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Qu'importe la fiole tant qu'on a l'ivresse.

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Dim 4 Nov - 19:02

Comme d'habitude, les rues d'Aros étaient remplie de monde à la nuit tombée. Cependant, ce n'était pas dans la rue que se trouvait Dolorès, mais bien dans l'une de ces nombreuses tavernes qui jonchaient l'allée des lanternes. Sur un podium, plusieurs musiciens jouaient une mélodie entraînante, rythmée par les timbales, les luths et les percussions en tous genres. Ici, la danseuse attirait l’œil: selon son humeur et la musique, elle faisait profiter de ses talents gratuitement aux hommes qui ne se retenait pas de huer et d'acclamer la demoiselle à chacun de ses pas. Les voiles de ses parures volaient dans tous les sens, créant une sorte d'aura autour de sa personne, comme quelque chose de voluptueux et d’insaisissable. Entre deux danses, la belle volait une gorgée de bière au plus offrant, le sourire aux lèvres.

Cela faisait à peine quelque jours que la gitane était revenue à Aros. Elle avait voyagé jusqu'à Kii pour l'entraînement de son tiboudet, et était même revenue avec un nouvel ami: Hannibal. Néanmoins, aucune de ses bestioles ne l'avait accompagnée jusqu'à la taverne. Gringo devait certainement dormir près de la carriole, quant au petit chat... Eh bien celui ci devait certainement faire sa vie.

C'était fou à quel point la joie de vivre des gens d'Aros lui avait manqué. Ici, l'or coulait presque à flot, et elle n'avait pas besoin de danser très longtemps pour recevoir sa paye du jour. Ailleurs, la danse était parfois mal vue et les gens de donnait pas leurs pièces à une gitane. Oui, ce voyage avait été particulièrement difficile, même s'il avait été parsemé de petites notes agréables...

La musique changea, et le cœur de la gitane fut appelé de nouveau sur la piste de danse. Faisant bouger son bassin à toute allure, les bijoux qui ornaient ses voiles se mirent à cliqueter, tendis qu'une nouvelle vague d'hurlement se fit entendre dans la pièce. Les mains de la belle dessinaient des vagues agiles et souples dans le vide, contrastant ainsi avec la puissance et la rapidité de son bassin. Elle tourna sur elle même, envoyant balader ses longs cheveux noirs et tendit l'une de ses longues jambes devant elle, avant de cambrer son dos au maximum, exposant ainsi sa poitrine vers le ciel. Les hommes de la pièce ne manquaient pas une miette de ce spectacle exotique, et l'un des luthiers dut même se concentrer pour ne pas louper des notes.

A la fin de la mélopée, des applaudissements se firent entendre, et cette fois ci, ce fut trois bières que l'on proposa à la jeune femme. Tout sourire, la gitane se permis de boire une gorgée de plus, les yeux rivés sur la foule de la taverne. Espérait-elle trouver quelqu'un qu'elle connaissait ?


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Dim 4 Nov - 23:07
La nuit était déjà bien entamée lorsque Virgile quitta désespéré la bibliothèque pour se rendre sur l'avenue centrale d'Aros. Il avait froid, bien trop pour avoir eu l'envie de mettre le pieds dehors sans une bonne raison, d'autant que Sire-Lumière l'avait clairement nargué à rester bien au chaud dans les quartiers des scribes et des érudits. Ce fut ainsi que ses pas pressés et frigorifiés le menèrent à se réfugier au chaud dans une taverne après avoir effectué ses courses de rigueur. Son paquet bien calé entre ses pieds, il s'était installé près du feu et se faisait discret. C'est qu'il n'en menait pas large entre les grands gaillards et habitués de la taverne. Encore moins lorsqu'il commanda du lait d'Ecremeuh au lieu d'une bonne bière. Oh, il avait bien ses raisons, monsieur tenait mal l'alcool, mais tout de même. On lui jeta un drôle de regard lorsqu'il demanda de quoi se désaltérer le gosier, et on finit par l'oublier lorsqu'il paya. Tant mieux.
Ainsi se glissa t-il près du foyer pour s'y reposer et se réchauffer. Arceus qu'il avait froid... Et qu'il se sentait vieux tout à coup. Il n'était pas fait pour le climat arosien, peu importait qu'on lui dise le contraire ou qu'il en soit originaire. Oh, bien sûr, il ne quitterait le confort de sa ville pour rien au monde, mais ça ne l'empêchait pas de s'en plaindre pour autant. Il oublia cependant ses malheurs l'espace d'un instant alors que son regard se perdit sur les flammes dansantes et réconfortantes.
Il était en retrait du centre de la taverne et de l'action, peut être était-ce pour cela que la musique des baladins lui parvenaient sans trop de fracas. Pourtant, il ne fallut pas longtemps aux cris pour percer le calme qu'il commençait à peine à percevoir et pour manquer de le faire sursauter. A quoi s'attendait-il, attablé comme il l'était dans une taverne à Aros ? A du calme, une musique douce et classique et du respect de son espace personnel ? Peut être pas, ça ne l'empêcha pas de pester quand il se prit le coude d'un voisin trop enthousiaste.
Au moins l'agitation l'obligea-t-elle à lever les yeux du feu pour enfin comprendre ce qu'il se passait autour de lui et ses yeux se posèrent sur ce qui avait réveillé les instincts des arosiens et étrangers présents. Il s'agissait là d'une femme, de Scémède ou d'ailleurs à en juger par son teint, qui se déhanchait au rythme des accords.

Virgile s'était toujours considéré comme un homme de Lettres et de Sciences. Peut être pas comme un artiste ou un esthète, mais s'il avait été meilleurement luné, sûrement aurait-il pu apprécier le spectacle à sa juste valeur. La bohémienne savait capter l'attention avec la grâce des arabesques qu'elle traçait en l'air, pourtant, c'est morose que le scribe observa la scène. Les hurlements et sifflements stridents l'assommaient et s'il n'osait se plaindre la chaleur, les ardeurs de ses voisins commençaient à le faire étouffer.
Alors, s'il aurait put crier et encourager à son tour, taper dans ses mains au rythme des hanches de la danseuse et offrir un verre d'alcool, il se contenta de piquer du nez dans son verre de lait. Une gorgée, deux gorgées, à la troisième il le termina et le laissa sur la table, quelqu'un viendrait sûrement le récupérer. Par instinct de conservation, il attendit la fin de la danse pour se lever et raser les murs jusqu'à la sortie. Il aurait été bien fou de se lever avant et d'ainsi risquer de boucher la vue à l'un des spectateurs ivres, il ne comptait pas vraiment déclencher une émeute par un geste malheureux après tout, et aussi, il se serait retrouvé bien penaud à se faire bousculer et à tomber au milieu de toutes ces bonnes gens. Au moins ainsi atteignit-il sain et sauf la sortie... Et le froid.
Soupirant et grelottant, il s'adossa un instant sur les murs de la taverne pour inspirer une bouffée d'air frais et lever les yeux sur les murs des bâtiments de la cité. Aros était plus éclatante de nuit que de jour, les murs blancs pouvaient en devenir presque aveuglant. C'était sûrement l'une des rares raisons qui pouvaient tout de même le pousser à apprécier les escapades hors du phare. Aussi, malgré le froid qui revenait peu à peu s'insinuer, il prit le temps de dissiper le mal de tête qui pointait le bout de son nez en observant les lanternes qui éclairaient la vie. Il en profita également pour vérifier que son paquet était toujours indemne. Du papier et de quoi fabriquer son encre, les minéraux et les baies étaient toujours là. Parfait.
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Lun 5 Nov - 17:48
La jeune femme semblait heureuse, là, tout sourire au milieu des hommes qui l'acclamaient. Il y avait ce type aux cheveux noirs, ce grand dadais aux yeux rieurs et à la barbe épaisse, qui se précipitait au pub dès son retour de mer. La gitane avait croisé ce marin plusieurs fois, et elle était certaine qu'il l'admirait. Comme la plupart des marins, il lui avait fait des avances, désirant assouvir un besoin tenu en laisse pendant plusieurs mois sur la mer. Jamais elle n'avait accepté. Et puis, il y avait cet autre homme, un peu plus vieux, le crâne grisâtre et dégarni. Plusieurs dents manquaient à son sourire, et sa maigreur le rendait si fragile que personne n'osait le toucher. Sauf Dolorès, qui s'amusait à faire jouer ses foulards autour de son cou, par moment. Le vieillard aimait bien cela, et visiblement, il était encore très capable d'être à la hauteur face à une créature comme la gitane, vu le nombre de fois qu'il lui a proposé de le rejoindre chez lui. Mais encore une fois, elle avait catégoriquement refusé. Un autre homme, nommé Münk, avait élu domicile à Aros depuis peu. Il dépassait tout le monde d'une tête au moins, tant il était grand. Il portait toujours un chapeau en cuir, et dépassant de sa barbe rousse, dépassait parfois un cigare qui fumait, ou une brindille qu'il mâchait. Le dit Münk était si puissant, que ses vêtements étaient parfois trop petits pour ses muscles. Mais contrairement aux autres hommes, lorsque celui-ci proposa à la gitane une escapade amoureuse furtive, elle accepta. Dolorès était comme ça: elle avait un faible pour les hommes qui transpiraient la testostérone, des hommes physiquement impossible à abattre, qui n'avaient besoin de rien ni personne. Et pourtant, elle arrivait à écraser leur cœur avec une aisance qui faisait froid dans le dos. Était-ce une façon pour elle de se montrer supérieure à cette gente masculine trop macho ? Peut être.

C'est ainsi, lorsqu'elle se remit à danser, qu'elle vit un homme inconnu à ses yeux. Il n'était jamais venu ici auparavant, ça, elle en était certaine. Était-il égaré, ou simplement étranger à Aros ? Il s'installa à une table, visiblement mal à l'aise. La gitane détourna son regard de lui, avant de retourner danser de plus belle, espérant secrètement que l'inconnu aime le spectacle. Tout les moyens étaient bons: faire frémir son fessier et les nombreux bijoux qui pendait sur sa jupe, cambrer son dos, jouer avec ses bras et ses jambes. Mais lorsque la gitane reposa son regard ambré sur l'étranger, celui-ci ne la regardait toujours pas. Il y avait un verre de lait posé sur sa table, qu'il buvait à petites gorgées. Elle fronça les sourcils, presque vexée, mais aussi frustrée. Même si elle était fatiguée de ses nombreuses minutes de danse, la belle ne s'arrêta point, déterminée à ce que l'inconnu daigne enfin poser ses yeux sur elle.

Il avait certainement du le faire, mais n'avait pas éprouvé le désir d'applaudir la gitane. Et en soi, c'était ça le problème. Les hommes désiraient Dolorès, et il était impensable que l'un d'entre eux se détourne de son sillage. Certain avaient la joie de vivre en regardant leur femme ou leurs enfants, les avares aimaient leur or, et les soldats leur puissance. Dolorès, ce qu'elle aimait, ce qui la faisait vivre, était d'être perpétuellement désirée. L'orgueil et luxure auraient pu être ses parents respectifs.
La gitane tourna son regard vers l'inconnu, et cette fois ci, il disparut pour de bon. Dolorès baissa les yeux, et emprunta l'épaisse veste en cuir de Münk qu'il lui prêta de bon cœur. L'écart de température entre l'intérieur de la taverne et les rues d'Aros était impressionnante. Une épaise fumée blanche sorti d'entre les lèvres pulpeuses de la gitane. Ses yeux félins observèrent les rues, et ce fut finalement au bout de quelques minutes qu'elle le trouva.

Cet homme si peu impressionné par ses talents de danseuse. Il était adossé aux parois de la taverne, ses cheveux blonds virevoltant parfois au gré du vent. La gitane passa une main dans sa tignasse noire, et fit un pas vers lui.

- Hola señor, miaula-t-elle.

Dolorès posa une main sur sa hanche, et avança d'un pas supplémentaire vers l'étranger. Ses yeux félins ne le quittèrent pas une seule seconde.

- Le spectacle vous déplais ?

A force d'avancer, la voilà maintenant en face de lui, plus petite et menue. Mais elle lui tenait tête, le menton levé vers lui. Son sourire était discret, réservé. Elle tenait à savoir pourquoi il était parti si vite de la taverne, sans même avoir profité un peu de ses courbes enchanteresses.
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Lun 5 Nov - 23:38
La première interpellation le fit à peine bouger alors qu'il recomptait son matériel. Après tout, comment aurait-il pu penser un seul instant qu'on viendrait l'appeler lui ? Ou même qu'on le remarquerait sortir de la taverne et qu'on chercherait à le retenir. Après tout, les clients allaient et venaient, il n'était pas une exception. Cependant, si la voix aux accents chauds ne lui fit pas relever la tête, le mouvement le mit en alerte.
Ainsi décolla t-il le nez de son paquet pour observer la bohémienne, emmitouflée dans un manteau bien trop grand pour elle, s'approcher de lui et lui faire face avec aplomb. Cocasse car, s'il la dépassait d'une tête, son regard de ponchiot battu aurait pu prétendre le contraire. Il la regarda donc s'approcher, comme on voit les ennuis venir de loin sans pour autant chercher à les éviter et il lança même un regard par dessus son épaule pour être certain qu'elle s'adressait bien à lui. Mais.. Ah ! C'était le mur derrière lui. Ses sourcils se froncèrent l'espace d'un instant de contrariété mais ce fut surtout un regard plus ou moins confus et hébété qui se posa sur la jeune femme.
Lorsqu'elle lui posa sa question, il arqua un sourcil et sembla chercher une explication aux alentours. Perplexe, sûrement un peu gêné également qu'un tel regard le fixe ainsi, il aurait pu rougir si le froid ne venait pas déjà lui mordre les joues et le bout des oreilles. Aussi, ne tarda-t-il finalement pas à répliquer un :

-Je... Pardon ?

Très éloquent... Et ça se prétend scribe.
Ceci dit, il ne lui fallut pas non plus très longtemps pour identifier le spectacle dont il était question comme étant la danse de la jeune femme. Peut être venait-elle lui demander une contribution ?
Ainsi déglutit-il, les mains crispées sur le paquet qu'il portait précieusement.

-Ah ! Ca... Oui... Enfin non... Enfin...

Il toussota, fronça les sourcils afin de se donner le temps de formuler une phrase plus construite et surtout, plus complète avant de réajuster le col de sa veste.

-Je me suis simplement arrêté pour me réchauffer, je dois retourner au phare, voilà tout..

Qu'il tenta de se justifier en laissant son regard osciller entre les yeux de la jeune femme et l'enseigne de la taverne qui pendait au dessus. Incapable de soutenir un regard ? Pffrt... Absolument. Et même en s'en rendant compte, il ne pouvait soutenir le contact visuel plus longtemps. Etait-il intimidé ? Peut être, mais il était intimidé par à peu près toute personne qu'il ne connaissait pas.

-Votre danse était ravissante,

Qu'il articula, conscient qu'il n'avait finalement pas répondu à la question posée.

-Je supporte simplement mal le bruit.

La confession tomba de sa voix qu'il maîtrisait basse depuis qu'il avait pris la parole. Il n'aimait pas parler fort, encore moins dans la rue. Attirer l'attention, c'était attirer les ennuis, et ô Arceus qu'il désirait éviter les ennuis. Ainsi, mal à l'aise, le regard fuyant et perplexe, il se demandait bien pourquoi de tous les hommes présents dans la taverne, c'était lui, celui qui buvait un petit lait d'écremeuh, qui avait attiré l'attention de la jolie brune.

Parce que... Franchement... Un lait d'écremeuh... Dans une taverne.. Ca pue un peu, non ? Ca inspire pas franchement le respect, si ?
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Mar 6 Nov - 18:39
Dolorès arqua un sourcil lorsque l'homme en face d'elle ouvrit la bouche, visiblement très déstabilisé. Était-ce la présence de la gitane qui le rendait ainsi peureux ? Pourtant, il n'avait pas l'air d'être le genre d'homme à se laisser marcher dessus. Un pareil gaillard ne se laisserait pas intimider par un petit bout de femme ? Et pourtant, Dolorès n'était pas aux bouts de ses surprises...

Il se mit à bégayer quelques mots confus, puis serra contre lui un petit sac qui semblait bien rempli. Pensait-il que Dolorès était une voleuse ? Elle plissa les yeux, attendant encore quelques secondes, regardant l'homme se noyer dans sa détresse. Il était beau garçon: les cheveux mi-longs d'un blond vénitien, il portait une petite barbe naissante de quelques jours seulement. Ses yeux dorés ressemblaient beaucoup à ceux de Dolorès, même s'ils étaient moins félins que les siens. Ses larges vêtements cachaient probablement un corps d'athlète, enfin, de ce que pouvait en imaginer la gitane. Elle voyait un torse bombé de muscle, et recouvert d'un épais duvet noir ou blond qui sublimerait sa masculinité. Mais au plus l'homme parlait, au plus les rêves de Dolorès se brisaient.

Bon. Peut-être était-il timide. Mais la plupart de ces hommes, une fois la glace brisée, étaient torride comme le feu. Et il fallait dire que Dolorès était d'humeur joueuse ce soir là, malheureusement pour lui. Elle aurait très bien pu passer son chemin et le laisser tranquille, mais cela était trop facile. Dolorès pencha la tête sur le côté, et fit glisser l'un de ses doigts sur le manteau de l'homme, un léger sourire aux coins des lèvres.

- Au port ? Voilà pourquoi je ne connais pas votre visage... Vous êtes marin ?

Elle rangea son doigt, et de nouveau, elle s'approcha encore d'un demi pas. De là où elle était, elle pouvait un peu mieux regarder les yeux de son interlocuteur. Ambré, comme les siens. Ou comme la bière.
Il avoua qu'il n'aimait pas vraiment le bruit, et la gitane en déduit que la taverne, n'était pas un lieu fait pour lui. Il lui dit que sa danse était ravissante, mais Dolorès ne le crût pas vraiment. Était-il juste poli, ou honnête ? Cela ne la convint pas.

- Le port est pourtant presque aussi bruyant, monsieur... ? questionna-t-elle de nouveau.

Car oui, après tout, elle ne connaissait pas le nom de cet homme qu'elle trouvait si séduisant. Son côté timide le rendait charmant et au plus les minutes passaient, au plus la gitane avait envie de briser l'innocence de son interlocuteur...
Elle allait lui montrer, ce qu'était une vraie femme.
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Mar 6 Nov - 20:36
Dire que le regard félin posé sur lui le mettait mal à l'aise eut été un euphémisme. Lui qui était habitué au calme plat de la bibliothèque où tout le monde s'ignorait cordialement n'était pas forcément des plus confiants lorsqu'on lui accordé trop d'attention. Ceci dit, au fil des secondes, il du se résigner à accepter le fait que non, il ne pourrait s'enfuir décemment. Après tout, n'était-il pas un adulte responsable qui savait tenir la conversation ? Cultivé, il l'était, bien plus que la plupart des habitants d'Aros... Alors, forcément, on aurait put croire que le bougre savait au moins aligner deux mots sans bafouilles.
Ainsi, s'il se sentait dévisagé avec peut être un peu trop d'insistance, il osa à peine en faire de même pour mieux savoir à qui il avait à faire. Encore une fois, il n'aurait su dire si elle était étrangère ou originaire d'Hastérion, mais il aurait mis sa main à couper qu'elle ne venait pas d'Aros. Pour le reste, la nature l'avait doté d'une épaisse chevelure d'un noir Cornèbre et d'un regard sûrement un peu trop pénétrant au goût du scribe. Elle avait également le teint doré, de ceux qui passent leur vie au soleil, ce qui lui faisait assurément dire qu'elle n'était pas arosienne étant donné leur rythme nocturne.
Ce fut donc d'un doigt fin qu'elle vint effleurer son manteau et attirer ainsi par la même occasion le regard de Virgile sur sa main. Le bougre n'était pas tactile pour deux sous. Que ce soit par politesse ou par pudeur, les contacts ne se faisaient que par poigne de main pour le salut ou entre amis proches. Aussi, s'il ne sursauta ni ne glapit à la manière de l'animal craintif qu'il apparentait être depuis sa sortie de la taverne, il se figea tout de même... Recule n'aurait de tout manière servi à rien, il était littéralement dos au mur.
Ainsi était-il acculé, acceptant peu à peu le fait qu'effectivement, il devait engager la conversation avec une inconnue. Ce n'était pas grave après tout, il l'avait déjà fait, plusieurs fois même... Certes pas à la sortie d'une taverne, dos au mur et surpris comme un sapereau à la sortie de son terrier, mais tout de même. Alors, tandis qu'elle le questionnait sur son occupation de sa voix aux accents du sud, il prit une bouffée d'air froid qui lui fit presque regretter la chaleur de la taverne. Le contraste était cocasse, une fille du soleil au sein de la ville blanche. Elle disait ne pas le reconnaître, il trouvait ça logique. Pas qu'il ne soit totalement inconnu aux tavernes et autres bistrots, mais il était loin d'en être un habitué. D'aucun dirait qu'il était radin, il préférait le terme économe, mais c'était surtout par soucis de rester sobre. Il n'avait aucunement l'envie de ruiner le travail de plusieurs heures en renversant son encre sur une feuille soigneusement copiée, et ce parce qu'il avait trop bu. Et puis... Une chute était si vite arrivée lorsque l'on était ivre.. Les escaliers du phare ne pardonnaient pas ce genre d'impair.
Ainsi, et alors qu'elle achevait de se rapprocher de lui et qu'il lutta pour ne pas tenter de reculer – encore une fois, il aurait put se décaler un petit peu mais aurait vite heurté les briques du bâtiment, ce qui aurait été, avouons-le plutôt ridicule, surtout que cela reviendrait à admettre qu'il tentait d'éviter une jeune femme somme toute plus petite que lui et ne montrant aucun signe d'hostilité –, il finit par prendre la parole après avoir avalé une nouvelle inspiration d'air froid.

-Virgile, Virgile Marcial... Et non, je ne suis pas marin.

Qu'il souffla pour entamer son début d'explication et en profiter pour se présenter.

-Le port est assurément bruyant, mais je travaille en tant que scribe à la bibliothèque du phare... L'endroit est autrement plus silencieux.

Qu'il finit par expliquer non sans une pointe de fierté. Il avait beau ne pas en mener bien large acculé comme il l'était contre les murs d'une taverne, se sentir mal à l'aise par la proximité de la bohémienne – bien qu'il fallait l'avouer, elle était charmante et même lui ne pouvait le nier –, pouvoir clamer qu'il était scribe, qu'il fréquentait les érudits et côtoyait certainement la plus grande source de savoir d'Hastérion... Il ne pouvait s'empêcher d'en être fier !
Alors, même si sa voix pouvait parfois se montrer tremblante parmi les échos de la ville, il finit par retourner la question. Par politesse, parce que ce n'était pas lui qui avait engagé l'échange et surtout parce qu'il refusait de garder le monopole de la conversation – pour peu que le bougre ait une parole malheureuse... –, il rendit la question.

-Si j'ose me le permettre... Vous n'êtes pas vraiment d'ici, mademoiselle … ?

Sa voix avait elle déraillé au milieu de la phrase ? A peine, on pouvait facilement mettre cela sur le compte de la naissance d'une toux étouffée à la naissance de sa gorge.
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Sam 10 Nov - 15:21
- Virgile... Répéta-elle, écorchant au passage son nom trop compliqué à prononcer sans un accent marqué.

Le blond lui expliqua qu'il n'était pas marin, mais scribe à la bibliothèque du port. Ce qui expliquait peut être son mal-être à la taverne, bien que Dolorès connaisse des scribes avide d'ivresse. Celui ci en revanche, semblait aimer le calme, et probablement la solitude. Pourquoi venir en ville, et dans cette rue si animée alors ? Peut être voulait-il faire face à ses démons, et rencontrer des gens ? Pas vraiment. Dolorès avait l'impression qu'il était totalement désemparé devant elle, et que lui parler lui demandait un effort conséquent. Cela l'intriguait. Elle qui avait l'habitude des beaux parleurs et des hommes sûrs d'eux, rencontrait peut être pour la première fois quelqu'un de différent, et cela lui plaisait. Un garçon qui semblait prude et déstabilisé par la présence de la gitane, ne faisait qu'augmenter son désir de le secouer un peu.

De nouveau, la gitane croisa les bras, et détailla la carrure du dit Virgile. Il était bien épais pour un scribe. Il aurait eut une carrière prometteuse en tant que marin ou soldat, dans les métiers qui nécessitait une force naturelle. Du coup, l'imaginer écrire avec une plume, le rendait soudainement plus délicat, sensible. Elle arqua un sourcil, et un sourire s'étira sur le coin de ses lèvres rouges.

- Vous aimez le silence ? Demanda-t-elle.

Le silence était parfois terrifiant, parfois rassurant mais souvent excitant. Ne pas faire de bruit, respecter ce néant sonore faisait monter l’adrénaline de la belle, qui n'avait pas l'habitude d'être silencieuse. Il n'y avait qu'à voir ses nombreuses parures pour se rendre compte que la gitane faisait corps avec le bruit et la fête. Une question lui trotta dans la tête, mais mieux valait qu'elle reste en suspend pour le moment.

Virgile se montra curieux, et Dolorès plissa les yeux, d'humeur joueuse. Atrévete a lo que quieras, pensa-t-elle avant de lever de nouveau le menton pour faire face à lui.

- Lorna. En effet, Aros n'est pas ma ville natale.

D'ailleurs, sa vie aurait été bien différente si elle aurait été native de cet endroit. Elle n'aurait pas le même teint pour commencer, et n'aurait probablement jamais commencé la danse avec la température d'Aros. Dolorès aurait fini prostituée ou serveuse dans un bar miteux, et finalement, sa condition de gitane n'était pas à plaindre.

- D'où pourrais-je bien provenir à votre avis, Vrigile ?

Les yeux ambrés de la jeune femme ne cessèrent de quitter ceux de l'homme, tout comme un tigre regarderait une proie facile. Mais le scribe était-il si simple à manipuler ?

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Sam 10 Nov - 17:57
A la question sur le silence, et parce qu'il ne savait pas vraiment si s'épancher sur les bienfaits de la compagnie de la solitude était une bonne idée, il se contenta de hausser les épaules et d'incliner la tête sur le côté pour signifier que 'pas forcément'. En d'autres circonstances, sûrement aurait-il pu s'attarder sur ce signifiait le silence et à quel point cela permettait de se retrouver seul avec soit même mais... Ni l'endroit, ni le moment ne lui semblait propice, il garda ses réfléxions pour lui et laissa la jeune femme se présenter à son tour.
Si Virgile était incapable de retracer les accents de la belle et de dire avec précision d'où elle venait, il était néanmoins capable d'apprécier l'exotisme qui s'en dégageait. Sûrement accordait-il trop d'importance aux mots, à leur emploi et à leur manière d'être prononcé, mais c'était bien ce qui retenait le plus son attention. Sûrement était-ce parce qu'il peinait à garder un regard ferme sur celui de la bohémienne. Ainsi s'appelait-elle Lorna, du moins se présenta t-elle de cette façon, et elle affirma qu'effectivement, elle n'était pas originaire de la ville. La constatation arracha un maigre sourire au scribe. Pas qu'il ne soit particulièrement fier de sa 'découverte', peu de personnes auraient pu se tromper, mais parce qu'il n'y avait apparemment aucune réticence à lui répondre.
Son sentiment de malaise s'était-il dissipé pour autant ? Absolument pas. S'il n'osait pas affronter son regard trop longtemps, c'était pour une bonne raison, du moins à ses yeux. Peut être était-il paranoïaque mais il avait l'impression de se retrouver face à un prédateur. Un petit bout de femme, certes, mais quelque chose lui hurlait qu'il y avait bien plus qu'un simple danseuse derrière les pupilles d'or posées sur lui. Et Virgile appréhendait grandement ce qu'il ne savait pas... Appréhender, justement.
Ainsi, lorsqu'elle lui posa sa question, son ultime devinette, il déglutit et laissa ses sourcils se froncer pendant qu'il se concentrait. Cherchait-il une réponse ? Pas vraiment, pas tout de suite. Monsieur pensait avoir à faire à une question piège, un peu comme quand Dame Cunégonde demandait aux jeunes copistes l'âge qu'ils lui donnaient, et qu'elle sévissait lorsque la réponse ne lui convenait pas.
Pourtant, il du se résoudre à donner bien vite un réponse. Laisser patienter son interlocutrice pendant plus de quelques secondes était impoli, il le savait et somme toute, s'il la vexait, elle se désintéresserait de lui. Ce n'était pas l'objectif, mais ça ne serait pas non plus négatif. Ainsi, et alors qu'il renifla en sentant le froid lui mordre les oreilles sans grande pitié – Arceus qu'il détestait le froid –, il prit la parole à son tour.

-S'il n'y avait pas eu votre accent, j'aurai pu vous croire de Scémède, initia t-il, Mais il me semble que vous soyez originaire d'un contrée d'outre mer. De là à vous donner un lieu précis, je m'excuse mais je n'en serai pas capable.

Et alors qu'il achevait sa phrase, il pinça les lèvres, appréhendant la suite... Il était resté vague car il n'avait effectivement aucune foutre d'idée d'où elle pouvait bien venir. Le bougre ne quittait pas Aros, et s'il se plaisait à écouter les récits des autres, ce n'était pas la géographie qui l'intéressait le plus. Ceci dit, s'il se trompait et que les scémédois avaient bel et bien un accent qu'il ne connaissait pas... De quel idiot il aurait l'air ?

Il aurait ainsi pu reprendre la conversation, poser quelques questions de plus mais il lui semblait somme toute plus poli d'attendre la réponse de la jeune femme plutôt que de dériver le sujet et d'ainsi sembler ne nourrir que peu d'intérêt à son sujet. Honnêtement, il n'aurait jamais pensé avoir à lui adresser la parole, ni même à lui répondre ou quoique ce soit, mais la conversation était entamée, alors... Autant se montrer agréable autant que faire se pouvait ? Même si le bougre n'en menait toujours pas large et semblait cruellement manquer d'éloquence.. whoops
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Lun 12 Nov - 17:26
La gitane vit Virgile détourner son regard, un léger sourire s'étira sur ses lèvres. Il ne se battait pas. Il ne soutenait que très peu son regard, et ne faisait que répondre aux questions qu'on lui posait. Dolorès se mordilla une lèvre, réfléchissant à une technique qui pourrait le rendre un peu plus... Joueur.

Virgile reprit la parole pour énoncer une théorie, qui n'était pas mauvaise. En effet, Dolorès ne venait pas de Scémède, loin de là. Peut être qu'elle provenait d'une contrée d'outre mer comme il le songeait, mais à vrai dire, la gitane elle même ne le savait pas. Elle est née sur un chemin, une route, une traversée de territoire. Elle était fille des sentiers, et n'avait pas d'appartenance particulier à un pays ou une ville. C'était, en grand partie, ce qui faisait sa force. Après tout, lorsque l'on a aucune attache, c'est plus facile de fuir, ou de disparaître. Et cela faisait parti de son quotidien.

Elle hocha la tête avec douceur, pour lui indiquer qu'il ne s'était pas trompé.

- Vous avez vu juste, dit elle. Felicitaciones.

Son regard ambré glissa de nouveau vers le poitrail de l'inconnu, sans aucunes vergognes. Après tout, si les hommes reluquaient ses formes, elle aussi pouvait bien se le permettre non ? Mais ici, ce n'était pas vraiment les détails de son corps qui l’intéressait, mais bien un élément un peu plus mystérieux.

- Il y a quoi dans votre sac ? Demanda-t-elle enfin.

Voilà ce qui pouvait peut être le réveiller. La belle passa une main dans ses longs cheveux noirs, et un sourire s'étira sur son visage. Sans même attendre sa réponse, elle se rapprocha de lui, et fit glisser l'une de ses mains sur le papier de l'emballage. Elle leva les yeux vers le scribe, et pencha la tête sur le côté, l'air joueuse.

- Je peux voir ? Miaula-t-elle.

Qu'est qui pouvait bien attirer l'attention d'un homme comme lui ? Qu'est ce que ce sac pouvait renfermer ? De la nourriture ? Des fruits et légumes ? Des dessous affriolants ? Pire peut être... Des instruments de luxure ? Cela pouvait expliquer pourquoi il gardait ce sac tout contre lui. Après tout, si des religieux fanatiques lui tombaient dessus, il risquait gros. Mais alors pourquoi se balader en ville avec de tels instruments ?
Pour aller forniquer avec une dame qui n'était pas sienne.

Cette idée élargit encore un peu plus le sourire de la gitane, qui se transformait petit à petit en femme vicieuse et mesquine. La gitane avait tous les hommes qu'elle voulait, et il était hors de question que celui-ci lui glisse entre les doigts. Son ego en dépendait...

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Lun 12 Nov - 21:26
Ainsi Lorna lui donna raison et le félicita même de sa voix aux accents chauds. La déclaration eut au moins le mérite de lui arracher un sourire. Un petit sourire, certes, mais un sourire satisfait tout de même, ravi d'avoir vu juste. C'était une victoire facile pour son ego facilement ébranlé, autant s'en réjouir.
Ceci dit, et même si lui même peinait à maintenir le contact visuel tant la proximité pouvait le gêner, il remarqua assez rapidement que le regard de la demoiselle avait finit par quitter le sien pour se poser plus bas. Quelque chose d'autre avait captivé son attention et ce quelque chose trônait contre lui entre ses bras : son paquet de course. Alors, certes, il n'avait rien à cacher, mais l'attention qu'on portait sur sa discrète existence ou sur ses affaires avait le don de le mettre mal à l'aise mais... Ca, n'est plus vraiment une surprise, n'est ce pas ? Ainsi, lorsqu'elle posa la question fatidique, il tenta de dissiper sa curiosité d'un bien maigre.

-Hélas, rien de bien intéressant, je le crains...

Pourtant, rien n'y fit, et il était le premier à se rendre compte qu'aussi véridique soit sa déclaration, nier l'attrait de son paquet, c'était revenir à le doubler. Alors la gitane se rapprocha et cette fois ci, il ne pu s'empêcher de faire un pas – ou plutôt un demi-pas – en arrière et de heurter le mur pour de bon. Aïe. La grimace qui lui échappa ne dura qu'une seconde, mais il pria intérieurement que personne ne l'ait remarquée. S'il s'était attardé à regarder les passants, sûrement aurait-il pu apercevoir quelques mines amusées ou quelques regards réprobateurs, heureusement ne le fit-il pas. Sinon... Il aurait pu défaillir et j'exagère à peine.
Alors, quand Lorna réitéra et confirma sa demande de connaître le contenu de son sac, il n'hésita qu'un bref instant. Premièrement parce qu'il ne supportait que très peu les blancs dans une conversation et avait donc besoin de les combler aussi vite que possible, mais également parce que, plus vite il lui aurait montré qu'il n'y avait effectivement rien d'important entre ses bras, plus vite elle s'en désintéresserait. Du moins théorisa t-il ainsi.

-Soit, mais je vous aurais prévenue.

Qu'il souffla donc en inclinant doucement son colis. C'était un sac de toile moyen qu'il aurait facilement pu faire glisser sur son épaule si on lui avait laissé le temps de s'en aller. Il ne contenait que quelques parchemins soigneusement roulés, une poignée de noix de galles séchées, deux petites bourses de minéraux brisés qui serviront plus tard à colorer la mixture et de la gomme arabique qui, mélangée au reste, permettrait de lier l'encre. Au fond, il y avait également une cordelette pour relier les pages entre elles.

Ainsi, et parce qu'il se doutait que le contenu qu'il transportait pouvait bien sembler aléatoire à une néophyte, il finit par se racler la gorge pour entamer des explications qui lui semblaient de rigueur. Il détailla donc à grands renforts d'anecdotes le processus de la création de l'encre. Enfin, d'abord expliqua t-il la provenance de chaque ingrédient. Ainsi, si les pierres provenaient du sol, facile, les noix, elles, provenaient de piqûres de pokemons insectes auquel les arbres réagissaient. Quant à la gomme, il ne s'agissait, basiquement, que de sève. Puis vinrent les explications plus ou moins longues sur l'utilité de chaque ingrédient. Les noix pilées, bouillies dans l'eau pendant de longs jours puis mélangées à la gomme afin de lier la préparation et donner sa texture à l'encre. Il fallait alors y ajouter hors feu les minéraux qui donneraient la couleur noire désirée. Il divagua un peu en parlant des pigments dérivant des fleurs ou d'autres métaux et ne manqua pas non plus de raconter que la première fois qu'il s'était essayé à l'exercice, son encre avait simplement coulé sur le papier. Puis il se coupa, net.
Pour un peu se serait-il perdu en rougissement, 'heureusement', le froid lui avait déjà rendu les joues et les oreilles rouges et il se contenta de toussoter. Il avait perdu, l'espace d'un instant, la timidité qui l'animait. Le sujet, sans le passionner, l'intéressait au plus au point. En tant que scribe, il devait savoir avec quoi il travaillait, être capable de reproduire la création de l'encre. Son savoir s'étendait aussi également sur la fabrication de la peinture qu'il maîtrisait nettement moins... Ah... Mais qui allons nous tromper, bien sûr qu'il en était passionné, il avait simplement du mal à l'admettre, le bougre. Dire, à la sortie d'une taverne, qu'il aimait faire bouillir des noix pour en récolter le tannin et broyer de la sève durcie, ça restait tout de même cocasse. D'autant qu'il ne parlait pas à un collègue ou à un intéressé, mais à une danseuse qui n'avait certainement pas le goût de s'intéresser à ce genre de chose. Ainsi, après quelques toussotements maladroits, il se racla à nouveau la gorge.

-Vous voyez donc ? Rien d'intéressant.

Conclut-il dans un petit sourire penaud, le regard fuyant.
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Sam 17 Nov - 16:27
Dolorès se mordilla les lèvres lorsqu'elle se rendit compte que Virgile était bel et bien coincé. Reculant d'un pas de trop, il était désormais bloqué entre elle et le mur, prit en sandwich. Sa grimace amusa la gitane, qui se délectait du trouble qu'elle semait dans l'esprit de l'homme. La proximité le dérangeait, et cela se voyait. Maintenant que Dolorès connaissait sa faiblesse... Il lui était difficile de ne pas s'en jouer.

Virgile inclina son paquet, se sentant presque obligé d'en dévoiler le contenu. La belle haussa un sourcil: c'était trop facile. Si elle avait été une voleuse, Dolorès l'aurait dépouillé sans aucun problème, malgré la différence de corpulence entre Virgile et elle. Elle avait beau être plus petite, elle n'en restait pas moins rapide, et assez agile pour se faufiler là où un homme ne le pouvait pas. Sa curiosité l'emportant, la gitane posa ses mains sur l'extrémité du paquet, et plongea son regard à l'intérieur.

La déception fut grande. Il ne s'agissait point d'instrument de luxure ou de sous-vêtement affriolant, mais simplement quelques objets sans grande valeur. Le scribe sembla prendre son courage à deux mains, et lui expliqua à quoi servait ces fameux objets. Dolorès n'osa pas le couper: il avait l'air tellement à l'aise dans son ancre et ses pigments, qu'elle ne voulait pas le déstabiliser plus. Au moins, elle apprit une nouvelle chose sur lui: le contenu de son sac lui était très important, pour son métier, mais aussi par passion apparemment. La gitane arqua un sourcil, se retenant de soupirer. Après dire, même si ses explications étaient pertinentes et intéressantes, cela manquait beaucoup... D'action. Vous voyez donc ? Rien d'intéressant, en conclu-t-il.

- Je ne trouve pas, répondit-elle mielleusement. Après tout, cela compte pour vous no ?

Son sourire s'élargit, et dans un geste fort et rapide, la belle se saisit du sac et fit quelques pas en arrière. Virgile pouvait maintenant respirer: voilà qu'elle s'était un peu éloignée. Mais elle avait piqué son sac au passage.

- Je suis sûre que cela prend du temps pour rassembler tout ces ingrédients, je me trompe ?

La gitane s'éloigna encore de quelques pas, esquissant un mouvement fluide de hanche, comme si elle s'apprêtait à danser. Elle brandit le contenant en tissu au dessus de sa tête, le bras tendu, et un nouveau sourire s'étira sur son visage caramélisé.

- Jusqu'où êtes vous prêt à aller pour le récupérer, Virgile ?

Là, cela devenait plus intéressant. Plus de blabla, plus de regard timides ni même de paroles murmurées dans sa barbe. La gitane le provoquait littéralement, et elle avait hâte de savoir comment il allait réagir. Allait-il jouer le jeu, ou se laisser de nouveau écraser par la gitane ?


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Sam 17 Nov - 20:30
Oh ça, il pouvait bien respirer d'avoir retrouvé son espace personnel, surtout quand ses bras avaient été délestés du paquet qu'il chargeait précieusement. Quel idiot !. Si le vol aurait pu le faire glapir de surprise, celle-ci lui coupa plutôt la respiration tant il se sentit le dernier des abrutis. C'était évident.
Ainsi, s'il pâlit d'effroi en se rendant compte qu'il avait été joué comme un enfant, il fit néanmoins quelques pas en avant pour se décoller du mur. Il était resté bête en la voyant brandir victorieusement son paquet. Il n'y avait rien à fêter, honnêtement, berner quelqu'un comme lui n'était pas un exploit, ne s'en rendait-elle pas compte ? Et s'il s'était avancé, elle avait reculé à nouveau de quelques pas à la manière d'un félin méprisant. Ah ça... Plus de regards timides. Etait-il furieux ? Non, Virgile ne savait pas s'énerver, il se détestait surtout d'avoir fait un détour, de s'être arrêté dans une taverne et surtout d'avoir accepté d'engager la conversation. On ne l'y reprendrait plus... Ou peut être que si, mais sans paquet.
Ainsi, le visage crispé, clairement ennuyé, il tentait de repasser les informations qu'il avait à sa disposition pour analyser sa situation. S'il n'était pas totalement certain que son accent soit authentique, il pouvait assurer qu'elle n'était pas d'ici. Ceci dit, si elle résidait tout de même à Aros, elle en connaissait les ruelles et recoins, peut être même mieux que lui. Lui courir après aurait pu sembler une bonne idée s'il était convaincu de pouvoir la guider dans une impasse. Hors, il ne l'était pas, et à en jauger par le gabarit de la voleuse, elle serait bien trop rapide pour lui si elle connaissait son chemin. La course poursuite était à proscrire.
Les gardes ? Il y en avait partout à Aros, mais le problème restait le même s'ils n'avaient pas de monstres à leur disposition pour les aider à aller plus vite, d'autant qu'apparemment, aucun d'eux ne se situaient suffisamment proche pour tenter un appel à l'aide. Sa fierté ne l'aurait pourtant pas empêché de hurler telle une donzelle effarouchée.
Bien... Il n'était pas dans une bonne situation, pourtant, il se surprenait lui même à rester étrangement calme. S'il ne se sentait pas aussi con, sûrement aurait-il pris le temps de se féliciter intérieurement pour son sang froid légendaire. Ah ! Du sang-froid, à Aros ! … Bref.
Il se risqua à faire un pas en avant, la mine grave. Et maintenant quoi ? Il tentait de discuter ? Il la laissait partir et s'avouait vaincu ? M'enfin, ça ne faisait pas sens ? Pourquoi vouloir récupérer de quoi fabriquer de l'encre quand on ne travaille pas dans le domaine... De la nourriture, des étoffes ou même de l'or aurait été compréhensible... Ceci dit, elle était restée face à lui. Si le sac l'intéressait vraiment, sûrement se serait-elle éclipsée aussi vite que l'éclair avec cette veste qui ne semblait pas non plus lui appartenir.
Alors le bougre se racla la gorge.

-Certes il m'est important, mais ce n'est pas votre cas.

Qu'il se risqua à déclarer.

-Seuls les scribes et copistes ont l'utilité de ce genre d'ingrédients. Qu'en feriez-vous ? Le revendre?

La question était légitime, mais il n'attendait pas forcément de réponse. Déjà parce qu'il doutait qu'on lui offre sur un plateau d'argent un réseau de voleurs, et aussi, parce que ça ne l'intéressait bizarrement pas.

-Ceci dit, vous êtes toujours là... Voilà qui m'amène à une autre question : Qu'attendez-vous de moi ?

Et s'il était tendu le bougre, s'il se morigénait intérieurement pour s'être montré aussi naïf et bête, s'il souhaitait quelque part qu'un bureau tombe du ciel pour punir la voleuse, il se montrait bien étrangement calme. Il n'avait pas grand chose à perdre à tenter de la raisonner... Si ?
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