Par curiosité tout de même vous allez devoir m’expliquer comment des cartes peuvent bien répondre à mes questions?»

Le malaise de Maeko est palpable tandis qu’elle jette des regards de part et d’autre, y recherchant une part de familiarité. Mais ici elle a posé les pieds en terrain inconnu… probablement pour la première fois de sa vie.




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Lun 29 Oct - 11:45
Gringo broutait son brin d'herbe, les yeux dans le vide, avec une extrême lassitude dans ses mouvements. Il regardait les passants qui marchaient avec délicatesse dans les rue, comme s'ils flottaient au dessus du sol. Cela lui faisait de l'animation. Le poney regardait les monstres qui accompagnaient parfois ces humains trop calmes, et se demandait bien à quoi pouvait ressembler leur vie. Ils devaient certainement être aussi paisibles que leur maître. Gringo n'aurait pas pu supporter ce genre de quotidien. Il avait été élevé par une gitane qui bougeait sans cesse, et qui usait de ses compétences de trait quasiment toutes les semaines. Le poney voyait cette tâche comme un entraînement, et comme un service qu'il se devait de rendre à la femme qui s'occupait si bien de lui. Après tout, il n'était pas à plaindre: il était choyé, nourri et aimé. Beaucoup de monstres n'avaient pas ce privilège. Et puis... Il aimait beaucoup Dolorès, contrairement à la plupart des autres humains.

D'ailleurs, l'un d'entre eux s'approcha de la carriole. C'était une femme aux cheveux noirs, et à la peau de bébé. A ses côtés, une bête écailleuse marchait tranquillement. Ses yeux de reptiles ne firent ni chaud ni froid au canasson, qui continuait de mâcher son brin d'herbe avec lassitude. Fixant de ses yeux vitreux la femme et son compagnon, Gringo les regarda pénétrer dans la carriole, et soupira. A vrai dire, cet endroit l'ennuyait beaucoup, et il avait hâte de quitter Kii pour retrouver le climat plus chaleureux de Scémède, ou d'Aros, même si cette dernière avait des conditions météorologiques des plus désastreuses.

La gitane, quant à elle, était assise derrière son bureau. Elle avait prit le soin d'allumer quelques bougies odorantes pour éclairer l'endroit, mais aussi pour lui donner une délicieuse odeur de cannelle, et d'épices inconnues. Elle écrivait avec soin dans une sorte de grimoire à la couverture de cuire, qui semblait être deux fois plus âgé qu'elle. Lorsque la porte de sa carriole s'ouvrit, la belle leva ses yeux ambrés vers ses invités. La jeune femme à la peu de porcelaine, et son compagnon le dragon.

Elle semblait déstabilisée par l'endroit, ou serait-ce les mythes associés au peuple gitan qui l'effrayait ? Néanmoins, elle semblait prête à recevoir les services de l'andalouse, ce qui fit sourire Dolorès. Fermant avec lenteur son grimoire, la gitane se leva, et posa une main sur l'une de ses hanches garnies.

- Bienvenue chez moi, miaula-t-elle avec un fin sourire. Je vous en prie, asseyez vous.

La gitane fit volte face, et rangea le manuscrit sur une étagère solidement fixée au bois de sa carriole. Elle prit une boite métallique qu'elle posa sur le bureau, avant de retourner s’asseoir sur sa chaise.
De cette boite, Dolorès en sorti un jeu de carte assez ancien, dont les rebords étaient courbés, ou parfois déchirés. Ses mains aux ongles longs saisirent les cartes, et commencèrent à les mélanger, tandis que son regard vint se planter dans ceux de la douce Kiioise.

- Les cartes parlent, Maeko, commença-t-elle. Lorsque vous leur poser une question, elles savent vous répondre.

Une fois les cartes mélangées, Dolorès posa le paquet sur le bureau, et se racla la gorge. Ses yeux ambrés se posèrent de nouveau sur la jeune fille, et la gitane croisa ses bras sur le bois froid, comprimant ainsi son épaisse poitrine.

- Si vous êtes venue jusqu'à moi, c'est parce que vous avez une question qui vous brûle les lèvres... Mais que vous ne pouvez poser à personne autour de vous. Je me trompe ?


Elle arqua un sourcil, les yeux malicieux.

- Quelle que soit votre question, vous aurez votre réponse. Quelle que soit cette réponse, elle ne sortira jamais de cette carriole. Néanmoins... Sans ces dix pièces, vous n'aurez rien.

Dolorès eut un sourire, et tendis sa main en avant, réclamant son argent. Elle faisait toujours payer ses consultations avant ses services, pour éviter que ses clients ne s'enfuient après avoir eut leurs réponses...



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Dim 11 Nov - 22:25
L’endroit lui paraît tel qu’elle aurait pu se l’imaginer et totalement différent de ses idées tout à la fois. Maeko possède une imagination débordante lorsque la peur l’emporte sur ses émotions, lorsque ses appréhensions brouillent son jugement autrement plutôt affuté. Ici, elle pourrait presque croire que quelques esprits mal intentionnés viendront saisir des pans de son âme pour mieux les pervertir. Sauf qu’il n’y a rien dans cette carriole qui puisse véritablement l’inquiéter; qu’une odeur sucrée et épicée et quelques chandelles. Peu fière, la jeune femme jeta des regards prudents autour d’elle, constatant au dernier moment le départ de Yôko. Si celui-ci a pris le rôle de guide ces derniers jours pour la Kii, il est des pas que Mae doit franchir seule. D’une démarche tranquille, le Bébécaille prend donc la direction opposée et ressort de là où ils sont entrés quelques instants plus tôt. La porte semble se refermer d’elle seule, condamnant la musicienne à cette séance de cartes à laquelle elle n’est pas préparée. La gitane, pour sa part, a pris place derrière une table, le nez penché en direction d’un énorme grimoire. Avec hésitation, la brunette s’approche pour en scruter les pages et se rassure qu’il ne semble pas y être inscrit quelque ensorcellement ancien. L’inconnue se dépêche de terminer son ouvrage et de dégager la table, offrant à Maeko cette même voix mielleuse qui l’a rendu si mal à l’aise tout à l’heure.

Pour le moment, la jeune femme s’agace de son théâtre, de ses manières, mais surtout du manque de réponses. Les cartes parlent? Si Maeko sait une chose, c’est bien que les objets inanimés n’ont aucune vie propre et encore moins de voix bien à eux. Elle déduit donc que l’étrangère a une manière spécifique d’interpréter le hasard en sortes de réponses aux questions qui lui brûlent effectivement les lèvres. Elle prend place devant l’autre, prenant soin de déplisser son kimono et de garder les épaules droites. Quelque part, elle a encore peur qu’on se moque d’elle, qu’elle perde la face. Il y a quelque chose d’orgueilleux malgré sa grande docilité, surtout lorsqu’il s’agit d’étrangers. Son visage redevient calme même si l’azur de ses prunelles trahit une part de son malaise.

«Ne jouez pas avec moi. Je ne vous dois rien et vous ne me devez rien. J’achète un service, rien de plus.»

Maeko est gênée. Les œillades de son interlocutrice la rendent mal à l’aise. Elle a peur d’être jugée. Ses yeux, si confiants tandis qu’elle s’exprimait quelques secondes plus tôt, plongent vers le sol à la recherche d’une sécurité.

«Voici mes dix pièces. J’espère qu’elles seront bien investies. Je n’ai pas la patience; je le répète ne vous jouez pas de moi. Si vous n’avez rien à m’offrir réellement, prenez les pièces et laissez-moi partir en paix, mais si vous êtes convaincue de pouvoir m’apporter des solutions alors…»

Il est évident qu’elle est désespérée et encore en conflit face à sa décision. Quelque chose la pousse à aller de l’avant dans sa démarche, malgré tout. Elle compte dix pièces d’or sur la table et lève les yeux vers la gitane.

«Alors je resterai pour vous écouter. Ces derniers temps, je connais un déchirement important. Je ne sais plus vers quoi orienter ma vie, ni qu’est-ce qui m’attend sur mon chemin. Devrais-je partir explorer le monde ou devrais-je rester ici, dans ce village qui m’a vue naître?»

Maeko respire profondément, croisant les mains sur ses cuisses, attentive, curieuse malgré elle, mais aussi avide. Si l’autre doit lui dire qu’elle n’a rien à lui apprendre alors elle s’en ira, certainement un peu moins riche. Sauf qu’elle préfère perdre un peu d’argent que de risquer d’être envoyée sur le mauvais chemin. Et si cette gitane avait réellement les réponses qu’elle attend?




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Sam 17 Nov - 15:40
La gitane sentait bien que Maeko n'était pas dupe, et qu'elle se méfiait d'elle. Malgré tout, elle n'était pas une charlatane, et croyait réellement aux pouvoirs des cartes. Certains pouvaient dire qu'elle était une voleuse car ses paroles n'étaient celles attendues, mais en aucun cas Dolorès se trompait: les cartes parlent, et elle en était plus que convaincue.
La gitane plissa les yeux lorsque la jeune fille lui rappela à nouveau qu'elle n'était pas confiante. Je le répète ne vous jouez pas de moi, avait-elle dit. Et pourtant...

Tout son art constituait en un grand jeu de séduction, et de psychologie. La présence de Maeko dans sa carriole en était la preuve: malgré sa position défensive, elle était quand même prête à faire cette consultation. La jeune fille pouvait dire ce qu'elle pouvait, elle avait été prise dans le jeu, et Dolorès n'allait pas la lâcher. Mais avant toute chose, elle prit le soin de prendre ces dix pièces d'or, qui n'allaient pas tomber entre de mauvaise mains. Gringo avait beau être herbivore, la gitane voulait quand même lui offrir quelques aliments de qualité, comme des carottes ou des pommes par exemple, en plus de sa propre consommation personnelle.

La gitane prit ses cartes dans ses mains, et commença à les mélanger avec soin. Il fallait toujours trier les cartes deux fois: la première avant la question, afin de les purifier, et la deuxième, pour que les cartes puissent se placer dans le bon ordre. C'était un rituel que Dolorès ne sous-estimait jamais, et elle pouvait les trier une troisième fois, histoire d'être certaine que le tirage ne soit pas défaillant. Alors que ses mains faisaient danser habilement les cartes, la gitane reprit la parole:

- Partir ou rester, c'est une question difficile. Mais les cartes vous aideront à prendre le bon choix.

Elle leva ses yeux ambrés vers la brune, et sourit doucement.

- Et ça, j'en suis convaincue.

La gitane étendit les cartes sur le bureau, formant plusieurs colonnes bien distinctes. Une fois les cartes positionnées, il y eut un moment de silence, où Dolorès se concentra, les yeux fermés. C'était un exercice qui lui demandait beaucoup de concentration, et elle ne prenait pas ça à la légère. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, sa voix devint plus posée, calme, moins séductrice. D'un ton grave et à la fois apaisant, elle murmura:

- Choisissez votre première carte. Et retournez là.

Dolorès était certaine qu'après ce tirage, Maeko changerait de position. Les forces surnaturelles existent, et elles peuvent prendre des formes bien étranges parfois...



C'est l'heure du tirage de carte !:
 


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Dim 25 Nov - 22:44
Partir ou rester, c’est de résumer tout un dilemme identitaire en une poignée de mots. Maeko ne s’explique pas ce désir que jadis sa mère lui a décrit, celui-là même qui probablement causé sa perte. Tant de choses effraient la jeune fille. Pour elle l’horizon n’est qu’ombres et dangers. Quelle déraison devrait la pousser sur les routes alors qu’elle a trouvé sanctuaire, un peu par défaut, chez elle? Pourtant il y a cet appel qui retentit en elle, cette curiosité grotesque qu’elle ne sait pas taire. Quelque part, la jeune femme a simplement besoin d’un peu de guidance, qu’on la conforte dans l’un ou l’autre des options qui se présentent à elle. Malgré son assurance, quelques instants plus tôt, elle se ferait aisément berner si telle était l’intention de la gitane qui s’adresse à elle, dans cette attitude toujours aussi séductrice qui rend Maeko profondément mal à l’aise. Elle n’a pas payé pour un spectacle, sauf qu’elle n’a pas compris que le spectacle en fera nécessairement partie. La pauvre n’est pas au bout de ses peines tandis qu’elle observe nerveusement les mouvements de la liseuse de cartes alors qu’elle les mélange avec une gravité qui noue le ventre de la Kii. Depuis le paiement, elle sait qu’elle ne peut plus faire marche arrière. Le contrôle lui échappe alors elle se contente d’épier tous les gestes de l’étrangère dans l’espoir d’y trouver réponses.

Maeko se rassure au moins. La gitane a beaucoup voyagé dans ce monde. Les appréhensions de la Kii auraient pu lui paraître risible, pourtant elle approuve sa question. Quelque part, cela rassure la brunette. Elle se sent moins idiote, moins insécure de sa démarche. Puis l’étrangère a un peu laissé de côté son théâtre pour lui adresser un sourire qui fait baisser les yeux à Mae, gênée mais heureuse de cette réponse empathique. Puis son regard revient vers la table alors que l’autre distribue les cartes, les dispersant dans un ordre bien précis. La Kii observe ces cartes comme à la recherche d’une réponse. Elle a presque oublié le départ de Yôko, où ce qu’elle est en train de faire. Tout comme la gitane, elle s’est concentrée toute entière sur leur entreprise et se laisse imprégner par la présence étrange qui habite la carriole. À l’invitation de la liseuse de cartes, Maeko passe une main sondeuse au-dessus des cartes, fermant les yeux pour se concentrer sur ce qu’elle peut ressentir. Il y a cette sensation dans son bras, induit, peut-être par son imagination. Mais pour une fois qu’elle peut sentir quelque chose, elle se décide à suivre son instinct. Ses doigts courent sur plusieurs cartes avant de s’arrêter sur une première, qui fait picoter sa peau.

«Celle-là.»


Avec gravité, la Kii ouvre les yeux et retourne la carte pour en observer le dessin, levant les yeux vers la gitane. Comment une simple enluminure pourrait lui offrir son destin?

«Qu’est-ce que ça veut dire?»

Elle s’impatiente, déjà. Son ton est posé mais ses prunelles azurées la trahissent, ainsi que la ligne qui barre son front, soucieuse.

Cartes et celle choisie:
 




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Sam 1 Déc - 15:39
La gitane fixa la carte que la jeune fille venait de retourner. Maeko lui posa assez rapidement la question: qu'est ce que veut dire la carte ? La belle se retint de sourire. Après tout, Maeko était encore sceptique il y a quelques minutes, et désormais, sa curiosité l'avait emporté sur son raisonnement. Enfin du moins, c'était ce que voyait la gitane.
La carte représentait un cercle, avec des croix en son centre. En arrière plan, un ciel bleu, et des personnages iconiques, qui étaient adulés selon les régions. La gitane leva ses yeux vers les prunelles claires de sa cliente.

- Cette carte est la roue de la fortune.

Comme pour appuyer ses dires, la brune posa son doigt sur la dite carte, et continua son explication.

- Elle dit que vos débuts, étaient heureux, et prometteurs. Que vous aviez de la chance.

La gitane se redressa sur son siège, l'air songeur. La carte semblait lui souffler autre chose, comme si elle révélait ses secrets au fur et à mesure qu'elle était exposée.

- Mais la roue de la fortune, contrairement à son nom, n'est pas synonyme de fortune. Elle indique le cycle de la vie, le changement. La carte dit que vous avez du accepter les changements de votre enfance, pour grandir.

La gitane releva un œil vers la musicienne, et arqua un sourcil. Sa voix était un peu plus décontractée.

- Elle dit peut être aussi que vous excellait dans un domaine. Mais le domaine en question, ça, elle ne peut pas le savoir.

Ses grands yeux ambrés se reposèrent sur les cartes face cachée, et la gitane inspira de nouveau profondément. La suite était importante, et il fallait qu'elle se concentre pour mieux entendre le murmure des cartes.

- Vous pouvez retourner la suivante, souffla-t-elle.

Si la gitane était concentrée sur son travail, elle espérait que Maeko l'était tout autant. Car c'était ses choix qui allaient révéler la réponse à sa question...

Tirage de carte !:
 


Merci Mari pour le beau sprite  ♥
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Mer 5 Déc - 2:37
Maeko n’a pas l’habitude de se montrer si prompte. Ici, ses doutes la domptent. La rendent fébrile, insatiable. La petite bulle de cristal où elle a entassé toutes ses émotions menace de fendre sous une appréhension tout à fait légitime. Tout son être hurle pour des réponses qu’elle n’est pas en mesure de se fournir à elle-même. Peut-être que quelque esprit, quelque être divin, saura éclairer son chemin? La jeune femme a abandonné sa raison et son autodétermination, se faisant l’esclave du destin ou du hasard, qu’en sait-elle? La musicienne n’a jamais réfléchi à la philosophie de la chose; même qu’on lui a dit de se méfier des idées de toute manière. Paradoxalement, on l’a aussi éloigné des forces obscures et impalpables. Où donc chercher les réponses? Son ancienne préceptrice lui aurait dit de simplement abandonner ses questions qui lui empoisonnent l’esprit. Sauf qu’elles se font persistantes, bien plus que ne le sera jamais Maeko. L’enfant Kii a ce désir, cette poussée, ce mouvement. Elle ignore où il la mènera. Sauf qu’elle ne pourra pas trouver la paix sans l’avoir vu par elle-même. La carte retournée s’avère être une simple roue, une image simpliste qui rassure la jeune femme en un sens. Elle avait craint tomber sur de sombres personnages. La roue a quelque chose de pratique, de concret. Mais quelle signification porte-t-elle?

Maeko porte désormais une attention dévolue à la gitane, suivant son geste tandis qu’elle pointe la carte pour débiter sa signification. Des débuts heureux et prometteurs? Mae repense à sa mère, à sa tendresse. Aux instants en famille, avant que celle-ci ne soit écartelée par le décès soudain de sa génitrice. Combien les choses ont changé à sa mort… La jeune femme ferme les yeux, fuyant habilement la sensation d’enserrement qui afflige sa poitrine à la pensée de sa mère. La liseuse de cartes évoque le changement, justement. Le visage de la musicienne devient grave, lointain, mais encore profondément concentré. Elle est maintenant parfaitement investie dans la séance. La brunette, jusqu’à présent, n’a pas du tout menti. Maeko n’est simplement pas certaine d’avoir pleinement accepté les changements qu’elle évoque. Développé des moyens d’y faire face serait plus juste. Mais il y a encore tant d’éléments autour du décès de sa mère qu’elle ne comprendra jamais… La gitane reprend la parole, cette fois pour évoquer un talent chez elle. Mae se contente d’hocher la tête. Effectivement, la musique. Elle est presque surprise que cet élément ne ressorte de la lecture des cartes, ayant une forte tendance à minimiser sa passion.

«Bien.»


La voix de Maeko est tendue. Elle craint de plus en plus ce que lui révéleront les cartes maintenant qu’elle a pu constater leur étrange pouvoir. Il lui en faudra plus pour la convaincre pleinement, mais l’exactitude de la gitane l’impressionne. La Kii survole une fois de plus les cartes, mais s’arrête bien plus rapidement cette fois, sur une carte plus près d’elle. Avec appréhension, elle la retourne à son tour.

Tirage de carte !:
 




par cutgut sur deviantart
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