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Sous le soleil de plomb - Liseron

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Or : 265
Origine : Hastérion
Métier : Scribe
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Lun 26 Nov - 3:42
Ce fut un Virgile fourbu et en sueur qui atteignit Bourg Flora dans la matinée. Il avait les yeux rouges et bouffis de sommeil de la personne qui n'est clairement pas habituée à vivre de jour. Le manteau sur les genoux, assis à l'arrière d'un chariot brinquebalant, il regardait le chemin défiler sous les roues du véhicules. C'était un vieil homme qui venait vendre quelques unes de ses bricoles et des chaises qui avait accepté de l'accompagner jusqu'à Bourg Flora. Pierrot, muni d'une moustache des plus élégante pour un paysan, l'avait guidé depuis Aros, dans son chariot tiré par un imposant Tauros. Ah ça, ça avait surpris le scribe habitué à la compagnie de petits pokemons. Il était d'ailleurs parti accompagné de Gargantua et Sire-Lumière, conscient que le soleil et la chaleur de Scémède leur ferait du bien.
Ainsi, les deux pokemons dormaient dans le sac qu'il avait rempli pour le voyage et déjà, il regrettait d'avoir pris son imposante veste. Il suait le bougre et tentait de s'éventer comme il le pouvait alors que Pierrot à l'avant moquait ses habitudes d'Arosien.

-Ah ça, z'avez la peau blanche vous là... T'vas brûler mon garçon.

Il voulait bien le croire, il se sentait déjà cuire et ce, même à l'ombre du voile du chariot. Dans un soupir lourd, il préféra éviter répondre aux commentaires de son guide qui riait à l'avant. Il fallait dire que le Pierrot était bruni par le soleil... Un peu comme un pruneau. Evidemment que les rayons ne lui faisait rien. Pour un Virgile habitué à la clarté de la ville Blanche, un rayon de soleil signifierait l'insolation à coup sûr. Pour prévenir un minimum, il veillait à s'hydrater régulièrement et à se couvrir la tête avec une chemise blanche lorsqu'il quittait l'abri du chariot. Autant dire qu'il renvoyait une image des plus parfaites.
Ce fut sûrement par pitié que Pierrot finit par lui offrir son chapeau de paille lorsqu'il le vit quitter l'abri de sa charrette pour soulager sa vessie une énième fois. Il lui fit remarquer qu'il n'arriverait jamais à Bourg Flora à ce rythme. Ce fut de piteuses excuses qui lui répondirent.
Ainsi se ponctua le voyage, de quelques commentaires amusés et de réponses parfois offusquées. Jusqu'à ce que le motif du voyage fut abordé une nouvelle fois. Si le scribe avait convaincu le Pierrot de le laisser embarquer avec lui, ce fut en lui racontant sa mésaventure et en lui expliquant qu'il avait apparemment besoin de Lait Meuhmeuh spécial de Scémède.

-Ah ! Le meuhmeuh, rien d'mieux pour tes p'tits os fragiles.

Qu'il lui avait répondu. C'était un peu insultant, mais pas totalement faux. Ainsi en parlèrent-ils à nouveau pour que Pierrot lui explique où trouver le meilleur lait de la région. L'information fut évidemment perdue car les repères donnés ne parlaient absolument au Virgile qui ne comprenait pas de quelle grange il parlait, et de quels champs il fallait se méfier.
Ainsi arrivèrent-ils à Bourg Flora, pittoresque Bourg Flora. Colorée par les champs de fleurs qui commençaient à s'étendre sur le chemin, la bourgade arracha un regard brillant au scribe qui n'avait clairement pas l'habitude d'observer autre chose que les horizons gris de la mer d'Aros. Cela changeait assurément des murs blancs de sa cité.
Il quitta son hôte peu après que celui-ci lui ait indiqué une bonne auberge et de le nommer pour espérer une réduction. Ainsi seul, abandonné en terrain inconnu et hostile, Virgile fit quelques pas dans la paisible bourgade. Sire-Lumière réveillé, il profité du climat, du soleil et des fleurs pour se dégourdir les ailes et apprécier l'air. Il ne comprenait décidément pas son humain qui préférait la nuit d'Aros au soleil du reste du monde.
Ainsi, forcément, il ne fallut pas longtemps à l'insecte pour s'éloigner de Virgile et Gargantua pour voleter et découvrir – ou redécouvrir (?) – la ville. Il ne lui fallut également pas longtemps pour s'attirer des ennuis.
Avait-il trouver un bac de baies ? Oui. Son appétit s'était-il réveillé en voyant la variété mise à sa disposition ? Assurément. Seulement voilà, les baies ramassées et mise ensembles, ça n'est que rarement un cadeau du destin.
Ainsi, ce fut un Virgile absolument pris au dépourvu lorsqu'un Sire-Lumière affolé hurla sa détresse  et se jeta sur lui, lui arrachant un glapissement en lui percutant le bras. Il ne comprit que peu de temps après que le danger n'était pas loin lorsqu'il aperçut le reflet du soleil sur la lame d'une faucille.
Alors, dans un cri à moitié étouffé par la surprise, il tendit de son bras valide son manteau devant lui, espérant vainement se dissimuler à la vue d'un potentiel agresseur.

Ceci dit, avouons le. Se planquer sommairement derrière un manteau lourd mais rester sur place, ce n'était pas vraiment la meilleure des idées.
Arceus tout puissant, faites que ce jour ne soit pas mon dernier ! qu'il pria intérieurement, fermant les yeux, espérant que s'il ne voyait pas, on ne le voyait pas non plus.
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Or : 140
Métier : Jardinière
Equipe :
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Ven 7 Déc - 11:59

❝ A weed is but an unloved flower ❞VirgileLa journée avait mal commencé pour Liseron et ça n’allait pas en s’arrangeant. Après le fiasco de la dernière fois, la demoiselle faisait encore plus profil bas et quand elle ne travaillait pas, elle trouvait rapidement une autre besogne à faire. Il fallait vraiment, vraiment qu’elle perde quelques-unes de ses manières et l’idée était loin de lui plaire. La faucille, encore, elle pouvait comprendre bien qu’elle était déterminée à la garder. L’argument préférée de la rosée étant que sans, comment pourrait-elle se défendre ? Mais loin d’être dupes, les gens savent et savaient qu’il ne lui fallait pas grand-chose pour se défendre. Une autre remarque ? Son accent, son patois. Offusquée, elle n’avait pas pipé un mot, s’était contentée d’hocher la tête pour dire oui et de rougir non pas d’embarras mais pas de colère. Palais ou champs, ils restaient tous de Scémède bon sang ! Mais soit. Si elle devait faire des efforts pour rester loin de son fiancé, elle en ferait.

D’où l’ironie du présent.

Liseron est à Bourg-Flora pour voir ce dernier et il lui faut prendre beaucoup de grandes inspirations pour se calmer. On a prescrit à monsieur une saignée et il est terrifié. Il est vrai que même pour la jardinière, c’est une drôle de façon de guérir quelqu’un : elle a déjà fait saigner des pokémons et ce n’était clairement pas pour qu’ils puissent de nouveau gambader un de ces jours, plutôt pour pouvoir les manger. Elle doute cependant que quiconque de sain veuille manger son fiancé et puis elle n’est pas médecin. Pour résumé : elle s’en contrecarre le boulard. Mais il lui a demandé sa présence pour être rassuré et pour lui confier des plants à ramener au palais. L'air de Bourg-Flora lui fait du bien à la rosée en tout cas et comme un gros matou, la demoiselle prend plaisir à se prélasser sous le soleil qui la fait rougir et suer. Elle a fait le tour de la bourgade plusieurs fois déjà, à chaque fois en pressant puis allégeant le pas et devrait se résoudre à y aller une bonne fois pour toute. Mais loin d'elle l'envie d'arriver trop en avance et de devoir meubler la conversation, elle serait capable de demander à Pépin de lui faire des bouchons d'oreilles en toile pour ne pas entendre sa voix mi-mourante mi-mielleuse.

L'Aspicot, d'ailleurs, n'est jamais venue ici et se plait fortement. Posée en écharpe autour du cou de la jardinière, elle réagit à chaque pot de fleurs qu'elles croisent et qui lui fait envie. Et quand elle passe et repasse devant un bac de baies, son appétit se sent titiller. Alors elle essaye, avec la discrétion d'un Tauros qui charge, de se dérouler du coup de son humaine pour y sauter. Mais elle n'est pas la seule intéressée et l'agitation sur sa peau fait réagir la demoiselle. Comme un automatisme, la vue de l'insecte volant près des récoltes lui fait dégainer sa faucille. Fort heureusement pour le Muciole, elle se retient au dernier moment et ne fait que viser le bac dans lequel le bout de l'outil s'enfonce, laissant le reste de la lame faire briller son avertissement. Oups. Alors qu'un cri se fait entendre, la Liseron rigole pour cacher son embarras. Ne devait-elle pas travailler ses mauvaises habitudes ?

Fatiguée d'elle-même, elle récupère son outil et se retourne pour s'excuser tout ça pour se retrouver face à face avec un manteau. Pas un Muciole, pas un humain à l'origine du cri, un manteau. Ses sourcils se lèvent sous la confusion et elle s'approche, doucement mais ses talons résonnent sur les pavés et font part du moindre de ses pas au fort de tissus. Elle le cercle d'ailleurs à la façon d'un rapace, ce fort improvisé. Car qui d'ici aurait besoin d'un manteau aussi épais ? La touffe blonde ne lui dit rien non plus, elle connait vaguement des blonds mais pas de ce ton précisément. Alors, a-t-elle effrayé un touriste ou quelqu'un de plus important ? Pour qu'elle soit seule, si mal préparée à la bourgade, une pauvre personne de passage. C'est bien sa vaine, ça. Elle continue de l'observer un peu, pour s'assurer ne rien risquée et quand elle voit que la personne a plus l'air d'un petiot apeuré qu'autre chose, elle cesse sa ronde pour s'agenouiller à ses côtés.

C'donc vous qu'avez coinner ? Tenez-vous dret sur vos cliques, tout il va bien, j'vous aiguiche pô, j'suis désolée, c'loin d'être votre finition.

Terrible Liseron : sa voix est douce, comme si elle s'adressait à un enfant qu'elle ne veut pas effrayer mais son accent alourdit ses mots, les rend peut-être plus maladroits. Mais elle n'y pense pas, la campagnarde. Elle se contente de passer sa main dans son dos dans de longs gestes circulaires afin de l'apaiser et de le rassurer. Il n'y a aucun danger, voudrait-elle ajouter. Mais comment la croire quand la faucille est toujours nichée dans ses poches et que le Dard de son Aspicot est tout aussi menaçant ?
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Oupsie:
 
Coinner : émettre un cri perçant
Dret : droit, en face
Cliques : jambes
Aiguicher : taquiner
Finition : mort
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