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Magicarpe Diem // ft. Oreste

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Mer 22 Aoû - 10:06


ft. Oreste L. Alagona
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Un bâillement.
 
Le troisième en cinq minutes.
 
Les joies d’Aros. Vivre la nuit ne nous réussissait définitivement pas… certes, nous adaptions notre rythme de vie à la chaleur à Scémède, mais pas au point de vivre la nuit ! Notre teint, notre allure allaient terriblement en souffrir. Enfin, il ne nous restait qu’à espérer que la Gardienne ne s’en formaliserait pas. Nous ne l’avions encore jamais rencontrée, mais Lorenzo disait qu’il ne s’agissait que d’une enfant.
 
En attendant notre visite, nous avions décidé de prendre un peu de bon temps à Aros. Si cette contrée était celle que nous connaissions le mieux, nous ne l’avions jamais correctement visitée. Alors nous avions plutôt envie d’explorer Aros la Grande !
 
… Et de nous éloigner de la cour quelques jours. L’arrivée de Galatée dans notre équipe avait été une humiliation terrible au goût de déjà-vu.
 
Nous avions donc pris place à l’hôtel avec la plus petite compagnie possible, qui se réduisait essentiellement à notre valet et nos deux… poissons. Or, le premier était parti faire une course pour nous, aussi nous l’attendions pour sortir, tranquillement attablée face à une assiette vide (eh, changer d’horaires nous poussait à manger à des heures incongrues. Ce n’était pas de notre faute !). On avait fait poser des fleurs un peu partout dans la pièce, entre autres requêtes. Ca ne rendait pas le tableau – nous, épuisée, aux côtés de deux Pokémon lourdauds au sol, dont un qui frétillait – plus grandiose.
 
Nouveau bâillement. Ughhh… nos yeux étaient tellement lourds. C’était à se demander si Oreste n’avait pas caché un chat dans la pièce.
 
En parlant du loup… on frappa à la porte.
 
« Entre, Oreste ! »
 
Nous voulûmes lancer cette phrase d’un ton haut et clair, mais notre voix était terriblement pâteuse. Alors qu’il entrait, nous nous redressâmes un peu, esquissâmes un sourire poli, mais ne fîmes pas plus de manières. Pas besoin en sa compagnie.
 
« Tu en as mis du temps. Nous commencions à mourir de froid. Il t’est arrivé quelque chose en chemin ? »
 
Les joies d’Aros, encore une fois. Nous n’avions pas imaginé qu’un été puisse être si froid, et toutes nos robes d’hiver étaient déjà terriblement démodées. Nous nous étions dit que l’allure était plus importante que le confort, mais… puisqu’Oreste était là pour nous apporter un lainage ou une fourrure, nous n’avions pas à le sacrifier.
 
« Parfait. Nous allons pouvoir sortir sans risquer de geler ! Tu nous accompagnes ? »
 
Question rhétorique puisque de toute manière, il n’avait pas le choix. Mais la courtoisie n’avait pas de prix ! Bien qu’elle risquât de disparaître rapidement, loin des murs du palais… 
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Mer 22 Aoû - 19:42
951 mots
ft. Euridice
#51749C
Il est trop agacé pour être soucieux de ce qu'elle va dire.

Son pas léger donne une impression de "sans soucis" quand on le regarde zigzaguer entre les foules d'Aros les bras chargés ; il ne semble pas vouloir se défaire de cette expression calme qui contredit sa vitesse de marche. Elle est si rapide que Lélaps semble peiner à le suivre, et doit se fier à son flair pour ne pas perdre la trace de son maître. Oreste, tout sauf calme, s'en soucie peu : il est d'humeur excécrable (en tout cas, plus que d'ordinaire), tant et si bien qu'il peine à rapiécer un faux sourire au bord de ses lèvres.

Ça lui jouera des tours, et il le sait. Il a du mal à se rappeler de la dernière fois où il s'est retrouvé aussi déstabilisé, aussi ébranlable, aussi nu. Il aurait pu se trouver tout à fait humain dans sa vulnérabilité, mais le moment est mal choisi pour une introspection.

C'est qu'une princesse l'attend, rien que ça. S'il la connaissait mal, il aurait pu espérer qu'elle ne lui fasse pas remarquer son retard ; mais hélas il la connait bien. Autant dire qu'il n'a aucune attentes.

Devant la porte, Oreste reprend son souffle. Il n'a plus le luxe de pouvoir se montrer chancelant ; lissant distraitement sa chemise, il prend deux grandes inspirations. Non pas qu'Euridice l'intimide, mais la journée ayant été assez riche en rebondissements, il veut être paré à tout. Doucement, il ouvre la porte lorsqu'on l'y invite.

Naturellement, son retard est remarqué.

« Tu en as mis du temps. Nous commencions à mourir de froid. Il t’est arrivé quelque chose en chemin ? »

Si vous saviez. Oreste se contente de lui apporter les fourrures et de l'aider à s'habiller, balayant la question d'un revers de la main. La dernière chose qu'il souhaite à l'instant, c'est une rétrospective sur sa catastrophique sortie.

« Rien d'important. Disons que j'ai découvert la ville. » il lâche d'une voix calme, teintée d'une légère amertume.

Il ne prend pas même la peine de s'excuser de l'avoir faites attendre tant son humeur est massacrante, et termine d'enfiler le lourd manteau sur Madame.

« Parfait. Nous allons pouvoir sortir sans risquer de geler ! Tu nous accompagnes ? »

S'il est tenté de l'envoyer paître, Oreste décide de se reprendre pour de bon, et de lui décocher son sourire le plus hypocrite. Paradoxalement, il n'est jamais autant lui-même que lorsqu'il se montre faux.

« Mais volontiers. » Même comme ça, il a du mal à cacher son sarcasme. « Je vous aurais bien prêté Lélaps pour vous tenir chaud mais, hélas, il s'est roulé par terre. Je sais que vous ne voulez pas tâcher votre nouveau manteau. »

Il sait surtout qu'il s'en moque bien : il apprécie simplement lui rappeler la présence du caninos avec eux (Le sien.) lorsqu'il ressent le besoin de se défouler un peu, et de remuer le couteau dans la plaie.

Il aurait aussi pu le garder pour lui, dans ses propres bras, mais l'idée le répugne simplement.

Sans plus de sarcasmes, il lui ouvre la porte et la guide vers le dehors. Une sortie en ville avec Euridice ne peut pas être si terrible après tout, si tant est qu'il se montre aimable et fait ce qu'elle lui demande.

« J'ai pu faire quelques découvertes sur la villes en allant faire cette course, j'ai pensé à quelques endroits où votre royale présence semble être une évidence. Que diriez-vous de... La poissonnerie ? » Il ne lui laisse pas le temps de protester. « Ils y vendent quelques mets locaux très délicats que vous pourriez goûter. Je pense avant tout à votre palais, vous savez. »

Mais certains plans semblent bien compromis.

Élégamment, il vient lui prendre le bras pour la pousser à marcher à son pas ; on croirait qu'il a fait ça toute sa vie, tenir les bras des grandes Dames. Il n'est pas brusque, mais autoritaire, il rend la chose tellement naturelle et gracieuse que c'en devient inquiétant.

« Allons, allons, laissez-moi vous y guider. J'ai cru entendre que des pickpockets courent les rues, ne vous éloignez pas de moi. »

Il a fait bien plus que l'entendre, mais il préfère ne pas s'aventurer sur ce terrain.

Il ne leur faut que quelques minutes de marche -quelques minutes durant lesquelles Oreste aura passé son temps à vanter les mérites des pêcheurs du coin- avant qu'ils ne commencent à sentir la douce odeur des effluves marines qui s'échappent des halles.

« Haut les cœurs ! nous y sommes. » Il relâche alors son bras (elle ne peut dorénavant plus fuir) « Ne trouvez-vous pas la vue épatante ? »

Devant eux, des poissons à perte de vue ; morts ou vivants, exposés ou découpés, certains pêchés à côté d'autres de contrées un peu plus lointaines. Il y a un monde tel que le jeune homme s'est déjà fait marcher sur le pied trois fois, et le bruit de la foule mêlé aux cris des pêcheurs tentant de vendre leurs produits lui donne déjà mal au crâne.

Oreste mentirait s'il déclarait que ça n'empeste pas et qu'il ne veut pas partir en courant. Mais pour sa princesse, il s'efforce de faire bonne figure, un large sourire aux lèvres.. Après tout, ils sont venus ici pour elle.

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Mer 22 Aoû - 23:44


ft. Oreste L. Alagona
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Son sourire radieux nous fit plaisir.

Ce qu’il dit ensuite, beaucoup moins.
 
Evidemment, il était impossible pour lui de sortir sans son Caninos. Une bête si utile, si… fidèle et agréable, n’était-elle pas à l’image de son maître ? Et un cadeau de notre frère lui-même ! Pensez-vous, il ne pouvait pas s’en séparer ! Et, ô, bien sûr que ce manteau était parfait – Oreste connaissait si bien nos goûts et les modes les plus avant-gardistes ! – mais nous l’aurions volontiers brûlé pour pouvoir câliner ce chien.
 
« Tu nous connais si bien, Oreste. »
 
Et comment.
 
« En parlant de Pokémon dorés, nous comptions emmener Galatée. Un si beau cadeau ne peut rester enfermé. Suis bien Oreste, trésor ! »
 
Ce cadeau, ou plutôt cette discrète punition pour notre incident à Kii, nous aurions aimé l’enfermer dans un coffre et ne plus jamais en entendre parler. Et il le savait aussi bien que nous. Mais au moins, il ne serait pas seul à avoir un Pokémon couvert de paillettes. Et avec un peu de chance, on penserait qu’il lui appartenait. Il était tout naturel, après tout, que le pire Pokémon revienne au domestique !
 
En y rétrospective, c’était peut-être une mauvaise idée de mentionner le moindre poisson.
 
« J’ai pensé à quelques endroits où votre royale présence semble être une évidence. Que diriez vous de… la poissonnerie ? »
 
Notre cœur manqua un battement. L-l-la quoi ? Il ne nous laissa pas le temps de dire le moindre mot, nous expliquant combien les plats qu’on y trouvait étaient délicats. Abasourdie, nous ne réagîmes même pas lorsqu’il nous saisit le bras pour nous emmener. Son pas pressé nous contraignit à tenir Galatée par les moustaches (quoi ? Elle n’avait pas de laisse, qu’on sache !) pour que la pathétique bête suive notre rythme. Alors que nous sortîmes de l’hôtel, nous balbutiâmes :
 
« Oreste, es-tu bien sûr que— »
 
Mais il se dépêcha de nous rassurer, nous expliquant combien les pêcheurs du coin étaient réputés. Oh, nous n’en doutions pas… décidemment, ce valet, quelles charmantes intentions il avait ! Si charmantes que notre sang bouillait dans nos veines !
 
« Ne trouvez-vous pas la vue épatante ? »
 
Voyez-vous, nous aurions aimé un valet qui nous pose cette question tout en tendant un miroir, mais force est de constater que nos vœux étaient rarement exaucés. La poissonnerie était un immense capharnaüm ; nous devions nous presser contre Oreste pour ne pas être bousculée par la foule bruyante. Les vendeurs vantaient leurs produits en criant comme des sauvages, ou négociaient avec des clients avides de disputes – « Comment ça, il est pas frais, mon poisson ?! », « Pêcheurs depuis des générations ! Not’ marchandise est la meilleure d’Aros ! », « Vous saviez que l’homme en face faisait les mêmes à moitié prix ? Moi, je dis ça… »
 
Tout ce bruit, tout ce monde nous donnait le tournis. Et l’odeur de poisson et de foule, si entêtante, nous donnait sincèrement la nausée. Ne pas grimacer, ne pas grimacer, ne pas grimacer…
 
« Oooh, Oreste ! Tu ne nous as pas menti, c’est incroyablement charmant~ »
 
Le ton aigu et naïf d’une enfant qui s’amuse. Un sourire jusqu’aux oreilles. Des compliments théâtraux, parce que nous pouvions nous le permettre. On n’y verrait que du feu… n’est-ce pas, Opeste ?
 
Il n’avait pas tout à fait menti ; nombre d’étals proposaient des plats divers (certes, moins fins que ceux auxquels nous étions habitués…) faits avec les poissons proposés, afin de stimuler l’imagination des acheteurs et permettre à un vendeur malin de les retenir près de leur étal. Il n’y en avait pas deux pareils ; la population d’Aros était après tout très cosmopolite, et chacun allait de sa spécialité. Je pense avant tout à votre palais, vous savez.
 
« Tout a l’air si bon… » nous gémîmes. « Mais nous n’avons pas de goûteur, et nous n’aurons jamais la force de tout tenter avant de jeter notre dévolu sur un de ces plats… dis, ne pourrais-tu pas le faire ? Après tout, ce n’est pas la faim qui doit te manquer, tu avais l’air… las, en rentrant ! »
 
Si il ne l’était pas, il aurait dû faire plus d’efforts pour le montrer… il compenserait en répondant à notre requête, n’est-ce pas ? Un à un, nous pointâmes du doigt des plats inconnus, et si possible incongrus.
 
« Alors… il faudrait que tu prennes une bouchée de ceci… de cela… oh, nous n’avons jamais goûté de mets d’Hoenn, ce sera l’occasion ! Et ensuite…  » au final, nous nommâmes plus d’une dizaine de plats plus étranges les uns que les autres, avant de faire les yeux doux à notre très cher valet. « Oh ! Excuse-nous, c’est certainement beaucoup, mais tu sais bien combien nous sommes gourmande… dis nous juste ce que tu préfères parmi ceux-là, nous te faisons confiance ! »
 
Evidemment, sa préférence n’avait aucune importance. Nous étions, après tout, très, très gourmande. Nous le laissâmes juste un peu savourer son châtiment, l’observant tout sourire tout en écrasant du pied les moustaches de Galatée pour la faire taire. L’endroit semblait la paniquer. Bah, tant pis.
 
« Aloooors ? » nous demandâmes, nous hissant sur la pointe des pieds pour atteindre son épaule.
 
Quelques marchands et clients semblèrent nous remarquer, pouffant un peu ou souriant face à la scène. Nous fîmes mine d’hésiter.
 
« Mmh… tu ne nous aides pas vraiment, tout a l’air si bon… Soit ! Dans le doute, nous allons prendre un assortiment de poissons. On dit que l’hôtel cuisine très bien pour ses bons clients ! Cela prendra un peu de place, mais tu n’auras aucun mal à porter tout cela, n’est-ce pas ? Oh, et pourrais-tu prendre Galatée dans tes bras également ? La pauvre a peur et ne peut suivre notre rythme, mais notre manteau est déjà bien lourd sur nos épaules… »
 
Et pas de protestations ; nous étions déjà en train de passer commande auprès des poissonniers. 
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Mer 29 Aoû - 0:48
1242 mots
ft. Euridice
#51749C
Il aurait du se méfier un peu plus de sa princesse, loin d'être semblable à ces sottes de la Cour qui se gondolent à la moindre de ses vagues (mais nombreuses) plaisanteries. Il sait par expérience que sa princesse a du mordant ; il la suspecte d'ailleurs d'apprécier les monstres canins pour cette même raison.

Et pourtant, il n'a étrangement aucun regret.

À vrai dire, quand bien même il ne l'admettrait jamais publiquement, il aurait tendance à la préférer ainsi, pour la simple raison que ça le sortait de son ennui. Tenir les bras des Dames pour leur faire péniblement la conversation sur leur toilette, ou leur faire visiter des jardins qu'il traverse tous les jours, ça lui est trop épuisant. Il préfère ces moments d'actions où Euridice lui fait innocemment les yeux doux tout en lui jouant un vilain tour. Il en a souvent (toujours) pour son compte, mais au final il en ressort généralement de meilleure humeur ; quand bien même cela lui arracherait sans aucun doute la bouche de l'avouer, surtout à la princesse.

Au final, les meilleurs jours sont ceux où elle se ridiculise en public ; et ils sont de moins en moins rares, songe-t-il.

Il lui décoche alors son plus beau sourire lorsqu'elle s'extasie naïvement devant la vue stupéfiante qui se dresse devant eux.

Ce même sourire devient tout à coup plus tiré lorsqu'elle suggère l'absence de goûteur.

Oh.

« Oh. Oui. En effet. » machinalement, il vient tirer sur ses manches pour se donner contenance « Ou nous pourrions attendre de revenir au palais et-... »

Sa voix s'estompe tandis qu'elle nomme un à un des plats aux noms et à l'aspect des plus obscurs, et il semble s'essouffler à mesure qu'elle en rajoute. Il sait qu'il n'y échappera pas, et pourtant, Oreste regarde nerveusement autour de lui à la recherche d'une issue.

Bon. Très bien.

Bien vite, il est trop tard ; des échantillons de créatures plus étranges les unes que les autres se retrouvent devant lui, sur des assiettes tenues par les bras bien tendus des poissonnier alentours. Lorsqu'on lui offre une fourchette en bois, il retient une grimace de dédain ; et de la poche avant de son veston, il sort alors une fourchette en argent, avec le plus grand naturel du monde.

Il prend alors son temps pour l'essuyer avec un mouchoir en soie. Il sait bien qu'il ne fait que retarder l'inévitable, mais ce temps qu'il économise lui est précieux pour composer sur son visage l'expression hypocrite d'un homme qui doit garder la face.

Doucement, il enfourche un... Une... Il ne sait pas trop quoi. Mais il l'enfourche.

Son visage est lisse, pour ainsi dire glacial lorsqu'il porte finalement l'aliment à sa bouche.

Un long silence s'étale, et des milliers (si non dizaines) de yeux semblent rivés sur lui. Il lui faut quelques secondes avant de murmurer, la bouche encore pleine :

« C'est... Exquis. Je cherchais le mot. »

C'est à vomir.

Oreste n'a jamais eu autant de difficultés à avaler un aliment. Il n'est même pas sûr que ce qu'il vient de manger rentre dans la catégorie des aliments, mais peu importe. Le combat n'est pas fini.

Sa fourchette vient enfourcher autre chose, il ne regarde même pas quoi, il préfère l'avoir immédiatement en bouche pour ne plus y penser.

La texture flasque et collante le surprend tellement qu'il voit son masque neutre se briser pendant un millième de seconde.

« Absolument... Divin. »

Hastérion n'a jamais connu pire immondice.

Une grande inspiration, et on y retourne. Si Oreste peut supporter la présence d'Euridice plusieurs jours d'affilée, il peut bien supporter quelques morceaux de poisson cru tout juste pêché.

Une autre bouchée, et il l'avale immédiatement, sans parvenir à ignorer son goût abjecte.

« Quelles saveurs... »

Plutôt baiser les bottes de Lorenzo que de prendre une bouchée de plus.

Dans le plus grand des calmes, Oreste essuie sa fourchette. Dans des gestes méthodiques, il la range, suivi du tissu, afin d'en sortir un autre propre avec lequel il puisse s'essuyer délicatement les lèvres, de la manière la plus noble possible.

Il voudrait s'essuyer la langue et les dents avec pour y retirer le goût dont elles se sont imprégnées, mais il se doit de garder bonne tenue.

« Je pense en avoir eu assez... Pardon messieurs, c'était une expérience forte enrichissante, mais je ne puis me permettre de tout goûter. Je suis en service après tout. Ma Dame, que feriez-vous si on vous attaquait pendant que je déguste une délicieuse... » Il jette un coup d’œil à étalage.  « ... nageoire de Sharpedo ? Ce n'est pas raisonnable. »

Il se sent enfin la force de sourire à nouveau ; il s'en donne donc à cœur joie, quand bien même ses yeux semblent fusiller la princesse sur place. Le plus affable possible, il se tourne vers les poissonniers les bras ouverts de manière théâtrale, comme s'il souhaitait les embrasser.

« Ma Dame a raison, il serait malvenu de notre part de ne pas emporter nos si belles trouvailles. » De sa poche, il sort une bourse pleine pour qu'elle puisse payer. « Ce sera avec plaisir que je porterai le tout. »

Bien trop docile pour ne pas avoir un tour dans son sac, Oreste se contente de joyeusement porter les paquets de poissons dans ses bras. L'odeur lui empeste les narines -et pour cause, ils en ont acheté tellement que la pile de poisson lui arrive au nez-, mais il garde bonne figure et se montre aussi gracieux qu'on peut l'être lorsqu'on transporte des cadavres d'animaux marins.

Il jette un coup d’œil circonspect à Galatée, sous son bras ; l'idée que ce même poisson soit là, à quelques centimètres des cadavres de ses congénères, le met mal à l'aise ; il craint même qu'un vendeur s'en empare pour le découper sur son étale. Sans doute qu'Euridice ne s'en plaindrait pas.

« Vous savez, je crois qu'avec tous ces poissons nous allons faire de nombreux jaloux. »

Sans un mot de plus, Oreste guide sa princesse un peu plus loin, là où les foules Arosiennes semblent un peu plus absentes et où l'ont peut respirer et s'entendre penser. Ils sont dans une ruelle un peu plus calme. Oreste ne dit rien, le regard ingénu, il se penche un peu pour inspecter sa chaussure droite.

Un morceau de poisson, celui en haut de la pile, tombe alors. Bêtement, Oreste lève cette fois-ci le pied gauche pour une mystérieuse raison ; et voilà le poisson qui s'envole et atterrit plus loin.

« Ah ! Quel maladroit fais-je. Attendez, je m'en vais le récupérer, ne bougez pas. »

Et dans son sillon Oreste laisse malhabilement tomber deux autres poissons. C'est qu'ils semblent presque frétiller, car le pauvre valet ne parvient pas à tous les garder en main. Enfin, il n'a plus qu'à les ramasser. Après tout, trois malheureux poissons dans traînant dans les rues d'Aros ne risquent pas d'attirer de nombreux criminels.

Quelques animaux errants, en revanche...
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Mer 29 Aoû - 22:35

 

Attention !


Un Pokémon sauvage apparaît...



Un Dynavolt Normal ♂



Un Mangriff Normal ♀

Les deux Pokémon apparaissent, se jetant sur les poissons. Le félin et le canidé se regardent un bref instant mais se retournent vers l'humain. Ce bref coup d’œil a suffit à ce qu'une alliance se crée : les deux créatures contre ces humains et leurs Pokémon.




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Jeu 30 Aoû - 21:12


ft. Oreste L. Alagona
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Oui, cela nous faisait beaucoup rire.
 
Nous n’aurions évidemment pas été aussi ravie de voir n’importe quel serviteur de promener avec des poissons répugnants (Galatée incluse) à nos côtés. Notre entourage nous embarrassait bien assez ainsi. Mais Oreste n’était pas n’importe qui. Toujours parfaitement droit et soigné, il ne prononçait jamais un mot au-dessus de l’autre. Il avait toujours une tenue impeccable, aucun épi ne dépassait de ses cheveux, et son sourire était calculé au millimètre. Et il restait digne, même couvert de cadavres pas frais d’animaux marins.
 
Ce qui rendait le spectacle hilarant.
 
« Bien, as-tu d’autres endroits à nous montrer ? »
 
Bien sûr, nous ne laissons rien paraître, même si nous retenir de rire nous faisait mal tant au visage qu’aux côtes. Nous n’osions même pas le regarder en face. Dans tous les cas, cette vengeance avait permis de nous réveiller… et nous étions toujours légèrement tendue malgré notre euphorie, attendant qu’une autre catastrophe nous tombe sur la tête.
 
C’est qu’il était étrangement docile.
 
Cependant, il eut au moins le mérite de nous éloigner de la halle aux poissons. Nous ne supportions plus ce… ce… tout en fait. Les allées dans lesquelles nous arrivâmes étaient beaucoup plus calmes. Pas un chat ; à croire que le vieux poisson un peu plus loin les attirait comme des mouches, désertant tous les alentours. Profitant de ce calme rafraichissant, nous continuions à suivre machinalement le rythme régulier du pas d’Oreste. Qui se brisa soudain. Nous eûmes à peine le temps de nous retourner vers lui que le poisson volait quelques pas plus loin.
 
« Ah ! Quel maladroit je fais. Attendez-, je m’en vais le récupérer, ne bougez pas. »
 
« Attends ! Ce n’est pas la peine, nous n’allons tout de même pas garder une chose tombée au sol ! »
 
Mais notre demande fut inutile ; il avait déjà fait tomber d’autres poissons. Nous le fusillâmes du regard tant qu’il avait le dos tourné. Comment osait-il nous mentir de façon si éhontée ? Oreste était toujours parfaitement droit et soigné. Il ne commettait pas la moindre maladresse. Certes ce mensonge nous arrangeait lorsqu’il s’agissait de renverser distraitement du thé sur un goujat, mais lorsque nous savions qu’il préparait un mauvais coup, nous le tolérions beaucoup moins.
 
Et nous n’eûmes pas à attendre longtemps pour comprendre ce qu’il manigançait.
 
Un grognement se fit entendre. Oh non… pas ça. Tout à coup, deux ombres fondirent sur les poissons tombés au sol, grognant l’un contre l’autre en se disputant les parts. Nous reculâmes en laissant échapper un cri, ce qui les poussa à nous remarquer. Les deux Pokémon s’arrêtèrent alors, étudiant tant notre valet que notre personne, avant d’échanger un regard.
 
Nous ne pouvions que contempler ce spectacle, paralysée. Nous avions été touchée par une réalisation terrible. Nos yeux s'ouvrirent grands devant cette apparition.
 
« Oreste… c’est un CHIEN ! »
 
Et un vrai, cette fois-ci, il n’y avait pas de doute ! Et il était si mignon ! Certes, un brin pouilleux, nous aurions préféré un pur-race, et d’une meilleure espèce. Mais au moins, il faisait la taille idéale pour le promener en salon ! Et puis, il avait l’air énergique, cela changerait de nos poissons mous. Il serait même parfait pour la chasse à l’homme, si besoin.
 
E-Enfin nous divaguions.
 
« Ta maladresse nous aura porté chance ! »
 
Du moins était-ce que nous pensions. Mais détourner notre regard du Dynavolt suffit à nous faire déchanter. Par où commencer ? Premièrement, il n’était pas seul, et le Pokémon à ses côtés n’était clairement pas aussi digne d’appartenir à une Canegli. Deuxièmement, ils semblaient être tout à fait prêts à partager leur butin, pour peu que nous (et la quantité astronomique de poissons que transportait toujours Oreste) en fassions partie. Nous, et le précieux, joli, et certainement appétissant cadeau de Lorenzo. Si nous voulions caresser l’espoir de dompter ce magnifique chiot, nous allions devoir être astucieux, ou à la rigueur leur montrer qui était le chef.
 
Mais le pire, la perspective qui nous effrayait plus que tout autre, c’était que l’autre Pokémon… était un chat. Voir un de nos ennemis naturels nous faisait déjà éternuer d’avance, mais plus que cela, nous savions que notre très cher valet… n’était plus tout à fait lui-même en présence d’un félin. Quoi ? Profiter chacun de cette occasion pour adopter un compagnon à notre goût ? Quelle idée ! Si Oreste venait à posséder un félin, nous allions devoir subir une de ces affreuses créatures en permanence. Leurs horribles griffes, qui nous rappelaient les mains toujours gantées de notre valet… leur air dédaigneux… leur tendance à recracher des boules de poils sur nos chaussures… nous ne supportions pas ça. Et en plus, cela rendrait Opeste heureux ! Non, il était inacceptable de le laisser s’emparer de la bête. Nous reculâmes d’un pas, feignant la terreur (quoique le félin et la réaction d’Oreste avait de quoi nous terroriser).
 
« I-ils ont l’air de nous en vouloir… Attends, nous allons essayer de les calmer. »
 
Avec le plus grand dégoût du monde, nous saisîmes la queue d’un Qwilfish porté par Oreste et le lançâmes vers les Pokémon, espérant que cette offrande attiserait leur sympathie. Après tout, c’était ce après quoi ils en avaient, non ? Le problème, c’est que nous avions un grand talent lorsqu’il s’agissait de viser. Si grand que le Qwilfish mort heurta le Dynavolt au museau.
 
Il ne sembla pas ravi.
 
« La diplomatie ne semble pas être leur fort. » nous remarquâmes alors qu’il grognait de plus belle, se mettant en position de combat. « Nous allons devoir les affaiblir un peu pour leur faire entendre raison… nous ne sommes pas très forte en combat, mais nous nous chargerons d’occuper le Mangriff ! Après tout, Galatée ne ferait pas le poids face à un Pokémon électrique. Lélaps sera plus à même de lui résister. Oh, et, puisque tu t’occupes du Dynavolt… »
 
Nous levâmes la tête vers notre valet préféré, lui faisant les yeux doux.
 
« … Ce serait si bien si tu pouvais nous aider à apprivoiser cet adorable chiot… tu aurais tous nos remerciements ! Nous sommes toujours d’humeur généreuse lorsqu’il s’agit de chiens. »
 
Et nous savions déjà exactement comment nous allions le récompenser. Qui sait, peut-être pourrait-il même jouer avec notre futur Mangriff. Eh oui, tout nous était dû ici ! Nous étions la dame et lui le serviteur, après tout.
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